Economie

317.500 € pour une maison, 260.000 pour un appartement : des prix en hausse "mais par rapport à l’inflation, ils ont régressé"

L'invité dans l'actu: Renaud GREGOIRE, représentant de la fédération des notaires

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18 oct. 2022 à 10:27Temps de lecture4 min
Par Miguel Allo sur base d'une interview de Sophie Brems

Vous envisagez, peut-être, de devenir propriétaire en ce moment, comptez alors en moyenne 317.500 euros pour une maison ou 260.000 euros dans le cas d’un appartement.

L’activité immobilière se porte plutôt bien en Belgique depuis janvier 2022. Et les moins de 30 ans deviennent acquéreurs malgré le contexte. C’est ce qu’il ressort du dernier rapport des notaires qui sort ce mardi 18 octobre.

Et si l’activité se porte bien en Belgique, elle a tout de même baissé, d’à peu près 2% au niveau national en comparaison avec l’année 2021. Dans certaines provinces en Wallonie, la diminution est un peu plus marquée. "Mais globalement, on voit surtout un peu un retour au calme ces dernières semaines, ces derniers mois, qui est sans doute un peu guidé par la conjoncture économique.", analyse Renaud Grégoire, représentant de la Fédération des notaires.

Le prix des biens augmente… Oui mais

Actuellement, les biens sont toujours un peu sous pression et le marché reste un peu tendu. "Il y a peu de biens en vente et donc ces prix restent orientés à la hausse. Mais pour la première fois de façon assez marquée, l’augmentation est moins importante que l’inflation" explique le représentant de la Fédération des notaires. Rappelons que cette année l’inflation est très importante, près de 10%.

Notons, par exemple, que pour des appartements l’augmentation est de 3 ou 4% par rapport à 8% à 9% d’inflation. Autrement dit, les prix ont augmenté de façon absolue, mais si on les compare à l’inflation "ils ont plutôt régressé", ajoute Renaud Grégoire.

Et pourtant, si l’on compare les prix de l’immobilier en 2017 et aujourd’hui, on est à près de 30% d’augmentation. "Oui, c’est une grosse augmentation. On voit que cette augmentation est quand même constante, mais on voit qu’il y a une demande. Le Belge a toujours cette envie d’être propriétaire. Ça reste un marché qui est principalement marqué par des personnes qui achètent leur propre bien. Vous avez à côté de ça, dans certains endroits, plus d’un investisseur. Par exemple à Bruxelles, on sait que peut-être un peu moins marqué par des propres acheteurs. Mais globalement, le marché belge reste, je dirais, principalement aux mains du propriétaire de son propre logement."

Bruxelles, un marché tendu et diversifié

Bruxelles reste la région la plus chère pour acquérir un bien.

Si l’on compare, il y a d’une part, le prix moyen pour la Belgique et puis vous avez des prix moyens pour certains biens en dessous de 200.000 euros en Wallonie, alors que dans la capitale, nous serons au-dessus de 400.000 euros. "Et donc c’est évidemment très particulier" explique Renaud Grégoire. "Parce que dans Bruxelles, vous avez des zones avec autant de marchés, quasiment qu’il y a de quartiers à Bruxelles. Et donc vous avez des communes qui sont hyperrecherchées, où vous avez des biens qui vont vendre à plusieurs millions sans difficulté et d’autres endroits où vous allez avoir des biens qui restent tout à fait accessibles. Donc je crois qu’il ne faut pas garder à l’esprit qu’il n’y a pas moyen d’acheter, il faut juste parfois revoir un peu ses ambitions au moment de son premier achat en particulier. Mais globalement, c’est vrai que le marché bruxellois reste, je dirais, quand même assez tendu."

Une bulle de l’immobilier ?

Y a-t-il actuellement une bulle au niveau de l’immobilier en Belgique ?

Pour le représentant de la Fédération des notaires, la réponse n’est pas évidente. "On a le sentiment depuis d’année en année, on nous dit que c’est effectivement trop cher." Or, cet expert ajoute que par rapport à d’autres capitales européennes, les prix de l’immobilier à Bruxelles sont sensiblement en dessous de la moyenne. "Et on a quand même un peu le sentiment qu’aujourd’hui on voit que les personnes, malgré une conjoncture qui est un peu difficile, ont envie d’être propriétaires de leurs biens."

Renaud Grégoire ajoute "À partir du moment où vous savez que le marché est principalement aux mains de l’habitant, si je puis dire, finalement, qu’il y ait à un moment donné une bulle ou qu’on dise que c’est trop cher, si vous habitez dans une maison qu’on vous dit, "Mais finalement, elle est 10% surévaluée", ça ne va pas changer votre vie, vous n’allez pas la vendre pour autant. Si effectivement vous êtes dans un mode de placement ou d’achat-vente, si le marché était guidé par des personnes comme ça, effectivement la conjoncture pourrait être plus inquiétante en disant "Si jamais ça baisse fort, je vais devoir vendre à perte, etc.". Mais globalement, aujourd’hui, quand vous êtes propriétaire de votre bien, que vous y vivez, finalement, que votre maison soit un peu surévaluée ou sous-évaluée, globalement, ça ne va pas changer l’histoire."

La Wallonie

En Wallonie, le Brabant wallon est toujours la région la plus onéreuse, en moyenne il faut compter 416.000 euros pour l’achat d’une maison. Une situation que l’on pourrait comparer à Bruxelles avec là aussi plusieurs marchés, selon Renaud Grégoire. "On sait qu’il y a certaines communes, évidemment, qui sont particulièrement chères. On sait que, par exemple, Lasne est une des communes les plus chères de Belgique."

Mais il y a aussi, explique l’expert, d’autres zones, sans doute un peu plus excentrées, qui sont plus éloignées des axes autoroutiers, qui sont peut-être plus rurales, plus agricoles, qui ont des prix qui ne sont pas comparables aux prix pratiqués à Lasne. "Mais effectivement, le Brabant wallon, la proximité de Bruxelles, on sait que les problèmes de mobilité à Bruxelles font parfois fuir certaines personnes. Et globalement, être à proximité est intéressant."

Retrouvez l’entièreté de cette interview dans la vidéo en tête d’article.

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