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Guerre en Ukraine

Accueil d'Ukrainiennes : Mehdi Kassou appelle à la vigilance pour "éviter que des personnes ne deviennent des oiseaux pour le chat"

08 mars 2022 à 13:42Temps de lecture4 min
Par Belga

L'un des fondateurs de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, Mehdi Kassou, appelle mardi l'agence fédérale Fedasil à porter une attention particulière à l'orientation et au placement des femmes seules et des mineurs ukrainiens chez des particuliers. Il conseille également de déployer, avec l'appui des communes, un suivi centralisé de leur hébergement.

"Ces derniers jours, j'ai essayé d'interpeller un peu à droite et à gauche en remarquant que je trouvais un peu étonnant de multiplier les portes d'entrée, en particulier via les communes parce qu'elles ne font que du recensement", explique Mehdi Kassou. "Donc, elles référencent les personnes qui proposent un hébergement, elles envoient des adresses au centre de crise et des réfugiés ukrainiens seront orientés vers les particuliers. Je ne suis pas certain que l'exercice de bien vérifier chez qui on envoie ces personnes soit fait...", glisse-t-il.

"Pour nous, cela a toujours été le cœur de notre système et la raison pour laquelle on passait 6 heures par jour sur le terrain : rencontrer les gens, apprendre à les connaître, créer des 'matchs' qui fonctionnent... Il faut s'assurer, quand on met des personnes en relation, qu'à aucun moment un rapport de domination ou de violence ne puisse exister. C'est le cœur du travail. On ne fait pas du Airbnb. C'est de la mise en relation de personnes. Le plus difficile, c'est la mise en contact au départ, puis l'accompagnement", témoigne-t-il.

Des règles de non-mixité

Au niveau de la répartition, la Plateforme applique des règles de non-mixité. Les femmes seules, avec ou sans enfants, ne peuvent pas être hébergées par des hommes seuls et, inversement, une femme seule ne va pas accueillir un homme seul. La plateforme citoyenne a rédigé une charte de l'hébergement et a développé un protocole d'évaluation continue du relationnel entre hébergeurs et hébergés.

"Des procédures de vigilance sont mises en place pour éviter que des personnes ne deviennent des oiseaux pour le chat", continue Mehdi Kassou. "On n'a jamais vraiment rencontré de problème, mais on a toujours pris des précautions drastiques pour les femmes et les mineurs. Il y a aujourd'hui quelque 20.000 places (dans des hébergements collectifs et chez des particuliers, NDLR) qui ont été proposées. Mon conseil est de créer un espace de coordination qui centralise le tout. Il y a des protocoles qui existent en Belgique pour les familles d'accueil dont il est possible de s'inspirer. On est encore au balbutiement du système et très peu de réfugiés ont été orientés vers des hébergeurs privés. Il faut maintenant voir quelles mesures les communes vont prendre pour s'assurer que tout se passe bien", poursuit-il.

En réponse à un appel lancé la semaine dernière, la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés a pu trouver 1.100 places pour des Ukrainiens. Environ 70% sont proposées par des nouveaux hébergeurs. Entre 9.000 et 10.000 foyers avaient hébergé des réfugiés syriens et soudanais lors des crises de l'accueil en 2015 et 2017.

Étant donné que des hommes sont restés en Ukraine pour se battre, Dominique Ernould, la porte-parole de l'Office des Étrangers chargé des enregistrements à l'ancien hôpital Bordet, observe par ailleurs que la proportion de femmes et d'enfants est particulièrement importante, comparativement aux précédentes crises de l'accueil. Le cabinet du secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Sammy Mahdi (CD&V) a été sollicité en vue d'obtenir des éléments de réponse d'ici la fin de journée.

 

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"Pour nous, cela a toujours été le cœur de notre système et la raison pour laquelle on passait 6 heures par jour sur le terrain : rencontrer les gens, apprendre à les connaître, créer des 'matchs' qui fonctionnent... Il faut s'assurer, quand on met des personnes en relation, qu'à aucun moment un rapport de domination ou de violence ne puisse exister. C'est le cœur du travail. On ne fait pas du Airbnb. C'est de la mise en relation de personnes. Le plus difficile, c'est la mise en contact au départ, puis l'accompagnement", témoigne-t-il.

Des règles de non-mixité

Au niveau de la répartition, la Plateforme applique des règles de non-mixité. Les femmes seules, avec ou sans enfants, ne peuvent pas être hébergées par des hommes seuls et, inversement, une femme seule ne va pas accueillir un homme seul. La plateforme citoyenne a rédigé une charte de l'hébergement et a développé un protocole d'évaluation continue du relationnel entre hébergeurs et hébergés.

"Des procédures de vigilance sont mises en place pour éviter que des personnes ne deviennent des oiseaux pour le chat", continue Mehdi Kassou. "On n'a jamais vraiment rencontré de problème, mais on a toujours pris des précautions drastiques pour les femmes et les mineurs. Il y a aujourd'hui quelque 20.000 places (dans des hébergements collectifs et chez des particuliers, NDLR) qui ont été proposées. Mon conseil est de créer un espace de coordination qui centralise le tout. Il y a des protocoles qui existent en Belgique pour les familles d'accueil dont il est possible de s'inspirer. On est encore au balbutiement du système et très peu de réfugiés ont été orientés vers des hébergeurs privés. Il faut maintenant voir quelles mesures les communes vont prendre pour s'assurer que tout se passe bien", poursuit-il.

En réponse à un appel lancé la semaine dernière, la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés a pu trouver 1.100 places pour des Ukrainiens. Environ 70% sont proposées par des nouveaux hébergeurs. Entre 9.000 et 10.000 foyers avaient hébergé des réfugiés syriens et soudanais lors des crises de l'accueil en 2015 et 2017.

Étant donné que des hommes sont restés en Ukraine pour se battre, Dominique Ernould, la porte-parole de l'Office des Étrangers chargé des enregistrements à l'ancien hôpital Bordet, observe par ailleurs que la proportion de femmes et d'enfants est particulièrement importante, comparativement aux précédentes crises de l'accueil. Le cabinet du secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Sammy Mahdi (CD&V) a été sollicité en vue d'obtenir des éléments de réponse d'ici la fin de journée.

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