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A Salzbourg, Romeo Castellucci réunit Bela Bartok et Carl Orff

Carnets d'opéra

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Tout cet été, Nicolas Blanmont vous propose ses Carnets d’Opéra émis depuis les plus prestigieuses maisons d’opéra européennes.

Le Château de Barbe-Bleue, l’unique opéra de Bela Bartok, est un concentré d’opéra, une heure de postromantisme vénéneux avec deux personnages seulement. Une pépite qu’on n’ose pas afficher seule, de crainte que le public pense ne pas en avoir assez pour son argent, et qu’on marie donc à une autre pièce de Bartok (à la Monnaie, voici peu, c’était Le mandarin merveilleux) ou à un autre opéra aussi bref.

© SF / Monika Rittershaus

A Salzbourg, on y adjoint Carl Orff. Le compositeur des Carmina Burana ? Oui, et de quelques opéras. Mais ce ne sont ni les Carmina ni un des opéras de Orff qui ont été choisis, mais son oratorio De Temporum Fine Comoedia, une œuvre créée justement à Salzbourg en 1973 (sous la direction de Karajan !) mais peu jouée depuis.

Il faut dire que cette Comédie de la fin des temps chantée tour à tour en grec ancien, en latin et (plus rarement) en allemand porte la marque de son époque, une époque où l’expérimentation était de mise et où l’on se souciait peu de plaire au public : les chœurs s’y expriment souvent a cappella, on y parle et crie presque autant qu’on y chante et les percussions dominent dans l’orchestre. A tel point que, en concert, on s’y ennuierait vite : mais le génie de Castellucci consiste justement à trouver les images et les mouvements qui semblent donner un sens à la partition. Dans la fosse, le metteur en scène italien retrouve son complice salzbourgeois habituel, Teodor Currentzis, cette fois à la tête du Gustav Mahler Jugendorchester. Les solistes pour l’opéra de Bartok sont Mika Kares et Ausrine Stundyte.

Salzbourg, Felsenreitschule, les 15 et 20 août ; www.salzburgerfestspiele.at

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