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Régions Brabant wallon

240 tonnes de déchets collectés à la main : l’incroyable travail d’Ann-Laure et de son asbl en Brabant wallon

Ann-Laure Furnelle et Marc Verheyden collectent en moyenne plus d’un m³ de déchets par jour.

240 tonnes de déchets collectés à la main en 10 ans ! C’est le butin incroyable recueilli par Ann-Laure Furnelle, son compagnon Marc, ses collaborateurs et des bénévoles occasionnels, principalement dans les rivières du Brabant wallon. Seule une petite partie des déchets a été collectée sur les bords de routes. Cette opération d’assainissement est le fruit de la volonté et du travail d’une ancienne chômeuse, convaincue de la nécessité de se retrousser les manches pour chasser ce qu’elle appelle les déchets errants.

La fée des rivières

C’est en 2012 qu’Ann-Laure a débuté son nettoyage des rivières du Brabant wallon. A l’époque chômeuse, la jeune femme se fait tirer l’oreille par les services de l’ONEM. Mais elle se sent investie d’une mission : débarrasser les cours d’eau et les bords de routes d’un maximum de déchets, pour sauver l’environnement local, avec les très maigres moyens du bord. Passionnée, rien ne l’arrête. Ann-Laure récupère les déchets, les rince à la rivière, les fait sécher et les expédie ensuite dans des filières de recyclage ou de traitement spécialisé.

Création d’une asbl

Un an plus tard, elle rencontre Marc. Son compagnon l’accompagne dans l’aventure. Les jours de travail se succèdent. Avec des coups de main ponctuels. Et les résultats commencent à compter. Jusqu’à décembre 2016, date de la création de leur asbl Aer Aqua Terra, Ann-Laure et Marc auront récupéré 60 tonnes de déchets.

De fin 2016 à aujourd’hui, avec l’appui d’une collaboratrice et d’un jeune collaborateur (sur le point d’être salarié au sein de l’asbl), ainsi qu’avec l’aide de bénévoles occasionnels, la petite équipe aura collecté pratiquement 180 tonnes de déchets supplémentaires. Tout cela, sans machines. Avec quelques soutiens externes, dont celui d'inBW. Mais toujours avec une motivation sans failles !

Résultats et défis

"Le lit de la rivière, c’est un livre d’histoire qui nous raconte l’activité humaine de surface", explique Ann-Laure. "Avec l’aide des collaborateurs, nous avons fait un beau travail. Nous avons collecté des tonnes de déchets. Nous en sommes à un rythme de 3 à 4 tonnes par mois. Les tronçons sur lesquels nous avons travaillé sont assainis. Par ailleurs, certains comportements des citoyens se sont améliorés. Nous constatons par exemple une forte diminution du nombre de canettes jetées dans la nature. Mais il y a encore du pain sur la planche". 

Il y a encore trop de mégots sur les routes, trop de lingettes qui finissent dans les rivières, par exemple. "Elles tapissent le lit des rivières et perturbent l’environnement. Autre problème : les tontes de pelouse. Les propriétaires les déposent sur les berges et les déchets verts finissent par tomber dans les cours d’eau. On retrouve encore divers déchets ménagers, des bâches en plastique et une foule d’objets divers".

Des pièces de voitures

Frigolite, bas nylon, bouteilles, emballages en plastique, mégots,… la liste de déchets retrouvés est impressionnante. "Mais nous faisons aussi des découvertes plutôt insolites", précise Marc. "Parmi ces objets surprenants : le hayon arrière d’une vieille Citroën Dyane, un vieil aspirateur, des moteurs de lave-vaisselle, un mortier, des obus, des grenades (qui nécessitent l’intervention des services de déminage), un vieil ordinateur ou des roues de vélo. On envisage d’exposer un jour ces objets ou de faire un petit musée", conclut Marc, convaincu de l’importance de sensibiliser le grand public à la problématique des déchets et au respect de la planète.

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JT du 07/05/2022

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