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Accusé d’être toxique, Instagram fait face à ses critiques

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28 sept. 2021 à 15:00Temps de lecture3 min
Par Anthony Mirelli

Le développement de la version d’Instagram réservée aux enfants de moins de 13 ans est actuellement en pause. Mais ce n’est pas le seul soucis rencontré par le réseau social. 

Instagram kids : une bonne idée, mais qui a besoin de plus de temps

C’est en quelques mots ce que déclare Adam Mosseri, patron d’Instagram, dans un long article publié sur le site du réseau social. " Les enfants reçoivent des téléphones de plus en plus jeunes, mentent sur leur âge et téléchargent des applications destinées aux 13 ans ou plus. Nous croyons fermement qu'il est préférable pour les parents d'avoir la possibilité de donner à leurs enfants accès à une version d'Instagram conçue pour eux - où les parents peuvent superviser et contrôler leur expérience - que de compter sur la capacité d'une application à vérifier l'âge des enfants trop jeunes pour avoir une pièce d'identité. "

Facebook et Instagram n’en démordent donc pas : Instagram Kids verra bien le jour, et reste " une bonne idée ". Même si de nombreuses voix s’élèvent pour critiquer le projet. 


Lire aussi : La justice américaine veut empêcher la création d’Instagram Kids


Mais pour le moment, le projet est au point mort. Une décision qui intervient quelques jours après un rapport accablant publié par le Wall Street Journal. 

Un environnement toxique

Selon le grand quotidien américain, qui a pu mettre la main sur un rapport interne basé sur près de trois ans de recherches, le réseau social serait toxique. 

" Trente-deux pour cent des adolescentes ont déclaré que lorsqu'elles se sentaient mal dans leur corps, Instagram les faisait se sentir pires. Les comparaisons sur Instagram peuvent changer la façon dont les jeunes femmes se perçoivent et se décrivent. "

Facebook et Instagram sont donc au courant que l’application " aggrave les problèmes d'image corporelle pour une adolescente sur trois. Les adolescents blâment Instagram concernant l'augmentation du taux d'anxiété et de dépression. Cette réaction n'a pas été incitée et est constante dans tous les groupes ", peut-on lire sur une des slides d’une présentation faite en interne. 

Toujours selon le Wall Street Journal, parmi les adolescents qui ont exprimé des pensées suicidaires, 13 % des utilisateurs britanniques et 6 % des utilisateurs américains ont partagé leur désir de se suicider sur Instagram.

Instagram Kids attendra

Voilà, en partie, pourquoi la version kids d’Instagram devra attendre. " Bien que nous maintenions la nécessité de développer cette expérience, nous avons décidé de suspendre ce projet. Cela nous donnera le temps de travailler avec les parents, les experts, les décideurs et les organismes de réglementation, d'écouter leurs préoccupations et de démontrer la valeur et l'importance de ce projet pour les jeunes adolescents en ligne aujourd'hui. "

Mosseri poursuit, en devançant les critiques : " Les critiques d'"Instagram Kids" verront cela comme une reconnaissance du fait que le projet est une mauvaise idée. Ce n'est pas le cas. La réalité est que les enfants sont déjà en ligne, et nous croyons que développer des expériences adaptées à leur âge conçues spécifiquement pour eux est bien meilleur pour les parents que là où nous en sommes aujourd'hui. Nous ne sommes pas la seule entreprise à le penser. Nos pairs ont reconnu ces problèmes et ont créé des expériences pour les enfants. YouTube et TikTok ont des versions de leur application pour les moins de 13 ans. Notre intention n'est pas que cette version soit la même qu'Instagram aujourd'hui. Elle n'a jamais été destinée aux jeunes enfants, mais aux préadolescents (10-12 ans). Il nécessitera l'autorisation parentale pour s'inscrire, il n'aura pas de publicités et il aura du contenu et des fonctionnalités adaptés à l'âge. Les parents pourront superviser le temps que leurs enfants passent sur l'application et superviser qui peut leur envoyer des messages, qui peut les suivre et qui ils peuvent suivre. La liste est longue. "

Une réponse au Wall Street Journal

Enfin, en réponse à l’article du WSJ, Facebook dément. " Il n'est tout simplement pas exact que cette recherche démontre qu'Instagram est "toxique" pour les adolescentes. La recherche a en fait démontré que de nombreux adolescents auxquels nous avons parlé estiment que l'utilisation d'Instagram les aide lorsqu'ils sont aux prises avec des moments difficiles et de problèmes auxquels les adolescents ont toujours été confrontés.

En fait, dans 11 des 12 domaines de la diapositive référencée par le Journal - y compris des domaines graves comme la solitude, l'anxiété, la tristesse et les problèmes alimentaires - il y plus d'adolescentes qui ont déclaré qu'Instagram avait rendu ces moments difficiles meilleurs.

L'image corporelle était le seul domaine où les adolescentes qui ont déclaré avoir lutté contre ce problème ont déclaré qu'Instagram l'avait aggravé par rapport aux 11 autres domaines. "

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