Economie

Accident du travail: quasiment deux décès par trois jours ouvrables

Archive: explosion à la raffinerie Total à Anvers
28 avr. 2014 à 05:39 - mise à jour 28 avr. 2014 à 07:18Temps de lecture2 min
Par Julie Calleeuw

Chaque année, plus de 11 000 travailleurs sont victimes d'une incapacité de travail permanente

Au-delà de ces chiffres, il y aussi les constats de situations plus que précaires. Les intérimaires par exemple, courent deux fois plus de risques que les autres. Marie Marlier, de la CSC Mons La Louvière, explique: "Il y a un manque de formation et ils sont souvent plus jeunes, ils ont une expérience limitée dans l’entreprise, donc ils ne savent pas non plus les processus qui sont mis en place, parfois les machines qui sont utilisées, les dangers qu’elles peuvent représenter. Au niveau de la CSC, on demande qu’il y ait une meilleure formation, un meilleur accompagnement de ces travailleurs intérimaires et qu’on leur donne l’information nécessaire afin d’éviter ces accidents graves".

Et le risque d'être victime d'un accident a crû pour tous les travailleurs depuis 1980. Sauf pour les accidents légers. Pourquoi ? "La hausse des accidents, il faut apprendre à l’analyser correctement, c’est-à-dire qu’on a des statistiques mais qui ne reflètent pas spécialement toujours la réalité. On se rend compte que le nombre d’accidents de travail sur le lieu de travail dans le secteur privé a diminué de manière systématique au cours des 27 dernières années, ça c’est très positif et c’était prévisible, puisque les entreprises font des efforts en matière de prévention. Par contre ces chiffres occultent une partie de la réalité puisque cette baisse continue ne concerne que les accidents du travail légers entraînant une incapacité temporaire. Leure nombre a diminué de plus de 50%. Mais il n’y a pas de tendance à la baisse en ce qui concerne les déclarations d’accidents de travail entraînant une incapacité permanente".

Il y aussi de nombreux accidents qui ne sont pas déclarés. L'employeur pense à sa prime d'assurance et préfère souvent régler l'affaire à l'amiable. "En fait de nombreux accidents ne sont pas déclarés notamment en ce qui concerne les accidents du travail légers parce que les employeurs peuvent choisir de régler eux-mêmes ces accidents de travail, ce qui allège le montant de leur prime d’assurance. Ca limite la paperasserie, c’est mieux pour leur image, etc. Par contre, pour eux ce n’est pas intéressant de ne pas déclarer les accidents graves parce que là les coûts sont trop élevés".

Les assurances, de leur côté, refusent de plus en plus de reconnaître ces accidents. En 2012, 21 000 ont été dossiers refusés. Un secteur qui deviendrait trop cher pour les assurances.

Autre constat: les accidents subis par les travailleurs étrangers avec des employeurs étrangers ne sont pas enregistrés.

Les accidents graves se produisent plus souvent dans les Petites et moyennes entreprises.

Chaque jour, selon la CSC, 79 travailleurs en moyenne restent en incapacité permanente à vie.

Et il y a peu de contrôles pour enrayer ce fléau. Les services d'inspection manquent d'effectifs. Une visite poursuit le syndicat n'aurait lieu qu'une fois tous les 21 ans.

Avec Michel Lagase et Medhi Khelfat

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