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"À nous la nuit" : lutter contre les agressions sexistes en milieu festif à Liège

14 mars 2022 à 15:51Temps de lecture2 min
Par Erik Dagonnier

En quelques mois, Le hashtag "Balance ton bar Liège" a recueilli une cinquantaine de témoignages de femmes victimes d’agressions dans les bars liégeois. On se rappelle qu’en octobre dernier, la révélation de plusieurs violences sexuelles dans des cafés d’Ixelles avait provoqué le mouvement "balance ton bar". Depuis, un peu partout, des femmes parfois jeunes ont témoigné avoir été droguées à leur insu et agressées dans des cafés par des serveurs, des clients ou des inconnus. Liège, comme cité festive n’échappe évidemment pas au phénomène. Un phénomène mal connu pour lequel on n’a pas de réelles statistiques.

La page Instagram "Balance ton bar Liège" a publié 48 témoignages de femmes et de jeunes filles victimes d’agressions
La page Instagram "Balance ton bar Liège" a publié 48 témoignages de femmes et de jeunes filles victimes d’agressions © Tous droits réservés

Balance ton bar Liège

Sur les 48 témoignages anonymes recueillis sur Instagram, la plupart des agressions ont eu lieu dans le Carré. Mais aucun lieu n’est épargné : Place du marché, Roture…
Éléonore Goffin travaille pour l’asbl Kultura. C’est elle qui a lancé le compte "Balance ton bar Liège". "Ça peut aller de l’agression physique genre "main aux fesses" par exemple au viol et beaucoup de cas de soumission chimique."

31 témoignages sur les 48 : droguées à leur insu

Droguées à leur insu : 31 témoignages sur 48

Les victimes décrivent souvent le même modus operandi : "la personne arrive dans le Carré avec des amies -dans le cas du Carré en tout cas-, après avoir bu des fois souvent même deux trois verres maximum, elle commence à se sentir mal, à défaillir et après tomber dans un trou noir pour se réveiller quelques heures après pas nécessairement dans le lieu où elle était à la base où elle faisait la fête au départ."

À l’hôpital, les victimes sont rarement prises au sérieux

Les témoignages par contre ne permettent pas de dresser un profil type de l’agresseur. Quant au suivi de l’agression par les victimes, "majoritairement, elles n’ont rien fait après. Elles sont rentrées chez elles ou alors elles sont allées dans quelques cas à l’hôpital où elles n’ont pas nécessairement été prises au sérieux parce qu’il y a ce cadre festif, donc on s’alcoolise… mais la personne, elle connaît son corps, elle sait qu’il y a quelque chose qui n’est pas normal."

A côté du message clair au Kultura de Liège, Zoé Lejeune du collectif "À nous la nuit"
A côté du message clair au Kultura de Liège, Zoé Lejeune du collectif "À nous la nuit" Erik Dagonnier

Le collectif liégeois "À nous la nuit"

Avec le nouveau collectif "A nous la nuit", Eleonore espère maintenant sensibiliser et aider le milieu festif liégeois à se protéger des violences sexistes et sexuelles. Et promouvoir une vie nocturne plus sûre : formation, sensibilisation, action sur les lieux, aide à la prise en charge… "On a eu l’idée que la personne qui fait la fête ne soit pas seulement consommateur de la fête mais aussi acteur de la fête, veiller les uns sur les autres mais aussi l’idée qu’il y ait une personne sur place, une personne référence vers qui on peut aller en cas de soucis.

Des veilleurs/euses pour intervenir en cas d’agression

On souhaite mettre en place une équipe de bénévoles, de veilleurs ou de veilleuses sur le lieu même et des personnes qui sont formées pour pouvoir intervenir en cas d’agressions ou de violences sexuelles ou sexistes. Il y aura un signe distinctif qui lui permettrait d’être identifiée par une victime. Quelqu’un qui se fait mettre une main au cul, elle sait qu’elle peut aller trouver directement cette personne et qu’elle va faire en sorte que son agresseur puisse être sorti ou en tout cas quelqu’un va se charger de l’agresseur et quelqu’un d’autre va se charger de la victime et faire en quelque sorte qu’elle puisse être dans un lieu plus calme pour parler, pour se reposer, pour boire un verre d’eau et on pourra éventuellement lui proposer même de prendre un taxi, s’assurer en tout cas qu’elle rentre saine et sauve chez elle."

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