RTBFPasser au contenu
Rechercher

Regions

A Hamois, une couveuse pour maraîchers en herbe

Sur 5 hectares , au milieu des champs, le ferme de la Préale ressemble à un vaste chantier. Et pour cause : Depuis deux ans, cette ancienne exploitation laitière renaît de ses cendres . Elle accueille aujourd'hui des maraîchers, des producteurs de semences , d'herbes aromatiques aussi et bientôt une boulangerie, une halle et même des gîtes. C'est tout un écosystème local qui se met en place pour produire une agriculture durable, bio et respectueuse de la terre. Le capitaine de ce navire, c'est Olivier Lefebvre. Ancien président de la bourse de Bruxelles , ex chef de cabinet de Philippe Maystadt, cet économiste chevronné s'est découvert une nouvelle vocation en visionnant deux documentaires : "Une vérité qui dérange" d'Al Gore et "Demain" de Cyril Dion. Alors à l'âge de la retraite, avec son épouse, au lieu de se dorer la pilule au soleil, ils ont retroussé leurs manches et se sont lancés un fameux challenge.   

Cultiver les compétences

" Il faut beaucoup de compétences différentes pour se lancer dans ce type de maraîchage;  savoir conduire une cinquantaine de légumes différents en parallèle - on se prive évidemment des moyens chimiques d'intervention puisqu'on est sur du bio-  il faut des compétences techniques, commerciales , administratives, il faut aussi exister sur le net, sur les réseaux sociaux , donc c'est très multi compétent comme type d'activités". Et c'est souvent-là que le bât blesse explique Olivier Lefèbvre. Alors, pour éviter que ces jeunes ne se cassent les dents à la première difficulté ou mauvaise récolte venue , il a mis en place un système de couveuse pour accompagner ces jeunes entrepreneurs vers l'autonomie . Pendant 4 ou 5 ans, ils vont être encadrés, coachés, guidés pour mener leur exploitation à maturité. C'est le cas de Thomas Riguelle, un ancien graphiste devenu maraîcher et qui a monté les "jardins maraîchers de la Préale " avec deux associés : " il faut être bricoleur, connaître les plantes, gérer une activité...Il y a vraiment beaucoup de casquettes à porter, beaucoup de charge mentale et je conseillerais à tout le monde de le faire en équipe et mieux encore , avec ce système de couveuse". 

Un modèle qui nourrit son homme

Aujourd'hui, le revenu moyen d'un agriculteur se situe aux alentours de 21000 euros alors qu'il perçoit environ 18000 euros des subsides. Faites le calcul, hors subventions, ses revenus sont en réalité proches de zéro. Olivier Lefebvre en est convaincu : il faut changer de modèle agricole et rendre aux agriculteurs le contrôle de leurs marges. La bonne nouvelle c'est que selon lui, cette viabilité est parfaitement compatible une approche plus respectueuse de l'environnement. Il est en train d'en faire la démonstration, à son échelle. A Hamois donc mais aussi à Waterloo où un projet similaire a vu le jour.

Sur le même sujet

Semaine du bio : à la rencontre d’Alexandre Pochet, de peintre en bâtiment à maraîcher

Regions Namur

Hamois : du mobilier urbain à partir d’arbres cassés ou scolytés

Initiatives locales

Articles recommandés pour vous