Politique

300 militaires casernés à Marche-en-Famenne se préparent à partir en Roumanie pour défendre l’OTAN

Une partie des troupes casernées à Marche-en-Famenne qui partiront en Roumanie, défendre les frontières de l’OTAN.

© RTBF - Mélanie Joris

01 mars 2022 à 15:04 - mise à jour 01 mars 2022 à 16:26Temps de lecture4 min
Par Jean-François Noulet, avec Mélanie Joris et Laurent Henrard

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, et le Chef de la Défense, l’amiral Michel Hofman, étaient en visite au quartier militaire de Marche-en-Famenne ce mardi 1er mars. Ils étaient venus se rendre compte des derniers préparatifs et rencontrer les militaires du Bataillon 1/3 de Lanciers en partance pour la Roumanie dans le cadre d’une mission de défense du territoire de l’OTAN.

Une première historique

En préambule à la visite, la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder a rappelé le contexte. Depuis jeudi, "les cartes ont radicalement changé", a-t-elle indiqué. L’appel au dialogue lancé aux Russes n’a pas suffi.

Suite à la demande des autorités ukrainiennes, la Belgique a déjà envoyé un convoi avec du matériel militaire et un hôpital de guerre à la frontière roumaine. Le kern a, en outre, décidé dévoyer des armes et des munitions, ces livraisons ont déjà eu lieu en partie, confirme la ministre de la Défense. Elle précise qu’il s’agit d’armes, de munitions et de missiles antichars. Une partie de ce matériel est déjà arrivée à bon port. Le reste est en cours d’acheminement. Les pays de l’OTAN proches de l’Ukraine ont mis en place un hub logistique pour coordonner le passage de ce matériel jusqu’en Ukraine, indique le Chef de la Défense, l’amiral Hofman.

A présent, pour la première fois de son histoire, la Force de réaction rapide de l’OTAN (la VJTF,  Very High Readiness Task Force) est appelée à se déployer. C’est dans ce cadre que la Belgique, membre de l’OTAN, envoie des troupes défendre les frontières extérieures de l’OTAN.

Dans les prochains jours, un régiment belge va être envoyé au sein d’un déploiement français. Il s’agit d’un bataillon de lanciers de Marche en Famenne ainsi que d’autres éléments, notamment des éléments de la composante médicale qui vont être déployés.

Leur mission sera défensive et dissuasive aux frontières de l’Union Européenne et du territoire de l’OTAN. "Je continuerai de veiller à la sécurité de nos concitoyens et territoires et de nos partenaires stratégiques et alliés", a indiqué la Ministre de la Défense.

Pour le Chef de la Défense, l’amiral Michel Hofman, présent aussi à Marche-en-Famenne ce mardi, la mission des troupes belges est d’envoyer "un message de dissuasion et potentiellement de défense, si nécessaire". Elle s’inscrit dans le dispositif mis en place par l’OTAN du nord des Pays Baltes jusqu’au sud de la Roumanie, en passant par les frontières avec la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine.

Les premiers militaires belges faisant partie des 300 hommes déployés dans le cadre de cette mission au départ de Marche-en-Famenne sont déjà partis vers la France, d’où ils rejoindront la Roumanie.

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, s’est rendue à Marche-en-Famenne où un bataillon de lanciers s’apprête à partir en Roumanie, dans le cadre d’une mission de défense du territoire de l’OTAN.
La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, s’est rendue à Marche-en-Famenne où un bataillon de lanciers s’apprête à partir en Roumanie, dans le cadre d’une mission de défense du territoire de l’OTAN. © RTBF – Mélanie Joris

Des militaires préparés pendant quinze mois à une mission de ce type

Le Général-major Pierre Gérard, Commandant de la Composante Terre, le Général-major Pierre Gérard a tenu à souligner l’investissement de ses hommes dans la préparation de cette mission. Ils ont été prévenus vendredi, à la veille d’un week-end, avec un préavis a été très court. L’ordre d’activation est arrivé pendant le week-end. Malgré ces délais courts, les premiers éléments sont déjà partis. Le reste du bataillon se prépare à être en zone opérationnelle dans le courant de la semaine prochaine.

Les troupes envoyées sont des troupes d’infanterie. Elles sont accompagnées d’un personnel ayant des fonctions d’appuis, dont des logisticiens.

Parmi les militaires belges qui partiront en Roumanie, il y a Mahmoud, que nos équipes ont rencontré à Marche-en-Famenne avant son départ. C'est un militaire de 36 ans, spécialisé dans l'appui logistique et en activité à la Défense depuis 10 ans.  Ce sera sa troisième mission à l'étranger, après l'Afrique et l'Afghanistan. "L'entraînement à ce genre de missions, on y est largement préparé à l'avance. On a toujours un groupe qui est prêt. S'il faut intervenir quelque part, on est prêt", explique-t-il. 

Autre militaire en partance, Lilan, 21 ans, dans l'infanterie depuis deux ans et demi. Il se dit "dans un esprit plutôt serein". "On est préparé à ce genre de choses", dit-il, "Tout militaire attend au moins une fois dans sa carrière de pouvoir partir", ajoute-t-il, même s'il reconnaît avoir "un peu de tristesse" de laisser sa famille derrière lui. 

Le général-major Pierre Gérard souligne qu’une telle mission constitue l’aboutissement de 15 mois de préparation. Ces hommes étaient destinés à intervenir dans le cadre de la Force d’intervention rapide de l’OTAN. Ils ont bénéficié de 15 mois d’entraînement, de 11 périodes de semaines de camps en Tchéquie, en Allemagne et en Belgique. Ils ont été "certifiés OTAN" en décembre 2021.

Leur déploiement en Roumanie est prévu pour trois à six mois, en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain. "C'est une opération de dissuasion. Si elle fonctionne, on ne devrait pas faire face à des combats importants", estime le général-major Pierre Gérard tout en reconnaissant qu'il est "difficile de savoir dans quel jeu on joue dans une opération de dissuasion".  

Les militaires belges devront se familiariser avec l’environnement et le terrain. Selon l’Etat-major, cela peut prendre 6 à 8 semaines. Connaître le terrain, nouer des contacts, assurer l’intégration avec les unités françaises et roumaines, régler les problèmes d’opérabilité feront partie des défis à relever.

Sur place, il s’agira aussi de continuer à s’entraîner.

La ministre de la Défense, présente à Marche-en-Famenne, ce mardi, a déjà remercié les militaires en partance pour leur travail. Elle s’est dite "pleinement reconnaissante" face à leur engagement. "Il y a quelques mois de cela, on n’aurait jamais pensé à ça", a-t-elle dit, en référence à cette première historique pour l’OTAN. "Souvent, on vante les mérites de la Défense belge, nos mérites me sont souvent vantés. Cela me fait plaisir de pouvoir vous le dire", a-t-elle dit en s’adressant aux militaires. "J’ai pleine confiance en vos capacités. La population est derrière vous aussi", a ajouté Ludivine Dedonder.

Le Chef de la Défense encourage ses troupes et leur souhaite beaucoup de courage. "Restez sains et saufs, bonne chance", déclare l’amiral Michel Hofman.
Le Chef de la Défense encourage ses troupes et leur souhaite beaucoup de courage. "Restez sains et saufs, bonne chance", déclare l’amiral Michel Hofman. © RTBF – Mélanie Joris

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