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7 millions du plan "Oxygène" pour aider les finances communales d’Andenne

La ville d’Andenne a demandé l’intervention du plan "Oxygène" de la Région Wallonne

© RTBF

18 août 2022 à 14:10Temps de lecture2 min
Par Serge Otthiers

Les temps sont durs pour les finances des communes, même celles qui n’avaient pas vraiment de problèmes jusqu’ici. C’était le cas d’Andenne, mais ce mardi un conseil communal extraordinaire a pris la décision de se tourner vers le plan Oxygène de la Wallonie. Qui permet aux communes de recevoir une somme d’argent à rembourser en 30 ans, sans intérêt. Pour Andenne la somme sera de pratiquement 7 millions d’euros sur 5 ans. Une décision qui n’a pas été prise de gaîté de cœur par le bourgmestre Claude Eerdekens. "Au début on n’était pas très chauds pour faire appel à ce plan oxygène, car c’est un crédit. Mais au final 7 millions à rembourser sur 30 ans ce n’est pas grand-chose".

Situation difficile pour toutes les communes

A Andenne comme ailleurs les finances communales souffrent depuis quelques années et pour plusieurs raisons. "Nos recettes stagnent alors que les dépenses explosent", se plaint Claude Eerdekens. "Il y a eu la réforme des polices ou des zones de secours qui pèsent sur les communes. L’exclusion des chômeurs de longue durée qui retombent sur les CPAS, à Andenne cela fait 400 mille euros en plus par an depuis 2016". Sans oublier les réformes fiscales fédérales ou régionales qui, selon Claude Eerdekens ne sont vraiment pas favorables aux communes. À tout cela se rajoutent les difficultés de ces derniers mois, liées au Covid, aux inondations, ou à la guerre en Ukraine… "Les prix des matières premières ou de l’énergie explosent et l’indexation des salaires de la ville et du CPAS a atteint 11% en un an ! Si on ne fait rien, les quelques millions que la ville a en réserve vont fondre en deux ou trois ans".

Des économies en contrepartie

En contrepartie de l’argent reçu par le plan Oxygène, la ville d’Andenne va devoir, à partir de 2023, soumettre son budget à la surveillance du CRAC, le centre régional d’aide aux communes et mettre en place des mesures d’économie. Cela passera par une réduction du personnel communal. "On parle de 9 équivalents temps plein sur les 400 de la ville", précise Claude Eerdekens. Cela se fera par le non-remplacement de certains départs sur les cinq prochaines années. La ville envisage de rassembler et réorganiser certaines implantations scolaires dans les villages et de concentrer la garderie du mercredi après-midi sur 3 sites. L’école industrielle et commerciale d’Andenne devrait être absorbée par la Province ou la Fédération Wallonie Bruxelles. Autre changement, fiscal celui-là, explique le bourgmestre : "Le précompte immobilier sera légèrement revu à la hausse ce qui nous permettra de toucher 250 mille euros par an du fond des communes".

Des mesures imbuvables pour l’opposition

Ce sont justement ces mesures d’économies qui sont montrées du doigt par le groupe AD&N dans l’opposition à Andenne. "Le jeu n’en vaut pas la chandelle ! Parce que les mesures auront un impact important sur les services à la population et les services communaux", explique Etienne Sermon, le chef de file, qui pointe notamment l’augmentation du précompte, alors que, selon AD&N, la fiscalité Andennaise est déjà bien plus élevée que la moyenne Wallonne. D’autres taxes seront créées… "Comme sur les éoliennes, alors que nous vivons une période où il faudrait plutôt soutenir les énergies alternatives". Le groupe AD&N préconise plutôt une meilleure maîtrise des dépenses liées au développement territorial et estime que ce plan Oxygène n’est peut-être qu’un prétexte pour la majorité pour faire passer des décisions politiquement imbuvables.

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