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Belgique

1er mai du PS à Charleroi : "Le 1er mai appartient aux travailleurs, et à personne d’autre !"

01 mai 2022 à 11:13 - mise à jour 01 mai 2022 à 14:41Temps de lecture3 min
Par Fabien Van Eeckhaut

Paul Magnette, président du Parti socialiste, avait donné rendez-vous à ses militants dans son fief, avec un discours au centre culturel de l’Eden totalement comble, dans sa ville de Charleroi.

Discours sur fond déjà de joie des retrouvailles après deux ans de covid et de 1er mai on line et en distanciel ; au total cette fois près de 120 célébrations de la fête du travail aux quatre coins de la Wallonie et à Bruxelles pour les socialistes.

Discours qui a démarré sur un coup de griffe au 1er mai d’un autre parti : "Le 1er mai appartient aux travailleurs, et à personne d’autre ! C’est pour cela que, je vous l’avoue, je suis un peu écœuré quand je vois la parodie de 1er mai, cette mascarade des libéraux qui, depuis quelques années, prétendent fêter le travail. Bon ils fêtent le travail un jour par an et 364 jours par an ils célèbrent le capital […]. Cette année, ils sont à Herstal, un des hauts lieux de notre histoire industrielle […]. Une commune où très très largement les citoyens accordent très majoritairement leur confiance aux socialistes. Et ils sont là par provocation pour aller nous narguer. Dans cette terre rouge, lors des communales de 2012, le MR avait eu 4 sièges ; et en 2018, ils sont tombés à deux, ce n’est pas beaucoup". Ou encore : "le MR peut bien parader à Herstal, personne n’est dupe. Les travailleurs qui fêtent le premier mai aux quatre coins de la Wallonie et de Bruxelles savent que les libéraux n’ont jamais rien fait pour eux, et qu’ils ne feront jamais rien pour eux. Les travailleurs n’ont pas oublié le sinistre bilan des cinq années de régression sociale du gouvernement MR-NVA". A savoir, pour Paul Magnette : le saut d’index, les économies dans les soins de santé, l’austérité, les attaques contre les services publics, les atteintes au droit de grève et les provocations contre les syndicats…

Les libéraux cibles principales des flèches rouges ce matin. "Ils reviennent avec les éternelles agressions de la droite […]. J’ai connu un temps où nous avions parfois des libéraux avec qui on pouvait dialoguer, mais la droite est revenue avec sa dureté et son arrogance". On est loin des fleurets mouchetés, les attaques sont frontales. Le MR accusé de tous les maux, là où le PS se présente forcément - slogan traditionnel du 1er mai oblige – comme le seul rempart, la seule protection des travailleurs ou des plus fragiles : "Le président du MR rêve de réduire les pensions de ceux qui ont subi dans leur vie une perte d’emploi ou une maladie, ou qui n’ont pas pu travailler à temps plein, et qui très souvent sont des femmes. Nous ne le laisserons pas faire. Le président du MR rêve de sanctionner les chômeurs qui refusent de se former dans un métier en pénurie ; c’est toujours le bâton du côté de la droite. C’est une vision que nous ne pourrons jamais accepter […]. Il rêve même de supprimer toute la sécurité sociale, et la remplacer par une allocation de 1000 euros, identique pour tous. Débrouillez-vous. Coût 40 milliards en passant. C’est une vision que nous n’allons jamais pouvoir accepter […]. Chaque fois que la droite s’attaquera aux travailleurs, avec et sans emploi, ils trouveront les socialistes sur leur chemin".

Insistant sur les réponses apportées par les socialistes aux demandes de la FGTB ou de Solidaris, Paul Magnette a défendu les "conquêtes arrachées par les socialistes" dans les gouvernements, comme la pension minimale à 1500 euros, des améliorations pour les soins de santé, le renforcement des services publics, ou encore le relèvement des plus basses allocations et du salaire minimal.

"Tant que les socialistes seront là : pas touche à l’index"

Le PS qui défend aussi plus que jamais le mécanisme d’indexation automatique des salaires que la FEB est accusée de vouloir remettre en cause. "Tant que les socialistes resteront le premier parti en Wallonie et à Bruxelles, on ne touchera pas à un cheveu de l’index !". Avec un hommage appuyé à Joseph Wauters (1875-1929), premier ministre socialiste du Travail à l’origine de cette indexation automatique dans les années 1920, il y a un siècle donc.

Mais Paul Magnette en convient ce mécanisme ne suffit pas. Et de proposer donc comme le PTB d’ailleurs de revoir la loi de 1996 sur la compétitivité – mais pour cela on sait déjà qu’il aura du mal à convaincre les autres partis de la Vivaldi au fédéral. Soulignant les surprofits des grandes entreprises, le Carolo a dénoncé ceux qui prétendent qu’il n’y aurait pas d’argent pour les travailleurs : "​​​​​​​La seule solution forte, quand les entreprises engrangent des bénéfices, c’est de rendre aux travailleurs et à leurs représentants la liberté de négocier des hausses de salaires".

Et puisqu’il faut plus, le PS défend à nouveau son idée d’une taxe sur les plus hauts patrimoines pour financer une hausse des bas et moyens salaires : "En prélevant un impôt sur les 1% les plus riches de la population, on peut augmenter de cent euros les salaires de deux millions et demi de travailleurs ! Et 85% des Belges sont pour. C’est un combat que nous allons mener et nous le remporterons !".

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