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A Bruxelles, les hôpitaux plaident pour le transfert de patients covid vers les provinces voisines

A Bruxelles, les hôpitaux plaident pour le transfert de patients covid vers les provinces voisines
05 oct. 2020 à 18:31 - mise à jour 05 oct. 2020 à 20:36Temps de lecture3 min
Par Aline Wavreille

Les hôpitaux bruxellois plaident pour le transfert de patients covid vers des hôpitaux moins sollicités, en dehors de Bruxelles, dans les provinces voisines. Cela a déjà été le cas le week-end dernier, de l’UZ Jette vers Alost. La pratique pourrait se généraliser si le nombre d’hospitalisations continue d’augmenter. Les hôpitaux bruxellois sont loin de la saturation, mais la mesure s’impose, selon eux, s’ils veulent continuer à tourner normalement.

Une hausse des admissions, à la clinique Saint-Jean

Pour le moment, à la Clinique Saint-Jean, les services tournent encore normalement. Mais Kenneth Coenye, le médecin chef de la clinique, s’inquiète tout de même de voir le nombre d’admissions s’accélérer ces derniers jours : "c’était surprenant le week-end dernier de voir à deux reprises 8 admissions covid sur 24 heures. Donc autant le samedi que le dimanche. Contrairement aux jours précédents où nous faisions 3-4 admissions par jour. Donc ce n’est visiblement pas une erreur statistique". La clinique a d’ailleurs ouvert une deuxième unité COVID, sans que ça ne désorganise pour le moment les services. "On l’a ouverte non pas en fermant des lits mais en regroupant des disciplines dans d’autres unités de soin".

25% des lits de soins intensifs dédiés aux patients covid

Comme les autres hôpitaux bruxellois, la Clinique Saint-Jean consacre désormais 25% de ses lits en soins intensifs aux patients covid. Ce seuil n’est pas encore dépassé : " Le problème qui risque d’arriver, c’est que nous ne puissions plus assumer les urgences qui arrivent aux soins intensifs, non-covid, ou par exemple de la chirurgie cardiaque et la neurochirurgie qui requièrent elles un séjour court aux soins intensifs. Le risque, c’est que ces opérations-là ne puissent plus être assumées".

Avec ce seuil de 25%, c’est la phase 1A qui a été activée par le HTSC, (Hospital Surge capacity and transport). Et jusqu’à présent, selon Pascal Rosière, inspecteur fédéral d’hygiène, coordinateur de la région bruxelloise, " les cas covid dans les hôpitaux occupent à la grosse louche 20% des soins intensifs. Si les hôpitaux bruxellois sont bien remplis en ce moment, c’est parce qu’il y a aussi ce que l’on appelle la partie élective de prise en charge, c’est-à-dire par exemple les patients qu’il faut soigner, un infarctus du myocarde, une opération à cœur ouvert qui doit être prise en charge par les soins intensifs".

Pour permettre aux hôpitaux d’assurer le plus possible leurs soins quotidiens et le panel des soins à l’ensemble de la population bruxelloise, "on essaie de lisser cette charge sur l’ensemble des hôpitaux et on ne s’arrête pas spécifiquement à la frontière bruxelloise", explique Pascal Rosière. Ce qui explique que le week-end dernier, des patients de l’UZ Jette ont été transférés vers Alost.

Le jeu de la solidarité

Les directions des hôpitaux bruxellois, réunies ce lundi, voudraient que cette stratégie se généralise : "Transférer des patients covid stables dans les provinces avoisinantes où il n’y a pas le même nombre de patients covid pour le moment", résume Kenneth Coenye, le médecin chef de la clinique Saint-Jean.

"Très clairement il faut que l’on joue le jeu de la solidarité des soins de santé en Belgique et que les grandes métropoles soient déchargées de la concentration des cas covid", défend Etienne Wéry, administrateur délégué du réseau hospitalier IRIS. "S’il n’y a pas de régulation, on devra commencer à déprogrammer des opérations, des rendez-vous pour les patients bruxellois. S’il n’y a pas de régulation, on y sera dans deux-trois semaines".

Or on sait que les hôpitaux bruxellois accueillent généralement un bon nombre de patients issus des provinces voisines. C’est ce que rappelait le ministre-président Rudi Vervoort le 23 septembre dernier sur notre antenne : "on estime que 30 à 35% de la patientèle ne sont pas bruxelloises".

La prochaine phase, la phase 1B, si l’épidémie s’accélère, prévoit de consacrer 50% des lits de soins intensifs aux patients covid.

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