Santé & Bien-être

A partir de ce lundi, le vaccin contre le papillomavirus est remboursé pour les garçons de moins de 18 ans

L'invité dans l'actu

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01 août 2022 à 08:54 - mise à jour 01 août 2022 à 09:55Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck sur base de l'invité dans l'Actu d'Aline Gonçalves

A partir de ce lundi 1er août, les adolescents et adolescentes auront le même accès au remboursement du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV). Jusqu’à présent, seules les jeunes filles âgées de moins de 18 ans étaient vaccinées gratuitement. C’est donc au tour des garçons de bénéficier du même régime.

A l’origine de ce changement : une plainte introduite par un adolescent - soutenue par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes -, estimant qu’il était discriminatoire de devoir payer son vaccin, contrairement aux filles du même âge. Le 30 mars dernier, le tribunal du travail de Bruxelles lui a donné raison. Selon lui, le régime de remboursement de la vaccination contre le HPV constituait une infraction à la Loi Genre et à la loi Anti-discrimination.

Le cas a été généralisé depuis lors… Et désormais, tous les garçons ont droit à la vaccination dans les mêmes conditions que les filles.

A l’époque, le régime de différenciation pouvait s’expliquer par la réputation de ce virus, souvent considéré comme un problème féminin. Ce faisant, les garçons se sont longtemps fait vacciner "par solidarité", dans le but de ne pas transmettre le virus à leur partenaire.

Mais nous savons aujourd’hui qu’il s’agit d’une idée reçue, et qu’il existe également des bénéfices pour la santé des garçons. En effet, les HPV sont responsables de la majorité des cancers de la bouche, la gorge, l’anus et le pénis. 

"En ce qui concerne les condylomes, donc les verrues génitales, pour la Belgique, ça fait quand même à peu près 8000 cas par an pour les garçons. Ce n’est donc pas négligeable. Et on retrouve quand même quelques centaines de cas de cancers ORL potentiels également, puisque chez les hommes, les cancers HPV — de la sphère ORL — sont plus fréquents que chez les femmes", explique Michel Bossens, gynécologue à la retraite.

Quelle efficacité ?

Le vaccin contre le papillomavirus humain est relativement récent. "Les premières publications datent d’il y a une bonne vingtaine d’années", explique Michel Bossens.

On commence donc petit à petit à avoir du recul sur son efficacité. "Les grandes campagnes de vaccination ont commencé en 2007-2008… Donc on voit maintenant les premiers effets sur les cancers. On a vu très vite un effet très net sur les lésions précancéreuses", note le gynécologue. Une réduction des cancers liés aux HPV se remarque également en Belgique.

Qui, quand, où, comment ?

En Belgique, la vaccination peut se faire de deux façons différentes. Soit via l’école. "Des campagnes sont organisées dans tout le pays, y compris dans la Fédération Wallonie-Bruxelles. La vaccination est organisée en deuxième année secondaire, et c’est entièrement gratuit."

Mais les médecins généralistes peuvent également vacciner contre le papillomavirus humain. "Soit le médecin peut lui-même commander le vaccin auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles et c’est également gratuit. Soit il va faire une ordonnance et le patient va chercher le vaccin à la pharmacie. Dans ce cas-là ce n’est pas tout à fait gratuit. Il y a un remboursement, mais il y a un ticket modérateur de l’ordre d’une dizaine d’euros, pour autant qu’on ait moins de 18 ans révolus."

A noter qu’en termes de taux de vaccination, il existe une véritable disparité entre le sud et le nord du pays. "D’emblée, en Flandre, on a obtenu, via la vaccination scolaire, environ 90% de couverture. Dans la partie francophone du pays, c’est beaucoup plus laborieux", analyse Michel Bossens.

"Les chiffres ne sont pas très précis, donc les recueils de statistiques sont difficiles en Fédération Wallonie-Bruxelles… mais on a de l’ordre de la moitié de la population ciblée qui est vaccinée. En particulier, la région bruxelloise et le Brabant francophone sont assez mal couverts. C’est mieux du côté de Namur et de Liège, où on atteint de l’ordre de 70%."

Comment explique-t-on de telles disparités ? "La réponse n’est pas absolue", comme l’explique Michel Bossens. "Il y a des facteurs culturels qui jouent certainement. Si on se compare par exemple à d’autres pays, il est clair que la Flandre réagit à peu près comme l’Angleterre, où presque tout le monde est vacciné, et que la partie francophone réagit un peu comme la France, où il y a une grande hésitation vaccinale."

Reportage JT du 1er août 2022 :

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