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À l'Assemblée, Borne appelle à "bâtir ensemble" des compromis, met en garde contre "le désordre"

La Première ministre Elisabeth Borne devant l'Assemblée nationale, le 6 juillet 2022
06 juil. 2022 à 16:03Temps de lecture3 min
Par AFP

La Première ministre Élisabeth Borne a appelé mercredi les oppositions à "bâtir ensemble" des "compromis" pour répondre aux défis économiques ou climatiques, mettant en garde contre "le désordre et l'instabilité" lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale.

"Nous mesurons tous l’ampleur de la tâche: les Français à protéger, la République à défendre, notre pays à rassembler, la planète à préserver", a énuméré Mme Borne en ouverture d'un discours de 01H25, régulièrement interrompu sur les bancs de la gauche, qui avait peu auparavant déposé une motion de censure en signe de "défiance".

Tout en défendant le bilan du premier quinquennat Macron, la Première ministre a assuré avoir entendu "le message" des électeurs des législatives. Elle a exhorté les députés à dépasser les clivages et à redonner "un sens et une vertu au mot compromis".

Mise en garde contre les blocages

"Nous ne sommes peut-être pas d’accord sur toutes les solutions. Mais nous avons toutes et tous conscience de l'urgence et de la nécessité d’agir", a-t-elle dit.

La Première ministre a ainsi mis en garde contre tout blocage des institutions. "Face à de tels défis, le désordre et l'instabilité ne sont pas des options", a-t-elle mis en garde, déplorant que la vie politique ait été "trop longtemps (...) faite que de blocs qui s'affrontent".

Parsemant son allocution de références à ses prédécesseurs à Matignon, Mme Borne a aussi invoqué sous de vifs applaudissements la mémoire de grandes figures féminines à qui "la République a ouvert la voie".

Sur le fond, la Première ministre a assuré que le projet de loi pour le pouvoir d'achat, qui sera présenté jeudi en Conseil des ministres, comporterait des mesures "concrètes, rapides, efficaces" contre l'inflation et pour aider "les plus vulnérables".

L'écologie, la santé et les retraites

Sur le climat, Mme Borne a plaidé pour des "réponses radicales" pour transformer nos manières "de produire, de nous loger, de nous déplacer, de consommer", tout en rejetant la voie de "la décroissance".

Elle a aussi annoncé son intention de renationaliser à 100% EDF, actuellement détenu à 84% par l’État, en affirmant que "la transition énergétique passe par le nucléaire".

La Première ministre a aussi appelé à mettre en œuvre des "solutions structurantes" pour l'hôpital et a également abordé le dossier explosif des retraites, mis en sommeil depuis les législatives.

Oui, nous devrons travailler progressivement un peu plus longtemps

"Notre pays a besoin d’une réforme de son système de retraite. Elle ne sera pas uniforme et devra prendre en compte les carrières longues et la pénibilité", a déclaré Mme Borne, avant de réaffirmer la volonté de l'exécutif de relever l'âge de départ à la retraite.

"Oui, nous devrons travailler progressivement un peu plus longtemps", a-t-elle assuré sans donner plus de précisions, déclenchant une bronca à gauche qui a brièvement interrompu son discours.

Abordant le "combat de la sécurité", angle d'attaque récurrent de la droite et l'extrême droite, la Première ministre a promis la "fermeté" et apporté son soutien aux forces de l'ordre.

"Honte à ceux qui attaquent systématiquement nos policiers et nos gendarmes. Honte à ceux qui tentent de dresser les Français contre ceux qui les protègent", a-t-elle lancé, dans une allusion transparente au leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui avait accusé la police de "tuer".

La motion de censure en signe de défiance

Peu avant le début du discours, les députés de la coalition de gauche de la Nupes avaient, comme annoncé la veille, déposé une motion de censure en signe de "défiance" à l'égard du gouvernement.

"En l'absence de vote de confiance", qui n'a pas été demandé par la Première ministre, "nous n'avons d'autre choix que de soumettre cette motion de défiance", justifient les groupes LFI, PS, écologiste et communiste, alliés dans la coalition Nupes.

Craignant d'être renversée ou maintenue avec l'aide du RN, Mme Borne avait renoncé à ce vote, rejoignant ses sept prédécesseurs qui avaient renoncé à solliciter la confiance lors de leur déclaration de politique générale.

La motion de censure, qui ne sera pas examinée avant vendredi et requiert un vote à la majorité absolue, n'a toutefois quasiment aucune chance d'être adoptée.

Le RN et ses 89 députés ont d'ores et déjà affirmé qu'ils ne s'y associeront pas. S’affichant en "formation responsable", le groupe LR ne joindra pas non plus ses voix à la motion de censure de la Nupes.

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