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Belgique

5500 euros par an pour un contrat conclu en janvier: Test-Achats dénonce un accord énergie nécessaire mais trop tardif

01 févr. 2022 à 09:20 - mise à jour 01 févr. 2022 à 10:47Temps de lecture3 min
Par Africa Gordillo

Après de longues heures de négociations, le gouvernement fédéral a trouvé un accord pour aider les consommateurs belges à faire face à la flambée des prix de l’énergie. Parmi ces mesures, la prolongation du tarif social étendu à un million de ménages voire la baisse de la TVA de 21% à 6% mais seulement sur le prix de l’électricité (pas le gaz) et de manière temporaire (mars à juin). La porte-parole de Tests Achats Julie Frère salue la mesure mais accuse le gouvernement "d’irresponsabilité" en ayant "tant tardé à adopter ces mesures alors qu’on les évoque depuis le mois de septembre".

Et le gaz ?

Test Achats est également critique sur le choix opéré par le gouvernement fédéral de baisser la TVA uniquement sur le prix de l’électricité, un choix motivé par un souci "d’équité" puisque tous les consommateurs ne chauffent pas au gaz, certains ayant opté pour l’électricité voire le mazout mais aussi en raison des enjeux climatiques.

Mais c’est bien la facture de gaz qui explose le plus. "Aujourd’hui, si vous concluez un contrat avec un fournisseur de gaz, vous allez payer à peu près 3700 euros par an. C’est absolument énorme. Vous paierez par ailleurs 1800 euros par an pour l’électricité… pour ce qui est un besoin de base. Et 80% de la consommation de gaz a eu entre début octobre et fin mars. C’est maintenant… et c’est maintenant que les tarifs sont élevés", précise Julie Frère.

Si Test Achats juge les enjeux climatiques légitimes, Julie Frère pointe l’urgence sociale "On ne peut pas nier qu’il y a urgence. On est à 7,59% d’inflation et les ménages sont face à une double peine. Ils doivent payer leur prix de l’énergie et ensuite ils doivent aller payer leurs courses au supermarché… qui ont aussi augmenté".

La baisse de la TVA à 6% sur l’électricité est en effet tardive alors que les consommateurs sont face à la hausse des prix de l’énergie depuis l’automne. "Il fallait faire quelque chose", ajoute la porte-parole de Test Achats "mais, très clairement il y a une partie d’irresponsabilité d’avoir tant tardé à adopter ces mesures alors qu’on les évoque depuis le mois de septembre […] Les prix de l’énergie vont avoir un impact sur les prix alimentaires. On était à 0,47% d’inflation sur l’alimentaire en novembre. On est à 2,28%".

"Nettoyer" la facture énergie

La baisse de la TVA à 6% sur l’électricité n’est pas l’unique mesure annoncée. A moyen terme, le gouvernement fédéral veut s’attaquer aussi à la complexité de la facture d’énergie. "C’est une excellente nouvelle", réagit Julie Frère.

"Hors crise, un tiers de la facture concerne l’énergie à proprement parler. Aujourd’hui, les prix de l’énergie ont tellement augmenté que ça représente 50% de la facture. Et ça, c’est vraiment la marge sur laquelle les consommateurs peuvent appuyer pour faire jouer la concurrence et tenter de faire des économies. Tout le reste est en quelque sorte figé et ça constitue les coûts de réseaux, des redevances, du financement de l’éolien et du photovoltaïque, du financement du tarif social, le fonctionnement des régulateurs énergie, etc. Je défie quiconque de réussir à comprendre tous les postes qui sont couverts aujourd’hui par sa facture d’électricité".

En 2015, Test Achats on avait lancé une pétition signée par 118.000 personnes pour "nettoyer" la facture d’électricité, alors que la Belgique était l’un des pays où l’énergie est la plus chère en Europe, derrière le Danemark et l’Allemagne, "en raison non pas du prix de l’électricité mais de tous les autres postes qui s’y trouvent", analyse Julie Frère.

Et de conclure : "Il est vraiment grand temps de nettoyer cette facture d’autant qu’on va devoir aller vers une électrification de la société si on veut répondre aux objectifs climatiques. Aujourd’hui on a une facture d’électricité qui est beaucoup plus taxée que la facture de gaz, ce qui est un non-sens environnemental".

La porte-parole de Test Achats, Julie Frère, interviewée par Thomas Gadisseux.
L'invité de Matin Première, tous les matins du lundi au vendredi, à 7H45.

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