Environnement

Absence de Greta Thunberg à la COP27 en Egypte : quand la pression médiatique sur les activistes mène au "burn-out militant"

© AFP - Belga Images - RTBF

23 oct. 2022 à 08:54 - mise à jour 23 oct. 2022 à 09:02Temps de lecture2 min
Par Simon Breem

Elle est devenue l’icône de la lutte des jeunes pour la préservation du climat, suite à ses grèves scolaires en 2018. L’an dernier, elle faisait à nouveau grand bruit en se rendant à Glasgow en marge de la COP26, qu’elle a qualifié d’"échec" à son issue (on se souvient tous de la "punchline" du "bla-bla-bla").

Cette année, Greta Thunberg sera-t-elle présente à la COP27, qui débutera dans quinze jours à Charm el-Cheikh ? "Non" a-t-elle répondu au cours d’une interview accordée à nos confrères de la BBC cette semaine. "On n’a pas besoin de moi là-bas. D’autres personnes venant de régions plus touchées par le réchauffement climatique vont s’y rendre, et je pense que leur voix a plus d’importance", a ajouté la jeune activiste.

 

"C’est trop de responsabilités"

Greta Thunberg qui confie également qu’elle ne pensait pas devenir un jour la figure de proue d’une mouvance d’ampleur mondiale. "C’est trop de responsabilités. Par moments, il m’arrive de craquer. Et je dirais que si vous pensez que tout l’espoir du monde doit reposer sur les épaules d’adolescents déjà dépassés, il y a un problème".

Burn-out militant

Un témoignage qui fait penser au phénomène du "burn-out militant". Cette pression, notamment médiatique, la porte-parole francophone de Youth For Climate Adélaïde Charlier l’a également déjà ressentie à de nombreuses reprises. "C’est d’autant plus une réalité lorsqu’on est plus jeune, car on n’a pas reçu de formation et on n’a pas encore d’expérience", développe-t-elle. "On accepte toutes les interviews pour faire passer un message, et on doit aussi se maintenir au courant de ce qui passe en permanence, ainsi que de la position du mouvement".

D’autant que, même si on a tendance à l’oublier, les activistes ont aussi une vie à côté de leur militantisme. "Même si ce ne sont pas des jobs rémunérés, c’est ce qui nous occupe le plus", constate encore Adélaïde Charlier. "Pour la plupart des jeunes activistes, cela s’ajoute à des études, un boulot à mi-temps voire à temps plein". Et de résumer "l’important, c’est de pouvoir créer cet équilibre entre les études ou le travail, l’activisme et le bien-être. Personnellement, je n’arrive pas toujours à gérer cela correctement".

 

Alternance

Récemment, l’homologue néerlandophone d’Adélaïde, Anuna De Wever, s’est retirée de Youth For Climate. Désormais, d’autres membres de l’organisation sont mis en avant. La solution à cette pression médiatique peut donc parfois passer par cela : une alternance dans l’incarnation du rôle de porte-parole. "C’est une discussion que nous avons, et qui se retrouve dans beaucoup de mouvements", confirme Adélaïde Charlier. "Chez nous, il n’était pas spécialement prévu que je prenne cette place de premier plan. Et je ne réalisais pas que tout cela prendrait une telle ampleur. C’est une responsabilité et un poids, d’autant que si quelqu’un veut se retirer, il ne faut surtout pas que cela mette en péril le mouvement et sa visibilité dans les médias. Donc l’alternance peut être une bonne solution, même si l’on sait que les médias préfèrent quand un mouvement est incarné par une ou deux personnes".

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