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Coronavirus

"À la fin de la journée, on est des lavettes, on ne sait plus rien faire": de plus en plus d’infirmiers quittent les soins intensifs

Les infirmiers veulent quitter les soins intensifs

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21 mai 2022 à 18:20 - mise à jour 22 mai 2022 à 07:503 min
Par Marie-Laure Mathot sur base du sujet de Sylvia Falcinelli

Ce vendredi, le code jaune a été définitivement levé. Les voyants sont au vert pour l’été qui s’annonce. Toutefois, la pandémie a laissé des traces dans les hôpitaux. Particulièrement aux soins intensifs où le personnel infirmier est épuisé. Une enquête du KCE, le Centre fédéral d’Expertise des Soins de santé tire d’ailleurs la sonnette d’alarme. Ils sont de plus en plus nombreux à fuir les soins intensifs.

Des soignants masqués, harnachés, affairés, dans des services débordés… Ces images de la pandémie ont marqué les esprits. Mais pour ceux et celles qui les ont vécues de l’intérieur, cela va bien plus loin, au point parfois de signifier un tournant dans leur vie professionnelle. C’est exactement ce qui s’est passé pour Ilenia.

"C’était difficile à vivre humainement parlant et puis voir les patients dans cet état… Ils sont seuls, vont peut-être mourir seuls. Nous, on est impuissants parce qu’on ne connaît pas encore de traitement pour les sauver."

Aujourd’hui la jeune femme est en reconversion professionnelle car, même sans le covid, elle ne veut plus des journées harassantes aux soins intensifs.

"Je faisais presque deux heures de sieste. C’était fatigant au niveau cérébral car on était tout le temps sollicités. On doit tout le temps faire attention aux patients. À la fin de la journée, on est des lavettes, on ne sait plus rien faire."

Selon l’enquête du KCE, Ilenia est loin d’être isolée. En Wallonie et à Bruxelles, aux soins intensifs, plus de la moitié du personnel infirmier pense désormais à quitter son emploi et plus de la moitié est à haut risque de burn-out. Mais ces chiffres varient beaucoup d’un hôpital à l’autre. Et c’est l’environnement de travail qui peut faire la différence.

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