RTBFPasser au contenu
Rechercher

Murmures du monde

A la découverte de la musique modale arabe et orientale

17 juin 2022 à 08:31Temps de lecture3 min
Par Hélène Van Loo

Avec ses traditions musicales plusieurs fois millénaires, L’Orient distille certaines musiques parmi les plus sophistiquées de la planète. Ses répertoires savants ou populaires font les délices des mélomanes. Hélène Van Loo vous plonge dans les musiques d’Orient.

Des rives de la Méditerranée jusqu’aux confins du Bengladesh, les musiques se déroulent en structures modales propres à chaque culture. A l’extrême est du continent s’ouvre un monde aux mélodies étranges et belles, tandis qu’en sa partie sud-est fleurit une hétérophonie exquise.

Les maqamats

Le proche et le moyen Orient sont le domaine des musiques modales, c’est-à-dire des expressions musicales basées sur des modes, les Maqam, dont les degrés sont classés selon une hiérarchie bien précise. Par ailleurs, chaque mode présente un ensemble de connotations sociales et affectives, qui varie d’une culture à l’autre.

Le maqam est donc un mode mélodique de la musique classique arabe. Il est la base de la musique modale arabe et orientale, base sur laquelle se jouent les improvisations et les suites.

Le maqam arabe ou maqamat au pluriel est donc un système d’échelle complexe.

Chaque maqam a donc une échelle donnée, un schéma donnant aux musiciens et aux chanteurs une ou plusieurs notes de base. Plus qu’une gamme c’est un système d’organisation.

Les maqamats correspondent à des humeurs et aux moments de la journée et chacun correspond donc à une émotion particulière.

Un instrument emblématique…

Difficile de passer à côté de cet instrument. Le oud est l’instrument accompagnateur par excellence des sessions instrumentales ou vocales formelles et informelles, professionnelles et amatrices, notamment au Proche et Moyen Orient.

En tant qu’objet, le oud est unique, au gré des différentes manufactures nationales, voire des innovations individuelles des joueurs. Il permet également comme nul autre instrument d’explorer les subtilités de l’improvisation autour des dizaines de maqams existants. Et si le oud est omniprésent dans les musiques classiques du monde arabe, il se prête à la réinvention perpétuelle grâce au jeu et aux explorations de certains virtuoses.

Chaque pays compte ses stars historiques, comme c’est le cas en Egypte avec Mohammed Qassabji.

Si Chaque pays compte ses stars historiques, l’école dite de Bagdad se distingue depuis les années 40 par la sophistication des maqams auxquels elle est associée ainsi que par la place qu’elle donne au soliste. Le joueur de oud irakien Mounir Bachir en est le représentant le plus connu.

Chaque album de Mounir Bachir est une prouesse d’improvisation que l’on nomme taqsim, il propose un va-et-vient constant entre retenue et passion, qu’il s’agisse de tisser une toile autour des maqams irakiens, de s’aventurer vers les ragas indiens, ou de retrouver les mélodies traditionnelles.

Mounir Bachir a été influencé par certains aspects de la musique européenne et indienne, et il réinterroge ce que signifie en musique le concept de pureté, si ce dernier peut même exister.

Les plus traditionalistes privilégient ses albums instrumentaux mais reconnaissent que la collaboration entre Mounir Bachir, son quartet et la chanteuse libanaise Nouma el Hana, enregistré dans les années 70, est un bijou…

Le oud, référence majeure de la musique classique arabo-andalouse

Aux confins d’influences indo-persanes et méditerranéennes, et à travers l’expansion de l’Islam au VIIsiècle, le oud devient donc la référence majeure de la musique classique arabo-andalouse. Aujourd’hui, des musiciens de culture arabe comme Driss El Maloumi ou Naseer Shamma donnent un nouvel essor musical à cet instrument historique…

En effet, avec son oud, Naseer Shamma veut écrire la "nouvelle mémoire" de l’Irak.

A près de 60 ans, celui qui a étudié avec Mounir Bachir, ce grand prêtre du oud irakien aujourd’hui disparu, a toujours le don de s’émerveiller lorsqu’il évoque son instrument et ceux qui l’accompagnent. Exilé en 1993 après un séjour dans les geôles de l’ancien dictateur Saddam Hussein, il est revenu une première fois en Irak en 2012. Entretemps, Naseer Shamma, qui habite à Berlin, a vécu au Caire et a essaimé des Maisons du luth arabe dans tout le Moyen-Orient.

De quoi s’attirer une solide communauté d’admirateurs, du Maroc à l’Iran.

Le quartette Bab Assalam, qui réunit musiciens syriens et français, raconte l’envoûtant voyage de Zyriab, jeune oudiste du IXsiècle, sur les chemins de l’exil. La musique, subtile et complexe, oscille entre traditionnel oriental et rock électro occidental, oud, chant, clarinette, guitare électrique et percussions.

Anouar Brahem invente une musique à la fois totalement ancrée dans une culture ancestrale et éminemment contemporaine. Dans les contextes les plus variés, à travers notamment sa longue expérience avec le label emblématique ECM, il lie avec habileté le savant héritage musical arabe avec le jazz…

Des musiques et des sonorités à découvrir dans l’émission Murmures du monde d’Hélène Van Loo.

Murmures du monde

A la découverte de la musique modale arabe et orientale

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Embarquez pour l’Iran avec le concert du groupe Atine qui propose une musique chargée d’influences ancestrales

Murmures du monde

Concert à écouter : le trio argentin Aca Seca, l’un des projets les plus originaux du folklore actuel

Murmures du monde

Articles recommandés pour vous