Sous couverture

(3/4) Les 52 BD de 2020 : De longues histoires pour faire durer le plaisir

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23 déc. 2020 à 08:00Temps de lecture3 min
Par Sous Couverture - Thierry Bellefroid

Durant quatre jours cette semaine, Thierry Bellefroid vous livre ses 52 BD préférées de 2020, à savoir, une par semaine de l’année. Aujourd’hui, les formats longs.

2020, la suprématie du format long

Le roman graphique a toujours la cote et ne cesse de grossir allant - ce n’est pas rare - jusqu’à 400 pages. Parallèlement, on assiste en 2020 à la généralisation d’albums en grand format et en couleur allant de 120 à 250 pages.

 

La Bête, Zidrou & Pé, Dupuis

Le marsupilami, revu et corrigé à la sauce sauvage. Ça sent la suie, la boue et la sueur, mais aussi le brouillard et le charbon. Une entrée en matière dans un format inhabituel qui permet à Frank Pé de montrer l’étendue de son talent, voire de son génie. À ne rater sous aucun prétexte.

 

L’Alcazar, de Lamouret, Sarbacane

En un peu plus de 200 pages, Simon Lamouret raconte l’édification d’un immeuble au cœur de Lahore, en Inde, où il a vécu. Microcosme fascinant, le chantier, avec ses minorités et ses métiers, apparaît comme un miroir de la société indienne.

 

Un travail comme un autre, de Inker, Sarbacane

Alex W. Inker adapte le roman de Virginia Reeves avec une maestria incroyable. On y suit les tribulations de Roscoe, en 1920, en Alabama. Convaincu que l’électricité va sauver le monde de la pauvreté, Roscoe va s’y brûler les doigts… Éblouissant, profond, marquant.

 

Vernon Subutex, de Despentes et Luz, Albin Michel

Le chef d’œuvre de Virginie Despentes magistralement adapté par Luz. Un monde en perdition s’y déploie autour d’un disquaire qui, privé de son activité, se laisse couleur peu à peu. Très houellebecquien, le roman trouve ici un nouveau souffle sans rien perdre de sa puissance initiale.

 

Visa Transit Tome 2, de de Crécy, Gallimard

Nicolas de Crécy a entrepris de replonger dans le voyage initiatique de ses 20 ans. En 86, avec son cousin et une veille Citroën Visa souffreteuse, il traverse l’Europe vers la Turquie, sans autre but que d’aller le plus loin possible vers l’Orient. Entre autobiographie éclairée, livre philosophique, ode à la langue et leçon de dessin.

 

Malgré tout, de Lafebre, Dargaud

La prouesse scénaristique de l’année est cette histoire d’amour contrariée entre une femme politique et un étrange doctorant en physique racontée à rebrousse-temps par le dessinateur espagnol Jordi Lafebre. Tout est enthousiasmant dans ce livre qu’on a envie de relire aussitôt qu’on l’a terminé !

 

Le Discours de la panthère, de Moreau, 2024

Jérémie Moreau au sommet de sa forme dans cette longue fable parcourue de nouvelles montrant des animaux aux prises avec leur destin et se terminant en apothéose par une leçon de philosophie poétique. Dessin d’une beauté stupéfiante et très belle mise en scène. Un must !

 

Anaïs Nin, de Bischoff, Casterman

Dans cette évocation de l’écrivaine Anaïs Nin, Léonie Bischoff utilise toute la palette de la BD pour nous émouvoir, nous surprendre et nous enrichir, nous donnant à voir une femme libre. Un des grands livres de l’année, assurément !

 

Baume du tigre, de Quéméner, Delcourt

Trois générations de femmes issues de l’immigration asiatique, dans un livre montrant comment l’une d’entre elles décide de s’affranchir de la légende familiale et de prendre son destin en mains. Lucie Quéméner évite le pathos et construit un ouvrage universel.

 

Dragman, de Appleby, Denoël Graphic

Steven Appleby invente le super-héros transgenre. Une fable irrévérencieuse et tendre, qui en dit beaucoup sur la tolérance et la réalisation de soi. L’épaisseur du livre ne se mesure pas ici qu’au nombre de pages…

 

Nous aurons toujours vingt ans, de Martin, Dupuis Aire Libre

Le dessinateur espagnol Jaime Martin a entrepris de raconter l’histoire familiale en trois très gros volumes. Celui-ci conclut la trilogie et démarre à la mort de Franco, célébrant les espoirs démocrates et les désillusions libérales de l’Espagne moderne. Mieux qu’un docu !

 

Sur la route de West, de Walden, Gallimard BD

Tillie Walden, l’une des signatures de la nouvelle BD américaine indépendante, nous propose un épais road trip intimiste rappelant Thelma & Louise tout en y glissant des ingrédients fantastiques. Un mélange doux-amer très réussi.

 

Flipette & Vénère, de Andreae, Delcourt

Sous ce titre un peu premier degré, une belle radiographie de la jeunesse d’aujourd’hui réalisée par Lucrèce Andreae, dont c’est le premier album. Épais roman graphique à l’américaine, montrant deux sœurs que tout oppose sinon la volonté d’empoigner le monde qui les entoure… et souvent les oppresse.

 

Karmen, de March, chez Dupuis

Guillem March réussit une prouesse graphique en donnant vie à une personnification de la mort pendant 152 pages. Un roman virevoltant et pourtant métaphysique, dont on retiendra qu’il essaye d’embrasser toutes les questions à la fois et qu’il offre des images dignes des meilleurs auteurs américains.

 

La Nuit est mon royaume, de Fauvel, Rue de Sèvres

Claire Fauvel propose à travers deux personnages, ceux d’Alice et Nawel, une plongée vertigineuse dans le monde la musique et les rêves de célébrité qu’il charrie. Ça commence comme une chronique du passage à l’âge adulte. Mais quand ça bascule, c’est sans concession !

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