30 millions de doses commandées pour 11,5 millions de Belges : que fera la Belgique des doses de vaccins en trop ?

Sabine Stordeur, coresponsable de la tesk force vaccination en Belgique, estime qu'il faudra attendre "les données scientifiques et les décisions politiques" afin de donner une direction claire à la vaccination pour les prochains mois.

© CHRISTIAN CHARISIUS - AFP

18 mai 2021 à 12:29 - mise à jour 18 mai 2021 à 12:29Temps de lecture4 min
Par M.F.

Ces derniers jours, la campagne de vaccination fait beaucoup parler. Entre extension des publics attendus dans les centres de vaccination, potentielle troisième dose pour les personnes à risque et élargissement de l’âge de la population ciblée par les injections, difficile de savoir quelle direction prendra la course à l’immunité dans les prochains mois. Avec plus de 30 millions de doses commandées, pour seulement 11 millions de citoyens belges et à raison de deux doses par personne la gestion des surplus fait à son tour son apparition dans le débat.

"Notre volonté est de ne gaspiller aucune dose", répond Sabine Stordeur, coresponsable de la task force vaccination en Belgique. Elle explique que dans un premier temps, ces doses servent à la bonne poursuite de la campagne de vaccination. "Cette semaine, environ 800.000 doses de vaccins seront administrées", précise-t-elle.


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En soutien aux pays qui en ont besoin

Mais après ? Qu’adviendra-t-il des doses restantes quand la population désireuse de se faire injecter les procédés qui protègent des formes graves du virus aura reçu sa ou ses doses nécessaires ? D’autant que la task force en charge de la campagne précise que fin 2021, "les livraisons de vaccins seront encore très généreuses".

Pas de changement de ligne directrice à ce moment-là, explique Sabine Stordeur. "Dans un premier temps, elles serviront à poursuivre la campagne de vaccination actuelle de façon à proposer la vaccination aux personnes qui seraient encore réticentes ou hésitantes et qui n’auraient pas répondu aux invitations qui ont été lancées dès à présent."

Parallèlement, une proportion des vaccins excédants sera envoyée à l’étranger dans le cadre de la campagne Covax, destinée à garantir un accès mondial et équitable au vaccin. La Belgique y prendra part "en donnant les doses supplémentaires de vaccins qui ne seraient pas utilisés aux pays les plus démunis et les plus pauvres pour leur permettre d’avancer dans leurs propres campagnes de vaccination".

Coronavirus en Belgique : que va-t-on faire des doses excédentaires ?

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La population "vaccinable" en question

Reste alors une inconnue : la proportion de vaccins qui seront effectivement envoyés à l'étranger car personne ne sait à l'heure actuelle si une troisième dose sera administrée aux patients les plus à risque, comme évoqué ce week-end par Dirk Ramaekers, chef du groupe de travail sur la vaccination ou encore si les jeunes de moins de 18 ans seront aussi admis dans la campagne. Mais ces décisions, c'est aux autorités politiques de notre pays de les prendre, la campagne de vaccination s'y adaptera ensuite.


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Sabine Stordeur estime qu'il faudra attendre "les données scientifiques et les décisions politiques" afin de donner une direction claire à la vaccination pour les prochains mois. Une fois toutes les cartes en main, les autorités en charge de l'injection des doses en Belgique se pencheront sur l'intérêt - ou non - de l'une ou l'autre option.

L'impact du variant indien

Chaque nouveau variant découvert est une nouvelle crainte de rendre les vaccins moins efficaces. Alors que 75 cas du dernier en date, en provenance d'Inde, ont été répertoriés en Belgique et malgré qu'on sait que ce chiffre pourrait être minimisé, "cela reste un variant minoritaire sur notre territoire", rassure Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus en Belgique.


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Pourtant, il n'est pour l'heure, pas nécessaire de s'inquiéter quant à une potentielle obsolescence des vaccins face à cette mutation du virus initial. "Des premières données actuelles disponibles nous montrent une activité des vaccins à ARNMessager concernant ces types de souche du même niveau que celle qu’on a pour d’autres variants ‘à problème potentiel’, comme le variant sud-africain", note l'infectiologue. Pour rappel, une étude avait montré mi-avril que "le vaccin Pfizer/BioNtech, bien qu'extrêmement protecteur, n'offre probablement pas le même niveau de protection contre le variant sud-africain du coronavirus" que contre les autres formes du virus.

Toutefois, "les données nous laissent penser que la protection va être adéquate contre les formes sévères de la maladie", indique Yves Van Laethem. Il en profite aussi pour préciser qu'aucun vaccin ne garantit une protection complète contre le virus, il reste toujours des chances d'être porteur une fois vacciné comme on a pu l'observer avec le reconfinement ce week-end d'une maison de repos hennuyère où 95% de résidents sont pourtant vaccinés.


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Toutefois, l'objectif poursuivi pas la vaccination n'est pas d'empêcher les contaminations mais de protéger les citoyens. "Le point le plus important est de protéger contre les hospitalisation, l’évolution vers des cas sévères et pas la protection contre les formes modérées qui pourraient dans ce cas-ci encore se produire chez les personnes vaccinées", conclut l'expert.

Coronavirus en Belgique : les vaccins efficaces contre le variant indien ?

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