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Regions Liège

Accord à Verviers : la motion de méfiance PS est-elle toujours un "subterfuge pour contourner le code" ?

Le futur nouveau collège fête la fin de la crise à Verviers
28 août 2020 à 22:52 - mise à jour 28 août 2020 à 22:52Temps de lecture2 min
Par François Braibant

"Nous regrettons de devoir accepter des pratiques éthiquement discutables" a commenté ce vendredi la future nouvelle échevine CDH Cécile Ozer lors de la conférence de presse qui annonçait un accord quadripartite PS - MR - NV - CDH.

La crise semble s'être apaisée à Verviers. Une nouvelle majorité sera présentée au prochain conseil communal. Cette nouvelle majorité est l'ancienne majorité sans Muriel Targnion et Alexandre Loffet, avec Cécile Ozer qui entre au collège et un nouveau bourgmestre socialiste : Jean-François Istasse.

La loi ne désigne pas Istasse

C'est ici que le bât blesse. Car Jean-François Istasse n'est pas le bourgmestre que désigne le code de la démocratie locale. Avec 539 voix de préférence, il n'est que le septième élu socialiste, très loin derrière les 2999 voix de Muriel Targnion et les 2388 d'Hasan Aydin. C'est pourtant lui que le PS a choisi, parce qu'il est considéré comme le plus consensuel.

Il faut, pour que Jean-François Istasse devienne bourgmestre, que tous ceux qui le précèdent renoncent au poste. Pour Hasan Aydin et l'échevine Sophie Lambert, c'est un problème : s'ils renoncent, ils ne peuvent pas rester président de CPAS pour l'un et échevine pour l'autre. Mais le PS de Verviers a besoin d'eux. Si ces deux-là se fâchent, ils peuvent tout faire capoter en privant le groupe socialiste de sa courte majorité interne, nécessaire pour changer la coalition au pouvoir.

Le PS a trouvé un système pour ne pas mécontenter Hasan Aydin et Sophie Lambert. Il s'agit de faire voter une motion de méfiance contre eux en tant que bourgmestres. Ils n'auront pas renoncé volontairement. Ils pourront donc garder leurs postes de président de CPAS et d'échevine. Le système, assure le PS, a été juridiquement validé.

Voter ce qu'ils ont critiqué

Ce système, le Cartel MR - NV - CDH, désormais partenaire du PS, le refusait il y a quinze jours : "il ne peut être question de [...] subterfuges pour contourner le Code de la Démocratie locale et violer l’esprit des textes. Le message envoyé aux citoyens serait plus catastrophique encore." Le Cartel se prépare à voter ce qu'il critiquait hier. 

"La situation de Verviers prouve que ce code était mal rédigé" se justifie aujourd'hui l'échevin libéral Maxime Degey. "Ou il n'était pas rédigé pour atteindre ses objectifs. La réponse doit être apportée là-bas [au Parlement wallon]. Ce n'est pas nous qui devons résoudre ce problème puisque nous sommes des élus locaux et non régionaux. Je ne suis pas ministre, mais visiblement on a loupé l'objectif au niveau de ce texte."

Le partenaire socialiste est d'accord. Le futur nouveau bourgmestre est d'ailleurs un ancien député régional, qui a eu à voter le code de la démocratie locale et ses "très nombreuses" modifications : "on n'a pas, avec ce code, bien évalué que la situation d'une commune au sortir des élections n'est pas celle qui peut exister beaucoup plus tard.

Jurisprudence

Il y a d'autres communes, d'autres villes, qui se sont trouvées dans la même situation que Verviers. On a même changé le code pour qu'un collège puisse être installé à Charleroi. Nous allons certainement faire jurisprudence aussi et il est probable qu'il faudra modifier le code de la démocratie locale."

La prédiction de Jean-François Istasse est simple à comprendre : ce qui sera permis à Verviers le sera aussi dans d'autres communes. La crise verviétoise aura une conséquence dans toute la Wallonie. Le bourgmestre ne sera plus obligatoirement le candidat le plus populaire de la plus grosse liste d'une majorité.

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