Transversales

À quand une éducation à la sexualité progressive, tout au long de la scolarité ?

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Depuis 10 ans, des séances d’éducation affective et sexuelle, pour les adolescents et les plus jeunes, sont théoriquement obligatoires dans les écoles de Belgique. Il y est question de contraception, de rapport au corps, d’IVG, d’orientation sexuelle,… de consentement aussi. Autant de sujets qui doivent être abordés pour lever des tabous et informer au maximum. Mais on en est bien loin, en raison notamment d’un manque de moyens humains et financiers.

C’est exactement la même chose en France, comme le montre ce reportage réalisé dans le nord du pays. Les séances d’éducation à la sexualité sont censées être proposées régulièrement par le Planning familial dans les établissements scolaires, mais il ne peut pas tous les couvrir, par manque de moyens humains et financiers.

Pourtant, c’est inscrit dans la loi : depuis 2001, 3 séances doivent avoir lieu chaque année, à l’école, au collège et au lycée.

Des outils pour libérer la parole

Nous suivons d’abord des élèves du Lycée Henri Darras, à Liévin, qui vont participer, pendant deux heures, à une séance d’éducation à la sexualité et à la vie affective, organisée par le planning familial. Face au sujet, les adolescents sont d’abord maladroits, mal à l’aise, puis ils se détendent parce qu’ils ont plein de questions.

Pour parler aux jeunes de la sexualité dans son ensemble, l’animateur a recours à différents outils, tels que le débat mouvant, le but étant de les rendre acteurs.

"On essaie d’intervenir notamment sur la notion du consentement, en outillant, en essayant de faire des activités, des jeux, des pratiques, pour qu’ils s’entraînent à savoir dire ce genre de choses, à reconnaître leurs limites, celles des autres. On essaie d’avoir cette approche globale et ça relie également aux questions de violence, que ce soit les violences conjugales, sexistes, sexuelles, familiales. La violence, notamment conjugale, est souvent pensée comme un truc pour les couples adultes ou mariés, et pas comme quelque chose qui les concerne aussi, en tant que couples de jeunes."

Initiation aux préservatifs lors d’un cours d’éducation sexuelle
Initiation aux préservatifs lors d’un cours d’éducation sexuelle Photo by Vincent LECOMTE/Gamma-Rapho via Getty Images

Une éducation à la sexualité tout au long de la scolarité

Les jeunes parlent rarement de ces sujets avec leurs parents, c’est pourquoi les cours au lycée sont si importants. L’institution scolaire est légitime pour l’éducation à la sexualité et doit être un lieu de discussion.

C’est généralement en 4e qu’a lieu la première séance, voire la seule séance que les jeunes vont avoir dans leur parcours scolaire. Le problème est que, pour les jeunes, cela arrive soit trop tôt, soit trop tard. Et ils remettent en question ce côté "panique morale des adultes qui semblent découvrir que les jeunes ont un sexe".

Quand l’éducation à la sexualité est progressive et continue, au fil des âges de la vie, quand elle parle à la fois de ce qu’est le corps, de la loi, du plaisir, du désir, il n’y a pas ce sentiment de 'trop tard' ou de 'trop tôt', et donc 'je ne suis pas concerné'. A un moment, c’est le bon moment et on sait que l’année prochaine, on pourra poser d’autres questions ou avoir l’occasion d’en parler avec quelqu’un d’autre, explique une sociologue.

Un manque de formation

Parler de sexualité et de vie affective tout au long de la scolarité et dès le plus jeune âge, c’est essentiel. Le problème est que les enseignants ne sont pas formés ni outillés par l’Education nationale. Ces questions touchent à l’intime et tous ne sont pas forcément à l’aise pour en parler avec leurs élèves.

Il faut donc une vraie volonté et une envie de la part des professeurs et du personnel de l’école, de l’infirmière, des chefs d’établissement, pour effectuer ces sensibilisations. Pour les aider à aborder ces questions, il existe par exemple toute une littérature de jeunesse qui peut servir d’outil.

Quand Internet prend le relais

Quand l’école ne répond pas aux interrogations des ados sur la sexualité, ils se tournent alors vers Internet, vers le porno, lieu de visibilité des corps, des positions sexuelles…, ou vers les comptes ou les podcasts axés sur le sujet.

Ecoutez ci-dessus la suite du reportage signé Alice Verbeke.

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