A quoi ressemblera la maison de l'ère post-Covid ?

07 oct. 2020 à 04:30Temps de lecture2 min
Par Daphné Van Ossel

Pendant le confinement la maison est devenue un bureau, une cour de récré, une salle de classe, une salle de sport, une salle de réunion, une salle de cinéma… Autrement dit, un espace multifonction, mais qui n'a pas toujours été fonctionnel.

Les architectes redessinent déjà nos futures habitations pour mieux les adapter. Le célèbre éditeur de mobilier Vitra a notamment étudié la question. Ses experts font un parallèle historique : à l’image de la tuberculose qui a façonné l’architecture moderniste, le Covid-19 va influencer l’architecture du futur.

Partout dans le monde, depuis le confinement, des citoyens envisagent de quitter la ville pour avoir plus d’espace extérieur. Pour ceux qui restent dans les centres urbains, il faudra un minimum d’espace pour respirer : un jardin partagé, un balcon, un patio ou encore une toiture verte.

 

Il faudra à l'avenir essayer de prévoir un minimum d'espace extérieur pour les habitations.
Il faudra à l'avenir essayer de prévoir un minimum d'espace extérieur pour les habitations. © Vitra

A l’intérieur, on voudra respirer de l’air non pollué, les systèmes de ventilation et de filtration de l’eau devraient se répandre. Tout comme les triples vitrages ou autres systèmes d’isolation qui permettront d’alléger la facture énergétique alourdie par le télétravail.

Le loft new-yorkais moins glamour

L’entrée pourrait s’inspirer du "genkan" japonais : un petit sas où laisser ses chaussures et ses vêtements. En y ajoutant un évier pour se laver les mains, ça donnerait une sorte de sas de décontamination.

Un sas d'entrée japonais (ginkan)
Un sas d'entrée japonais (ginkan) © Andrea Hale

L’habitation idéale offrira aussi des espaces pour s’isoler. Ces derniers temps, le nec plus ultra c’était la cuisine ouverte, sur la salle à manger et le salon, ou l’image sexy du loft new-yorkais. Ça marche quand on va au boulot ou à l’école, ça marche beaucoup moins quand tout le monde se retrouve à la maison.

Du mobilier léger et mobile

Idéalement, les espaces devront être modulables. Les designers pensent à du mobilier léger et mobile, à des parois sur roues, ou des solutions inspirées des open spaces, comme un canapé avec un dossier haut qui fait office de mur. Il faudra aussi du mobilier ergonomique, des chaises de bureau mais qu’on a envie de voir dans son salon.

Du mobilier inspiré des open spaces.
Du mobilier inspiré des open spaces. © Vitra

Et puis on prévoit aussi le retour du garde-manger, pour stocker des denrées en cas de problème. La designer Ilse Crawford rappelle que pour qu’un logement soit fonctionnel, on dit qu’il doit comprendre 15% d’espace de rangement, or c’est la première chose qu’on élimine quand l’espace est restreint.

Cela dit, Michelle Ogundehin, consultante et ex-rédactrice en chef du Elle Décoration UK, 80% des habitations dans lesquelles nous vivrons en 2050 ont déjà été construites. Il faudra donc, selon elle, avant tout penser autrement, se débarrasser de nos vieux réflexes. Pourquoi par exemple toujours mettre les chambres à l’étage ? On pourrait dormir dans une pièce plus sombre au rez-de-chaussée, et profiter des pièces plus lumineuses à l’étage pour les espaces de vie.

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