À Votre Avis : Pierre-Yves Dermagne : " Nous sommes dans une crise de régime "

La politique belge est-elle à jeter ou à recycler ?

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09 sept. 2020 à 23:48 - mise à jour 09 sept. 2020 à 23:48Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin

Cela fait désormais 472 jours que les Belges attendent de voir se former un gouvernement majoritaire. Le délai est inacceptable pour de nombreux citoyens et pose question : et si le monde politique devait revoir sa manière de fonctionner ? Selon le ministre du Logement, des Pouvoirs locaux et de la Ville, Pierre-Yves Dermagne, " une série de chantiers doivent être envisagés puisque nous sommes dans une crise de régime, avec des difficultés et un État fédéral qui, dans son mode de fonctionnement actuel, n’est plus adéquat, plus opportun ni efficace. Sur les 10 dernières années, nous avons vécu plus de trois ans avec un gouvernement en affaires courantes. "

Une série de pistes ont alors été envisagées sur le plateau d’ À Votre Avis ce mercredi. Et la circonscription électorale fédérale – selon laquelle un électeur wallon peut voter pour un candidat flamand et inversement – semble mettre d’accord tous les invités présents autour de la table.

" Je suis à 200% pour ", déclare Gilles Vanden Burre, député fédéral Ecolo. " Ecolo et Groen portent cette proposition depuis très longtemps. Si nous voulons vraiment devenir un système fédéral mature, comme dans d’autres pays fédéraux tels que l’Allemagne ou le Canada, il faut que les Wallons puissent se dire qu’ils ont la possibilité de voter pour le ministre de l’Intérieur qui est flamand, par exemple. C’est démocratiquement légitime et clairement dans les pistes que nous mettons sur la table même s’il faut changer la constitution pour pouvoir le faire ".

La politique belge est-elle à jeter ou à recycler ?
La politique belge est-elle à jeter ou à recycler ? © Pierre Kroll

Gilles Vanden Burre : " Je suis à 200 % pour les circonscriptions électorales fédérales"

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Un avis que partagent Mathieu Bihet, député fédéral MR, et Pierre-Yves Dermagne, qui nuancent toutefois l’utilisation de cette circonscription : " Ce qui pourrait être intéressant, c’est que le premier ministre vienne d’office de cette circonscription fédérale ", indique le député. " Je ne suis absolument pas contre la circonscription électorale, mais cela pose toute une série de questions en matière de mise en œuvre. On sait que c’est une partie de la solution mais que ce n’est pas la solution en tant que telle ", estime le ministre du Logement, des Pouvoirs locaux et de la Ville.

À voir si cet enthousiasme est aussi vif en région flamande.

Pierre-Yves Dermagne : Nous sommes dans une crise de régime

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Mathieu Bihet : "Nous avions déjà mis l'idée de la circonscription fédérale en avant"

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Le retour aux urnes … une bonne idée ?

Autre piste évoquée : le retour aux urnes systématique dans le cas où le gouvernement ne serait pas formé dans les six mois suivant les élections. Une idée qui ne fait pas l’unanimité, mais qui plaît au porte-parole national du cdH, Alain Raviart : " L’avantage de cette solution, c’est qu’elle mettra une pression efficace aux élu(e)s ont peur de perdre leur siège. "

Mathieu Bihet rappelle pour sa part que le mécanisme existe déjà à la Chambre, mais qu’aucun parti ne l’a soutenu jusqu’ici.

Pour Alain Raviart, le retourne aux urnes pourrait être efficace

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Mathieu Bihet : "aucun parti ne soutient l'idée du retour aux urnes"

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Envisager une coalition miroir ?

Troisième piste : l’imposition d’une coalition miroir, à savoir la formation d’un gouvernement fédéral sur base des majorités fédérales si aucun accord ne peut être trouvé.

Une solution à laquelle n’adhère pas Sophie Rohonyi, députée fédérale DéFI : " Premièrement parce que cela vise finalement à légitimer la logique confédérale prônée par certains, dont la N-VA, qui stipule que les choses fonctionnent mieux lorsqu’elles sont gérées par les régions et non par le fédéral. Pourquoi alors continuer à voter au fédéral si de facto on finit par composer des majorités avec celles qui sont aux régions. D’autre part, cela voudrait dire qu’automatiquement, on devrait avoir la N-VA et le Vlaamse Belang, les deux plus grands partis, qui formeraient une majorité ensemble au niveau flamand au gouvernement fédéral. Puis que fait-on de la communauté germanophone mais aussi de la région bruxelloise qui a son propre gouvernement, ses propres réalités qui doivent aussi être défendues au sein du gouvernement fédéral ? "

Sophie Rohonyi n'est pas favorable à la coalition miroir

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Toucher à la dotation des partis : une solution risquée

Enfin, toucher à la dotation publique des partis politiques est un mauvais calcul pour Gilles Vanden Burre : " Nous pouvons réfléchir au montant de la dotation. Mais si on libéralise le financement des partis, donc si n’importe quel privé/citoyen finance sans limite un parti, comme cela se faisait avant et comme cela se fait aux États-Unis, en France ou en Angleterre, on aura des conflits d’intérêts. Cela n’empêche pas que les partis ont beaucoup de poids dans notre système politique et que nous puissions effectivement réfléchir à comment réformer cette particratie, mais via la dotation publique. "

Gilles Vanden Burre : il ne faut pas toucher à la dotation publique

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