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5000 saules têtards de plus en Hainaut : quels sont les atouts de l’arbre star de notre région ?

Trois hommes et une haie de saules têtards.

© P.W. – RTBF

08 sept. 2022 à 04:27Temps de lecture2 min
Par Pierre Wuidart

Avec sa grosse tête et ses cheveux en pétard, le saule têtard est un emblème de notre territoire. Mais il se fait de plus en plus rare. Sa population a diminué de 30% entre 2015 et 2020. Les trois parcs naturels du Hainaut et la Haute École Condorcet d’Ath s’associent pour inverser la tendance. Ils veulent restaurer 500 saules existants et en planter 5000 nouveaux en trois ans. Mais pourquoi est-ce si important de défendre cet arbre ?

Le saule têtard, c'est la vie
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Le saule têtard, c'est la vie

Un saule têtard en bordure de prairie, c’est une assurance contre la sécheresse mais aussi les inondations. "Le sol autour de l’arbre agit comme une éponge et absorbe beaucoup d’eau. L’ombre de l’arbre permet de garder l’herbe humide et de la protéger s’il fait trop sec", explique Nicolas Tytgat, chargé de mission pour le projet "Et nos saules têtards ?" subsidié par la Wallonie (Yes We Plant).

Et si on remonte le long du tronc, là aussi, il y a de la vie. "On voit que ces vieux arbres sont déjà creusés de cavités. La chouette chevêche va pouvoir y nicher. Les chauves-souris aussi. Des insectes, des champignons, toute une faune et une flore vont pouvoir se développer…"

Du bois tendre, facile d'accès
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Du bois tendre, facile d'accès

Après dix ans environ, les branches du saule sont assez grosses pour vous donner du bois de chauffage. "On doit le tailler tous les cinq ou six ans, ça offre donc une fourniture en bois régulière", détaille Benoit Gauquie, chargé de mission au Parc naturel des Plaines de l’Escaut. "C’est un bois relativement facile à récupérer, car les arbres font deux mètres, deux mètres cinquante de haut en alignement".

Qui plus est, le bois coupé sèche relativement vite. "Après un an, on peut l’utiliser dans la cheminée". Benoît Gauquie a fait le calcul, si cette année, vous avez dix saules à tailler, "cela représente une économie de 1690 litres de mazout pour vous chauffer, à savoir environ 2200 euros".

Du bois raméal fragmenté pour le sol
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Du bois raméal fragmenté pour le sol

Quant aux feuilles et aux petites branches, elles peuvent nourrir les vaches et le sol, explique Baptiste Hottekiet, directeur du parc naturel du Pays des Collines. "Historiquement, les feuilles de saule permettaient d’apporter une ration alimentaire au bétail. On va remettre ça en place. Et les petites branches de moins de sept centimètres de diamètre, on les broie, ça donne du bois raméal fragmenté. On peut incorporer le BRF dans le sol pour l’enrichir en humus."

Et un sol riche en humus est plus fertile et + résistant aux épisodes climatiques extrêmes. Rien ne se perd dans le saule ! "Mais avant de donner des conseils aux citoyens, on doit aussi regarder dans notre jardin", s’engage Benoît Gauquie. "Nous aussi, quand on élague les saules de notre territoire – on a 300 hectares à gérer - on doit veiller à valoriser la matière retirée et ne pas se contenter d’en faire des tas."

Une économie locale à développer
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Une économie locale à développer

Le projet "Et nos saules têtards ?" vise par ailleurs le développement d’une chimie verte (à base des feuilles, entre autres). C’est toute une économie locale qui pourrait se développer autour du saule têtard. Si vous voulez y prendre part, des distributions de perches sont prévues cet automne. Pas besoin d’être le roi de la bêche et de la tronçonneuse pour accueillir un saule chez soi. Des jobistes viendront les planter chez vous (3 euros la perche). Et des entreprises s’occuperont de la taille (40 euros par saule taillé, 80 euros s’ils gardent le bois).

Pour plus de renseignements, contactez le parc naturel des Hauts-Pays, celui des Plaines de l’Escaut ou encore celui du Pays des Collines.

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