L'oreille d'abord

A la découverte de la colonie MacDowell, "Villa Médicis" des Américains

L'oreille d'abord

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29 août 2022 à 09:38 - mise à jour 29 août 2022 à 10:01Temps de lecture3 min
Par Tania Markovic
L'Oreille d'abord
L'Oreille d'abord Musiq3

Pour la deuxième année consécutive, chaque week-end de l’été nous vous proposons une émission de nos collègues de la Radio – télévision Suisse. Il s’agit de L’Oreille d’abord, une série signée Catherine Buser. Nous avons sélectionné pour vous 9 épisodes qui vous porteront aux quatre coins du monde : du côté de la vieille Europe nous parcourrons successivement l’île grecque de Cythère, la lande bretonne ou encore la capitale du Danemark. Nous ferons aussi un tour de l’autre côté de la Manche chez nos voisins anglais sans oublier de rendre visite à leurs alliés américains en en profitant pour faire un crochet par le Mexique !

Pour ce voyage auditif laissez au placard matériel de randonnée, gourde, carte routière ou guide touristique. À l’heure où la planète brûle, nous vous proposons le tourisme le plus écologique qui soit : pas besoin de voiture ou d’avion pour quitter le plat pays, juste les oreilles et l’imaginaire…

Il y a de ces lieux magiques où tous les artistes, qu’ils soient peintres, écrivains, musiciens ou compositeurs, rêvent de poser leurs valises le temps d’un été. Dans cette " Oreille d’abord ", Catherine Buser nous emmène visiter un de ces lieux privilégiés. Il se trouve aux Etats-Unis dans le New Hampshire, au nord-ouest du pays, non loin de la ville de Peterborough. Il s’agit de la colonie MacDowell, une colonie d’artistes qui est un peu à l’Amérique ce que la Villa Médicis à Rome est au Vieux Continent : un lieu de résidence qui offre à des artistes triés sur le volet des conditions propices à la création. D’innombrables artistes sont passés par cette résidence. Ils ont pour nom Leonard Bernstein, Aaron Copland, James Baldwin ou encore Alice Walker. La colonie a été fondée en 1907 par la pianiste Marian MacDowell et son époux, le compositeur Edward MacDowell. Depuis sa création, pas moins de 61 prix Pulitzer ont été attribués à des artistes de la colonie, sans oublier des prix Mac Arthur, des prix du Guggenheim et même des Oscars du cinéma ! Mais la colonie MacDowell délivre aussi son propre prix. Tous les ans, au mois d’août, est organisé le Medal Day qui permet d’attribuer la médaille de la fondation à un artiste pour sa contribution significative à la culture. Il n’est pas indispensable que l’artiste récompensé ait séjourné à la colonie. Le Medal Day est le seul jour de l’année où la colonie est entièrement ouverte au public et les artistes en résidence font d’ailleurs visiter leurs studios. Parmi les artistes qui ont vu leur travail récompensé par la médaille de la colonie, on citera le danseur et chorégraphe Merce Cunningham, les peintres Georgia O’Keefe et Ellsworth Kelly et le grand Leonard Bernstein qui a reçu la médaille MacDowell en 1987. Bernstein a séjourné à trois reprises dans la colonie MacDowell au cours des années 1962, 1970 et 1972. Confortablement installé dans le studio Watson, il y a composé notamment sa Grande Messe pour soli, chœur et orchestre. Le studio Watson a été ajouté à la colonie MacDowell en 1916, il est normalement réservé aux compositeurs et doit leur servir de studio et de salle de musique de chambre mais la colonie a très vite abandonné l’idée d’organiser des concerts parce que trop dérangeants pour le reste des pensionnaires. Le studio Watson est bien caché dans les bois. Imaginez une maison de style coloniale avec le fronton principal orné d’un joli portique avec alignements de colonnes de style dorique romain. D’innombrables personnalités y ont également séjourné, parmi lesquelles la compositrice Amy Beach.

La compositrice et pianiste Amy Beach en 1900
La compositrice et pianiste Amy Beach en 1900 Getty Images

Amy Beach était une habituée de la colonie MacDowell. Dans les dernières décennies de sa carrière, elle y a passé la plupart de ses étés à composer. Elle a également beaucoup encouragé les jeunes compositrices qui la rencontraient dans la colonie et qui l’appelaient volontiers " tante Amy ". A sa mort elle a laissé plus de 300 compositions publiées et plus encore de musique qui n’a été publiée que très récemment. Dans son testament, Amy Beach a fait de la colonie Mac Dowell l’héritière de ses droits d’auteur et des royalties issues de sa musique.

 

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