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A la Chambre, Alexander De Croo, à nouveau interpellé sur la hausse des factures énergétiques, n’apporte pas (encore) de réponse

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27 janv. 2022 à 15:46Temps de lecture4 min
Par Jean-François Noulet

Lors de la traditionnelle session de questions orales à la Chambre, le dossier de l’augmentation de la facture énergétique à, une nouvelle fois, animé l’assemblée. Des députés de quasi toutes les formations politiques ont interpellé le Premier ministre sur la politique que le gouvernement fédéral compte mener pour alléger le poids de cette facture pour les ménages belges. Alexander De Croo est interrogé régulièrement à ce sujet par les députés. Cela a été le cas lors des deux précédentes séances de questions orales à la Chambre. Les réponses que le Premier ministre a formulées aujourd’hui sont assez semblables à celles apportées ces deux dernières semaines et ne comportent quasi-pas de précisions.

Pour de nombreux députés, il y a urgence

Au-delà de l’action ou l’inaction du gouvernement dans le dossier de la facture énergétique des ménages, c’est le fonctionnement du gouvernement qui s’est retrouvé sur la sellette ce jeudi après-midi à la Chambre. "Qu’avez-vous fait cette semaine ?", s’interroge Peter de Roover (N-VA). Pour Catherine Fonck (cdH), alors que les prix flambent, "l’Etat emmagasine le différentiel", faisant allusion aux taxes perçues sur les carburants et les produits énergétiques. Etonnement aussi pour Raoul Hedebouw (PTB) qui ne voit "toujours rien" et pour qui le gouvernement doit "décider de baisser la TVA de 21 à 6% ce soir", "sinon la colère des gens va être très grande", avertit le député du PTB.

Pour le PS, Malik Ben Achour, il faut "envoyer un signal très clair à ceux qui se lèvent le matin pour aller travailler et ressentent l’augmentation du coût de la vie".

Du côté socialiste flamand, Melissa De Praetere (Vooruit) égratigne le délai de trois mois réclamé par les fournisseurs pour adapter le taux de TVA dans les factures.

Pour Défi, François De Smet, "le prix de l’énergie s’ajoute à la longue liste des dossiers sur lesquels la coalition Vivaldi est incapable de prendre des décisions".

Du côté du CD&V, "nous recevons tous des courriels de citoyens en difficulté devant leurs factures", rappelle la députée Leen Dierick.

Baisse de la TVA, chèque énergie, etc : aucune piste concrète annoncée

Lors des deux précédentes séances de questions orales, à la Chambre, le Premier ministre, interrogé sur sa politique en matière de factures énergétiques avait déjà eu l’occasion de répondre.
Il avait expliqué que les solutions qu’adopterait le gouvernement en la matière devraient être limitées dans le temps, ciblées (sur un certain public) et être soutenables pour les finances de l’Etat.

Alexander De Croo avait aussi tenu à rappeler ce que le gouvernement avait déjà fait en la matière, notamment l’extension du tarif social, qui bénéficie à deux millions de personnes.

A part cela, Alexander De Croo expliquait que le gouvernement travaillait et analysait plusieurs pistes qui étaient sur sa table.

Ce jeudi, Alexander De Croo n’a pas vraiment apporté de précisions. Pas de réponse sur une éventuelle baisse de la TVA, réclamée par certains partis, y compris dans la majorité. Pas de réponse non plus sur un éventuel chèque énergie ou toute autre mesure.

Une fois de plus, il a rappelé les mesures déjà prises, comme l’élargissement du tarif social. Prévue jusqu’en fin mars 2022, cette mesure devrait être prolongée. "De mon point de vue, elle doit être prolongée après mars de cette année-ci. C’est le travail qu’on fait dans ce gouvernement", a affirmé Alexander De Croo pour qui il est "tout à fait logique que cette catégorie de deux millions de Belges qui ont le plus de mal" ne s’entende pas dire fin mars qu’il n’y a plus de mesure pour eux.

Alexander De Croo : "S’il y a une augmentation des recettes, il est inconcevable que les autorités conservent ces montants"

Pour Alexander De Croo, ce n’est pas la seule voie sur laquelle travaille le gouvernement. Ces derniers jours, le gouvernement a, selon le Premier ministre, cherché à évaluer l’impact de l’évolution des prix actuelle sur les finances de l’Etat, pour voir "les effets positifs et négatifs". "Il y a une augmentation des recettes" reconnaît le Premier ministre. Elle s’explique par la TVA perçue sur les produits énergétiques, par une plus forte contribution perçue des producteurs nucléaires. L’Etat a aussi dépensé moins en accordant moins de subventions à l’éolien Offshore. "Nous avons chiffré cela", explique le Premier ministre, sans en préciser le montant. D’autre part, rappelle Alexander De Croo, l’Etat fait face à des dépenses supplémentaires, par exemple via l’élargissement du tarif social.

Si le gouvernement a travaillé au calcul des recettes et des dépenses pour l’Etat dans ce dossier "énergie", Alexander De Croo n’a pas communiqué de chiffres. Tout au plus assure-t-il, "s’il y a une augmentation des recettes, il est inconcevable que les autorités conservent ces montants".

Reste à savoir quelle voie il faut suivre pour redistribuer le trop-perçu par l’Etat. Une fois de plus, ce n’est pas aujourd’hui qu’Alexander De Croo aura apporté des réponses. ll a évoqué une solution qui doit, pour les citoyens concernés, avoir des "effets à court terme". Mais cela ne dit rien de la piste à laquelle travaille le gouvernement. "Une solution ciblée, temporaire, que nous pouvons assumer financièrement", auront été les seules indications données par le Premier. Bref, le même discours qu’au cours des précédentes semaines.

 

 

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