Par Ouï-dire

A découvrir : Europalia, Les Voies de la Modernité, et Lode Janssens au CIVA

Claude Monet – Arrivée du train de Normandie, gare Saint-Lazare

© RTBF Pascal Goffaux

En cette Année européenne du Rail, Europalia a choisi de consacrer son festival à ce monde en soi, celui du train, une invention qui a façonné la société moderne et qui semble aujourd’hui à nouveau en mesure d’y occuper un rôle de premier plan. L’exposition Voies de la Modernité, aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, a donné le coup d’envoi du festival Europalia Trains & Tracks. Yves Robic l'a visitée pour Façons de Voir.

Pourquoi cette Année européenne du Rail ?

Si 2021 a été désignée "Année européenne du Rail" par la Commission européenne, cela s'explique entre autres par le 175e anniversaire de la liaison ferroviaire entre Bruxelles et Paris, reliant pour la première fois deux capitales européennes, par les 40 ans du TGV ou encore par les 25 ans du Thalys.

Europalia Trains & Tracks propose plus de 70 projets artistiques à découvrir, en Belgique et à l’étranger, dans des institutions culturelles, comme Train World pour l'Orient Express, à Bruxelles, mais aussi et surtout sur le terrain, dans les gares et les trains !

Voies de la modernité

Jusqu’au 13 février 2022, ce sont plus de 120 œuvres qui composent un parcours artistique et historique autour du thème du train : Monet (et son travail impressionniste sur la gare Saint-Lazare), Caillebotte, Spilliaert, Boccioni, Severini, Léger, De Chirico, Mondrian, Servranckx, Caviglioni, Delvaux, Mondrian ou Magritte sont rassemblés pour cette fascinante exposition. Maquettes de train, vidéos, performances et installations apportent une dimension complémentaire ou contemporaine au récit.

L’expo s’intéresse à l’impact majeur du train sur la société, de son apparition jusqu’aux années 1950, et raconte la manière dont les artistes furent hypnotisés par la vitesse, la force et la beauté de la machine. Dix thématiques abordent la peur et la fascination pour le ‘cheval de fer’, symbole de la modernité, et explorent la façon dont le train a inspiré plusieurs générations d’artistes.

Mille choses à découvrir sur le train

"Les premiers intérêts que le train a servis sont les intérêts miniers, explique Marie-Eve Tesch, co-curatrice. On est en pleine révolution industrielle, donc on a besoin d’exporter des marchandises, de les déplacer de manière accélérée. C’est d’ailleurs pour les mines qu’on a créé les premières machines à vapeur au début du 18e siècle, ainsi que les rails. Evidemment, cela a révolutionné la vie de tout un chacun, au fur et à mesure, parce que cela a servi progressivement le déplacement des personnes."

La première ligne sur le continent européen, à destination des voyageurs, va être développée entre Bruxelles et Malines. La Belgique a vraiment une histoire bien particulière avec le chemin de fer. D’autant plus que ce sera la première ligne développée par l’Etat. On est aux premiers jours de la Belgique indépendante et très vite, on se rend compte qu’on va avoir besoin de nouveaux moyens de transport. Parce qu’avant le transport se faisait surtout par les fleuves et, le conflit n’étant pas tout à fait résolu avec les Hollandais, on se rend compte et le train naît dans ce contexte-là. La Belgique est donc un pays pionnier à ce niveau-là.

On ignore souvent que le train a complètement bouleversé la relation au temps. Déjà parce qu’on se déplaçait beaucoup plus vite qu’avant, mais aussi parce que pour éviter les accidents ferroviaires, on a dû standardiser le temps. Avant le train, le temps était local, il différait de quelques minutes de ville en ville, ce qui a introduit beaucoup de complications pour les voyageurs.

"On a ainsi découvert, dans les archives de la Ville de Malines, un document intitulé 'L’Equation de l’horloge', qui permet de faire l’équation entre le temps moyen, celui de l’horloge, et le temps vrai, celui du soleil, via un petit système de conversion, un outil pour ne pas rater son train. A la fin du 19e siècle, on a uniformisé le temps, on est passé au méridien de Greenwitch, grâce au train."

Embarquement immédiat en compagnie de Marie-Eve Tesch, co-curatrice passionnée et passionnante !

En deuxième partie de Façons de Voir, Yves Robic s’est intéressé à Lode Janssens, pour l’exposition 'A Balloon Home'

Le CIVA présente jusqu’au 27 mars le travail intrigant et exigeant de cet architecte trop méconnu : Lode Janssens.

L’exposition est centrée sur la ‘maison ballon’, qu’il a construite et expérimentée à Humbeek, entre 1973 et 1982. Une tentative éphémère et sans concession d’harmonisation avec la nature. Une expérience de vie. Au centre de l’exposition conçue par les curateurs Peter Swinnen et Nikolaus Hirsch, une maquette fascinante à l’échelle ¼ du ‘ballon’.

Et si l’architecture pouvait nous aider à répondre à la question : qu’est-ce que cela veut dire 'vivre' ?

Beau programme.

© Lode Janssens / CIVA

Réalisation : Yves Robic

Façons de Voir est soutenu par la Direction des Arts Plastiques contemporains
et la Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


 

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