Regions Liège

A Verviers, trois églises classées dans un état lamentable

Le sol et les murs dénudés de Saint-Lambert à Verviers.

© RTBF - François Braibant

C’est une conséquence des inondations de l’été dernier. Les églises Saint-Remacle, Saint-Lambert et Notre-Dame des Récollets à Verviers ont besoin d’une très sérieuse rénovation. Seuls des travaux conservatoires ont pu commencer. Avant de commencer à réparer, il faut d’abord réinstaller le chauffage qui permettra d’assécher les bâtiments.

Un mètre trente aux récollets

A Notre-Dame des Récollets, l’eau est montée jusqu’à un mètre trente. Il a fallu enlever tous les lambris anciens en chêne pour les faire sécher. Tout cela est entassé au milieu de l’église, à la place des bancs. Sans le chauffage, détruit par l’inondation, le séchage est inefficace. Des dégâts apparaissent plusieurs mois après la catastrophe, comme des moisissures derrière des peintures ou les orgues qui ne fonctionnent plus.

La sacristie de Notre-Dame fait pitié. Un meuble en chêne, lourd de plusieurs centaines de kilos, porte encore des milliers de petits points de boue, comme s'il avait flotté. Il a fallu arracher les lames du parquet centenaire pour éviter la pourriture. La sacristie de Saint-Lambert est dans un état pire encore. On y marche sur la terre battue. Un déshumidificateur tourne. Dans la nef de l’église, le revêtement des murs est arraché jusqu’à deux mètres de hauteur. Au sol apparaissent deux surfaces sans pavement. Le confessionnal en chêne a été posé à sécher sur des cales.

Le sol raviné sous le pavement

L’eau est montée moins haut à Saint-Remacle, mais il y en a quand même eu 25 centimètres qui ont suffi à détruire le système de chauffage. L’eau s’est infiltrée sous le pavement et a raviné le lit de gravier sur lequel reposent les dalles. A plusieurs endroits dans l’église, le sol est devenu inégal et présente des fosses profondes de plusieurs centimètres. Sous les stalles, dans le chœur, c’est le sol primitif qui apparaît.

Aux Récollets, la Ville a fermé la nef – dont elle est propriétaire – par une cloison de contre-plaqué. Le ministre d’Etat Melchior Wathelet, président de la fabrique d’église s’en réjouit. "Le sanctuaire, lui, appartient à la fabrique d’église. Et nous pouvons annoncer qu’il est rouvert." Ce sanctuaire, c’est la partie avancée en façade de l’église des Récollets, dont la construction est plus récente que le reste du bâtiment.

Beaucoup de temps et d'argent, mais combien ?

Melchior Wathelet ne sait pas encore combien coûtera la rénovation de ces églises, ni combien de temps ça prendra. Une seule certitude : ce sera cher et long. Il faut savoir ce que les assurances vont accepter de rembourser, ensuite faire faire les devis et trouver des entrepreneurs. Le ministre d’Etat voudrait aussi savoir combien d’argent l’Agence Wallonne du Patrimoine pourra consacrer à la rénovation. Le fait que ces églises soient classées ajoute aussi des contraintes dont il faudra tenir compte ajoute l’échevine des cultes Cécile Ozer, qui reconnaît que tout cela va "impacter le budget communal", sans qu'elle puisse déjà évaluer le montant total des dégâts.


 

 

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Articles recommandés pour vous