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Abattage sans étourdissement : fin des auditions au Parlement bruxellois, mais pas encore d’indication pour la suite du débat

La commission de l’Environnement du parlement bruxellois en a terminé mercredi avec les auditions organisées dans le contexte du dépôt de propositions d’ordonnances relatives à l’abattage sans étourdissement.

Ses membres décideront mercredi prochain quelle suite ils donneront à leurs débats et quel sort ils réserveront à court terme à l’examen, notamment, de la proposition d’ordonnance DéFI-Groen-Open Vld visant à imposer l’étourdissement préalable à l’abattage et à laquelle d’autres membres de la majorité (e.a. PS et Ecolo) ne souscrivent pas, en l’état.

Les dernières auditions ont été précédées de la remise d’une pétition accompagnée de 127.000 signatures réunies par le collectif citoyen pour la liberté de culte en faveur du maintien de la possibilité d’abattage rituel sans étourdissement.

En marge de la séance, le chef du groupe DéFI a toutefois mis en doute le soutien de 127.000 Bruxellois à cette demande. La plupart des signatures ont été opérées en ligne sans indication d’adresse précise. De plus, plusieurs signatures au sein de mêmes familles sont de la main d’une même personne, a-t-il indiqué, déplorant que l’authenticité des signatures n’ait pas été confirmée par un huissier.

En début de séance, le neurologue Jean-Michel Guerit, qui a étudié l’impact de l’arrêt de la circulation sanguine sur le cerveau humain a soutenu qu’aucun élément ne démontrait que la matrice de la douleur a cessé de fonctionner avec un étourdissement. "A ses yeux, imposer un étourdissement consiste à risquer de provoquer, chez un animal, une souffrance inutile".

Tout en reconnaissant que sa position était différente de celle d’autres scientifiques, il a dit s’exprimer sur base de la physiopathologie "sans le moindre a priori idéologique".

Piet Vanthemsche, auteur du rapport sur le dialogue avec les communautés religieuses en vue d’une amélioration significative du bien-être animal lors de la pratique des abattages rituels et la transition vers une interdiction générale de l’abattage sans étourdissement en Flandre, a ensuite dit avoir décelé une véritable préoccupation en faveur du bien-être animal auprès de ses interlocuteurs des communautés religieuses.

Tous n’ont cependant pas montré le même enthousiasme à vouloir entrer en dialogue au sujet de l’opportunité d’amender une interdiction pure et simple de l’abattage avec étourdissement. Ainsi, la discussion avec l’Exécutif des musulmans était "plutôt positive", contrairement au conseil de coordination des institutions islamiques, en particulier l’association Internationale islamique Diyanet de Belgique, et au Consistoire central israélite de Belgique, a-t-il précisé.

Le président de Gaia, Michel Vandenbosch, a également été entendu. Il a défendu un point de vue fondé, selon lui, sur celui des vétérinaires pour lesquels les souffrances animales sont moindres si les animaux sont étourdis avant l’abattage.

Au début du mois de mai, son association avait produit une pétition avec 70.000 signatures pour soutenir la thèse opposée à celle du collectif citoyen pour la liberté de culte dont le représentant, l’avocat Alexis Deswaef, est également venu exposer le point de vue.

Notre sujet JT 1 juin 2022

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