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Le Victoria & Albert Museum à Londres s'intéresse aux objets cassés

L’exposition "R for Repair" se tient jusqu’au 2 novembre au V&A Museum de Londres.

© Photographie Imagery by Zuketa Film Production

29 sept. 2022 à 09:12 - mise à jour 29 sept. 2022 à 11:23Temps de lecture2 min
Par AFP

Jeter ou (essayer) de réparer, telle est la question avec les objets cassés. Le Victoria & Albert Museum de Londres opte pour la seconde option dans sa nouvelle exposition, "R for Repair".

Cette exposition a été conçue en partenariat avec le DesignSingapore Council et le National Design Centre à Singapour. Ce dernier avait accueilli la première édition de "R for Repair" en janvier 2021. A l’époque, l’établissement avait invité ses visiteurs à lui confier des objets endommagés qu’ils affectionnent tout particulièrement. Ils étaient alors confiés à des designers qui leur donnaient une nouvelle apparence, tout en conservant leur essence.

Le Britannique Oli Stratford a toujours été très attaché à ce macareux en bois, qu’il a baptisé Graham.

La seconde édition de l’exposition reprend le même principe, à l’exception qu’elle incorpore des objets provenant du Royaume-Uni et de Singapour. Des designers et studios de création originaires des deux pays les ont réinventés de façon innovante. Citons, par exemple, un macareux en bois appartenant à Oli Stratford. Le Britannique a toujours été très attaché à cet objet décoratif, qu’il a baptisé Graham après que ses parents lui en ont fait cadeau pour son trentième anniversaire. "Malheureusement, Graham a été attaqué dans la nuit par mon chat Edward, et le pauvre petit n’a plus jamais été le même depuis lors", comme il l’écrit dans une note explicative, exposée à côté du pingouin dans le cadre de “R for Repair”. Le Singapourien Ng Si Ying lui a redonné du panache en utilisant une technique complexe de tressage du rotin.

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Ailleurs dans l’exposition, les visiteurs peuvent découvrir une soucoupe provenant de chez Maxim’s que STUDIO DAM a réparée à la demande d’Andrew et de Karen Birkin. La sœur d’Andrew, Jane Birkin, aurait subtilisé cette assiette en porcelaine dans le fameux restaurant parisien durant la soirée du Nouvel An de 1975. Elle l’aurait toutefois fait tomber le soir même. L’agence de design a utilisé des agrafes métalliques pour la réparer, afin de faire un clin d’œil au film "L’Odyssée de l’espace" sur lequel Andrew Birkin a travaillé au début de sa carrière.

L’ingéniosité du STUDIO BAM et de tous les autres designers participant à "R for Repair" montre à quel point il est facile — et amusant — de donner une seconde vie à des objets endommagés. De quoi redonner ses lettres de noblesse à l’art de la réparation pour Jane Withers, l’une des commissaires de l’exposition. "[Cette initiative] célèbre les possibilités que nous offre la réparation en tant que processus créatif, quelque chose qui ajoute de nouvelles couches à l’identité et à la signification d’un objet — en abordant l’émotionnel aussi bien que le fonctionnel", explique-t-elle dans un communiqué.

L’exposition "R for Repair" se tient jusqu’au 2 novembre au V&A Museum de Londres, dans le cadre du London Design Festival.

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