Economie

2020, année noire pour le secteur automobile en Belgique: chute des immatriculations de 25% depuis janvier, stocks au plus bas

25% d'immatriculations de voitures neuves en moins, cela représente 100.000 voitures.

© Eric Lalmand - Belga

12 sept. 2020 à 05:22 - mise à jour 12 sept. 2020 à 10:19Temps de lecture3 min
Par Hugues Van Peel

2020, une année à oublier pour le secteur automobile. Après un bon démarrage des ventes lors du salon au mois de janvier, l’émergence du coronavirus et le confinement ont plombé les résultats. Les immatriculations de voitures neuves ont baissé de 47% en mars par rapport à la même période en 2019. En avril, la dégringolade s’est accentuée, -90%. En mai, -34%.

La situation s’est stabilisée ensuite, dès la réouverture des concessions. En juin et juillet, le nombre d’immatriculations n’a que très légèrement diminué par rapport à l’année précédente. Les voitures commandées lors du salon ont enfin pu être livrées et les garages ont souvent déstocké massivement pour retrouver de la trésorerie.

"Les mois de juin et de juillet ont été plutôt encourageants pour le secteur automobile en Belgique, reconnaît Christophe Dubon, porte-parole de la Febiac, la Fédération belge de l’Automobile et du Cycle. Mais on voit qu’après huit mois, le marché est en recul de 25%, ce qui équivaut plus ou moins à 100.000 véhicules neufs de moins immatriculés par rapport à 2019."

Un espoir de rattrapage?

Les concessionnaires s’attendent à un retour à la normale, mais il faudra du temps. Et ce qui est perdu ne sera pas rattrapé.

"On ne va jamais rattraper, effectivement, admet Emmanuel Percy, patron de Percy Motors, qui possède six concessions VW, Audi, Seat et Skoda en Brabant wallon et en province de Namur. On ne fera pas de bénéfices cette année, il ne faut pas se voiler la face. Mais dans ma tête, je suis déjà en 2021, j’ai déjà recommandé du stock. Et à voir tous les nouveaux modèles qui vont arriver, je reste très optimiste."

Dans cette concession, beaucoup d'espaces vides, les stocks sont au plus bas.
Dans cette concession, beaucoup d'espaces vides, les stocks sont au plus bas. Hugues Van Peel - RTBF

Le stock, c’est bien le problème en ce moment pour de nombreux concessionnaires. Car après les bonnes ventes qui ont suivi le déconfinement, le réapprovisionnement n’a pas suivi. Il n’est pas rare de voir des showrooms à moitié vides. Une situation très inhabituelle qui met parfois les vendeurs dans l’embarras.

"C’est vrai qu’on a du mal à avoir du stock, à avoir tous les modèles et tous les moteurs, explique Daniele Mormina, conseiller commercial chez Renault Motors à Wavre. Il y a beaucoup de restrictions pour l’instant. On essaie alors de rediriger les clients vers d’autres modèles ou d’autres moteurs que ceux qu’ils avaient choisis à la base. Ou bien on essaie de vendre un délai, comme on dit, plutôt que de vendre une voiture. On essaie de voir si le client peut garder son véhicule un peu plus longtemps et de tenir bon jusqu’à la livraison des véhicules qui aura lieu chez nous entre décembre et mars de l’année prochaine."

La production ne suit pas

Bien sûr, une marque n’est pas l’autre et la pénurie ne concerne parfois que quelques modèles ou motorisations. Mais le contexte est tout de même tendu.

"Les usines ont pu reprendre le travail dans le courant du mois de mai, précise Christophe Dubon, de la Febiac. Mais bien sûr, pour pouvoir travailler, elles ont besoin de pièces détachées. Or, la période du confinement a mis à mal cette production de pièces détachées. Ensuite, les grandes vacances sont arrivées. Donc forcément, tout ça mis ensemble, ça peut expliquer les ruptures observées pour certains modèles actuellement. Par ailleurs, la quasi-totalité des véhicules immatriculés en Belgique sont produits à l’étranger. Il faut donc le temps de les produire et de les acheminer. En général, cela se fait par bateau. Ces véhicules sont livrés par lots en Belgique. Quand les lots arriveront, les stocks retrouveront d’un coup un niveau plus ou moins normal."

Les acheteurs qui ne trouvent pas leur bonheur dans les véhicules immédiatement disponibles n’ont donc plus qu’à patienter. Il faudra certainement quelques mois pour que le secteur automobile retrouve son rythme de croisière. Pour autant bien sûr que les chaînes de production ne soient pas arrêtées à nouveau à cause du coronavirus.

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