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Abakar Sylla, le baptême du feu rêvé pour le héros brugeois d’un soir

Abakar Sylla, le conte de fées du héros d’un soir

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07 sept. 2022 à 21:35 - mise à jour 07 sept. 2022 à 21:39Temps de lecture2 min
Par Antoine Hick

Héroïque taulier d’une défense brugeoise qui a tenu tête à Leverkusen ce mercredi, Abakar Sylla a éclaboussé le match de toute sa classe et de sa puissance. Seul buteur de la rencontre, infranchissable en défense, il a logiquement été élu homme du match. L’épilogue d’un baptême du feu rêvé pour ce jeune gamin ivoirien de 19 ans à peine.


20 heures, ce mercredi soir. Au milieu de la ribambelle de gros noms bling-bling qui ornent la feuille de match côté brugeois, un nom, moins ronflant, dénote un peu : Abakar Sylla, 19 ans à peine, qui a le culot de reléguer Dedryck Boyata sur le banc.

C’est que l’Ivoirien a tapé dans l’œil de son coach Carl Hoefkens depuis le début de saison. Absent lors de deux premiers matches, il est rentré dans l’équipe contre Zulte-Waregem lors de la 3e journée de Pro League… pour ne plus la quitter.

Titulaire indiscutable depuis, il contribue à la superbe série des Brugeois qui surfent sur quatre victoires consécutives en championnat. Ce n’est donc pas forcément une surprise de le voir supplanter un roc comme Boyata au moment où Bruges entame sa campagne de Ligue des Champions. Juste la continuité logique d’un début de saison solide.

Parfait novice, Sylla déboule donc en Ligue des Champions avec une valise d’étoiles dans les yeux. Mais son baptême du feu européen, l’Ivoirien le veut réussi. Il met donc toutes les chances de son côté pour ne pas passer à côté de son rendez-vous. Calme, détendu, il rentre bien dans sa rencontre. Sans fioritures mais en faisant preuve d’une étonnante maturité, allant à contre-courant de la naïveté que certains auraient osé lui prêter à cause de son jeune âge.

Serein à la relance, costaud dans les duels, Sylla a en plus une précieuse qualité pour un défenseur central : il sait quand, et surtout où, laisser traîner le pied. Résultat, il dévie, contre, bloque une série de ballons chauds allemands et se met en confiance.

Le reste n’est finalement que la confirmation d’un très bon début de match. Monté aux avant-postes sur un corner brugeois juste avant l’entracte, il déploie sa longue carcasse pour s’extirper d’une jungle de crânes adverses et catapulter le ballon au fond grâce à l’aide du gardien de Leverkusen, Lukas Hradecky, pas forcément à l’aise sur le coup.

Emu, l’Ivoirien ne sait pas par où aller. Ne sait pas comment fêter ce premier but en carrière. Résultat, il profite d’un câlin collectif avant de s’agenouiller et de longuement embrasser la pelouse.

Galvanisé par cette mi-temps rêvée, il poursuit sur sa lancée après la mi-temps. Et comme Bruges par moments, il plie mais ne rompt pas. Le coup de sifflet final vient finalement libérer le Stade Jan Breydel de cette oppressante chape de plomb et offrir trois points à Bruges.

Sylla, lui, peut savourer. Trophée d’homme du match à la main, il vagabonde aux quatre coins du terrain, harangue ses supporters mégaphone en main, avant de revenir, sourire naïf aux lèvres, sur cette soirée de rêve : "Je n’ai pas de mots. C’est une grande émotion. Mon premier match en Ligue des Champions et je suis l’homme du match. J’ai cru que le gardien avait arrêté ma tête. Mais quand j’ai vu que le ballon rentrait… énorme. Ce n’est qu’un début, maintenant il faut travailler pour faire d’autres résultats. Je n’avais pas de pression ? Vous savez, moi je veux juste jouer. Je n’ai pas de pression. Je veux tout faire à fond…" explique-t-il au micro d'RTL.

Tout faire à fond, Sylla l’a fait ce mercredi soir. Et si certains ne le connaissaient pas avant la rencontre, ils ont désormais fait la connaissance avec ce défenseur ivoirien, débarqué au Stade Jan Breydel pour… 200.000 euros en septembre 2021.

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