210 millions dégagés pour les cyclistes et les piétons en Wallonie

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10 déc. 2021 à 06:00Temps de lecture2 min
Par Mathieu Van Winckel

C’est un investissement colossal en Wallonie. 210 millions à partager entre les cyclistes et les piétons. Toutes les communes vont recevoir leur part grâce à un système de droit de tirage. En gros, l’argent sera disponible, et les communes devront présenter leur projet pour débloquer l’argent. La clé de répartition donne Charleroi en tête avec près de 9 millions d’euros. Une ville qui a historiquement raté le train des infrastructures cyclables. La volonté est de rattraper le retard et il y a du travail.

La preuve si on essaye de rentrer en ville par le Sud, par la nationale 5. Arrivé au rond-point de Couillet, pas une seule piste cyclable. Des voitures, des camions et une circulation dense. Et ce n’est pas mieux après puisque le dernier tronçon de la chaussée de Philippeville se fait entre les voitures garées et la circulation. Une situation très inconfortable que reconnaît l’échevin de la mobilité, Xavier Desgain. "Ce rond-point et cet axe c’est le tout à la voiture. Un véritable mur pour rentrer à Charleroi à vélo. C’est pour ça qu’on est en train de préparer de gros aménagements. Un ring vélo va entourer la ville. Il passera par le rond-point de Couillet et des aménagements vont être faits vers le centre-ville."

Ottignies plus vélo friendly mais il reste des points noirs

De l’argent wallon qui sera aussi utilisé en Brabant wallon du côté d’Ottignies-Louvain-La-Neuve. Notamment, pour construire le futur corridor à vélo entre Namur, Wavre et Bruxelles. Pour le moment, la nationale 4 est un gros point noir pour les cyclistes. Yves Dewelle est membre du GRACQ, les cyclistes au quotidien. Il nous a fixé rendez-vous avec son mètre ruban pour nous montrer la place réservée au vélo. "Regardez, 60 centimètres à peine de large pour cette piste cyclable alors que la norme de sécurité impose 1m10." À ses côtés, les moteurs vrombissent et coupent notre conversation comme pour souligner la fragilité des cyclistes.

Et même si la commune d’Ottignies a déjà bien développé son réseau, Yves Dewelle nous emmène en plein centre-ville. Il tient à nous montrer qu’il reste du travail. Carrefour du centre. À deux pas du centre culturel, de la gare et sur la route de l’hôpital. Trois axes, aucune piste cyclable et des vélos qui, s’ils veulent suivre les règles, doivent traverser sur trois passages piétons pour parvenir de l’autre côté. La réflexion sur ce carrefour est en cours et les travaux ne seront pas financés par la nouvelle vague d’argent wallon. Mais c’est une preuve de plus qu’il reste du travail.

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