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Politique

Accueillir des réfugiés ukrainiens dans les maisons de repos ? La Région bruxelloise refuse

30 mai 2022 à 04:00Temps de lecture2 min
Par E.G.

Les maisons de repos bruxelloises ne pourront pas accueillir de réfugiés ukrainiens. Iriscare, l’organisme dédié à la protection sociale en Région bruxelloise, s’est prononcé contre la possibilité d’ajouter les maisons de repos à la liste des possibilités d’accueil.

Plusieurs communes bruxelloises et maisons de repos en avaient pourtant fait la demande, craignant de manquer de solutions à court terme. Pour certains bourgmestres, ce refus est incompréhensible.

Un refus motivé par le risque sanitaire

Tania Dekens, fonctionnaire dirigeant d’Iriscare, explique ce qui a motivé cet avis négatif : "Encore aujourd’hui, on a quand même six clusters dans des maisons de repos bruxelloises. Pour des raisons sanitaires, nous avons donc décidé de ne pas répondre favorablement à ces demandes".

Si on en parle moins aujourd’hui, le Covid-19 est en effet encore bien présent dans notre pays et s’invite toujours dans les maisons de repos. Et c’est pour ces mêmes raisons que le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron, appuie cet avis : "Il n’est pas nécessaire de faire courir un risque aux résidents, d’autant qu’à l’automne, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle vague".

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Dans le cadre de la Task Force régionale Ukraine, d’autres solutions d’accueil sont donc préférées : "Nous avons communiqué une liste de maisons de repos qui ont été déclassées", indique Tania Dekens. "Fedasil pourrait occuper ces bâtiments. On ne fait pas rien… On a aussi mis en place, à Pachéco, un centre d’orientation santé qui permet aux réfugiés d’accéder à une aide médicale et de recevoir des informations sur le système de santé belge".

"Cet avis est choquant"

Cet avis d’Iriscare est loin d’être partagé par tous les bourgmestres bruxellois. "À l’approche des grandes vacances, que fait-on ?", réagit Vincent De Wolf (MR), bourgmestre d’Etterbeek. Certaines communes craignent en effet que des familles ukrainiennes se retrouvent sans logement suite au départ en vacances de leur hébergeur. "Je suis choqué par cet avis".

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Contacté par nos confrères de la DH, le député bruxellois Christophe De Beukelaer (Les Engagés), n’est pas moins critique : "C’est une situation de guerre qui se joue tout près de chez nous. Il serait facile de mettre en place un testing pour les raisons évoquées par le ministre".

Pour certains, l’incompréhension est d’autant plus grande qu’en Flandre, les maisons de repos peuvent volontairement offrir des lits aux réfugiés ukrainiens, à leurs propres frais. La Région bruxelloise a donc décidé de prendre une position différente.

Selon Iriscare, même en dehors de toute crise sanitaire, la place de familles de réfugiés n’est pas dans les maisons de repos : "Les résidents sont âgés, parfois désorientés, avec des soucis de démence. Voir arriver des familles avec enfants, qui partageraient tout d’un coup leur quotidien, cela peut être très perturbant".

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