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On n'est pas des pigeons

A quand un permis à points en Belgique ?

13 nov. 2020 à 11:30 - mise à jour 13 nov. 2020 à 11:32Temps de lecture2 min
Par Françoise Walravens

Virtuellement, le permis à points existe en Belgique depuis 1990 mais en réalité, il n’a jamais été mis en place et est toujours en cours d’examen.

Viser les récidivistes

Enterré par le précédent ministre des Transports et de la Mobilité, François Bellot, et voulu par son homologue flamand Ben Weyts, le permis à points revient sur la table du gouvernement De Croo.

Le 10 novembre, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, a annoncé à la Chambre qu’il souhaitait faire de ce projet une priorité durant cette législature.

L’alcool au volant, les excès de vitesse et la conduite inappropriée constituent les trois axes essentiels.

Pour Vincent Van Quickenborne, il ne s’agit pas de sanctionner plus lourdement les petites infractions, mais bien de s’attaquer aux récidivistes. L’alcool au volant, les excès de vitesse et la conduite inappropriée constitueront trois axes essentiels. Le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet, doit présenter sa note le 24 novembre prochain.

L’avantage d’un permis à point est de déterminer les récidivistes qui commettent une grande majorité des infractions et de les sanctionner pour leur faire comprendre que leur comportement est inadéquat. Il y a aussi un côté éducatif, car pour récupérer des points, les "mauvais conducteurs" doivent suivre des cours de sensibilisation à la sécurité routière.

Est-il réellement nécessaire ?

En 2018, le permis à points a été analysé par l’Institut de Sécurité Routière, VIAS. Une analyse qui sera remise à jour aujourd’hui afin de voir si les choses ont évolué entre-temps. Mais à ce moment-là, la conclusion de l’étude était assez claire, explique Benoît Godart, Porte-parole de l’Institut Vias : " Pas de permis à points tant que le risque de se faire contrôler n’augmente pas !"

On pourrait avoir les avantages du permis à points sans les inconvénients, comme son coût.

On peut se poser la question de sa nécessité, souligne Benoit Godart : " On a aujourd’hui une base de données "Mercurius" qui permet d’identifier les automobilistes qui commettent régulièrement des infractions. Et déjà aujourd’hui, on pourrait à un certain moment tirer la sonnette d’alarme et les envoyer devant le tribunal. On aurait les avantages "du permis à points" sans avoir les inconvénients, notamment le coût qui est faramineux ! Le montant total doit encore être déterminé en fonction de nos études. " En 2018, Le coût d’un tel permis à point, selon les analyses de l’Institut VIAS, était de 8 millions d’euros par an !

Du temps pour le mettre en route

Il existe en Europe une vingtaine de permis à points différents. Il est encore trop tôt pour savoir de quel type serait-il chez nous. Il y a certains permis où on perd des points comme en France. D’autres où les points augmentent comme c'est le cas en Allemagne. Au Pay-Bas par exemple, certains permis à points sont en place uniquement pour les jeunes conducteurs.

Si permis à points il y a, ce ne sera pas avant quelques années !

Quant à la question : "Quand est-ce que ce permis à points va voir le jour", Benoît Godart est clair : " c’est encore beaucoup trop tôt pour le dire mais si permis à points il y a, il ne pourrait pas voir le jour avant quelques années car il faut le préparer. Il faut voir par exemple si les sanctions, comme celles des déchéances qui existent déjà, peuvent être cumulées avec des pertes de points. C’est une analyse qui va prendre du temps."

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