RTBFPasser au contenu
Rechercher

Monde Afrique

18 migrants sont morts lors de la tentative d’entrée dans l’enclave de Melilla, au nord du Maroc

Enclave de Melilla / Ils meurent en voulant rejoindre l'Espagne

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

25 juin 2022 à 05:26 - mise à jour 25 juin 2022 à 19:01Temps de lecture3 min
Par Belga, édité par Marie-Laure Mathot

Au moins 18 personnes migrantes sont décédées à Melilla où près de 2.000 migrants africains ont tenté de pénétrer par la force.

Le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez, a décrit ce drame comme un "assaut (...) violent et organisé de la part de mafias qui se livrent au trafic d'êtres humains, contre une ville qui est un territoire espagnol". Melilla est enclavée en territoire marocain. 

Mais l'organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) ont réagi conjointement pour exprimer "leurs plus vives inquiétudes" et rappeler la nécessité "en toutes circonstances de prioriser la sécurité des migrants et des réfugiés" et "l'importance de trouver des solutions durables pour les personnes en situation de déplacement".

Au Maroc, des voix se sont élevées samedi pour réclamer une enquête. 

La principale organisation de défense des droits humains a demandé "l'ouverture d'une enquête rapide et transparente" sur cette "tragédie" sans précédent.

D'autres ONG d'entraide aux migrants se sont jointes à cet appel, tout comme le premier syndicat marocain, qui défend aussi les travailleurs migrants, l'Organisation démocratique du travail (ODT).

Il a exhorté le gouvernement "à ouvrir une enquête sur ce drame tragique et à faire le nécessaire en faveur des victimes des deux côtés", clandestins et policiers.

Réponse "disproportionnée"

En Espagne, une députée européenne du parti de gauche radicale Podemos, allié des socialistes au sein du gouvernement minoritaire de M. Sánchez, leur a fait écho. "Une enquête est nécessaire pour éclaircir les faits et les responsabilités", a réclamé dans un tweet Idoia Villanueava, responsable de Podemos pour les affaires internationales.

De nombreux témoignages mettent en avant la violence de part et d'autre lors des évènements de vendredi.

"C'est la tentative" d'entrer à Melilla "la plus violente que j'ai jamais vu", a confié à l'AFP Rachid Nerjjari, serveur dans un café situé en face de la clôture qui marque la frontière dans le quartier marocain de Barrio Chino. Il a assuré avoir vu "des migrants armés de bâtons et de barres de fer, une première dans la région".

L'action des forces de sécurité marocaines suscite également de nombreuses interrogations.

Tout en reconnaissant que l'assaut des migrants avait été "violent", Eduardo de Castro, le président (maire) de Melilla et plus haute autorité politique de cette ville autonome, a ainsi dénoncé une "réponse disproportionnée" du Maroc.

Pour M. Abidar, de l'AMDH, "la cause principale de cette catastrophe est la politique migratoire menée par l'Union européenne en coopération avec le Maroc".

Sur les lieux, le calme était revenu samedi à Nador, cité limitrophe de l'enclave espagnole, ainsi qu'aux alentours de la haute clôture de fer qui sépare le Maroc de Melilla, selon des journalistes de l'AFP.

Un premier bilan de ces mêmes autorités faisait état de cinq morts et 76 blessés, dont 13 grièvement, parmi les migrants, et de 140 policiers blessés, dont cinq grièvement.

Les victimes ont trouvé la mort "dans des bousculades et en chutant de la clôture de fer" qui sépare l’enclave espagnole du territoire marocain, lors d'"un assaut marqué par l’usage de méthodes très violentes de la part des migrants", a précisé la même source.

Contactée par l’AFP, la Garde civile espagnole, qui surveille l’autre côté de la clôture, a assuré ne pas avoir d’informations sur ce drame, renvoyant vers le Maroc.

La préfecture de Melilla a seulement indiqué pour sa part que 49 agents des forces de l’ordre espagnoles avaient été blessés légèrement vendredi au niveau de la frontière, tout comme 57 migrants à des "degrés divers", dont trois ont dû être pris en charge au sein de l’hôpital de l’enclave espagnole.

La situation était calme à Melilla vendredi dans la soirée, a rapporté un journaliste local sur place. L’ensemble des blessés ont été transférés à l’hôpital Al Hassani de Nador et au Centre hospitalier universitaire d’Oujda (nord-est) pour y être soignés.

Sur le même sujet

Drame de Melilla : les migrants morts par "asphyxie", selon une enquête marocaine

Monde Afrique

Drame de Melilla : le Premier ministre espagnol renvoie la balle dans le camp du Maroc

Monde

Articles recommandés pour vous