Belgique

Adaptation des prix des transports en commun : les variations sont grandes entre SNCB, STIB et TEC

31 janv. 2022 à 16:00Temps de lecture4 min
Par Aubry Touriel avec Eric Boever

Chaque année, les sociétés de transports en commun adaptent leurs prix en fonction notamment de l’évolution de l’indice santé. Ce 1er février ne fait pas exception. Alors que la SNCB augmente quasiment tous ses prix, la STIB bruxelloise et les TEC wallons les diminuent pour certaines catégories comme les jeunes et les seniors.

SNCB : priorité aux jeunes et seniors

À partir de ce mardi 1er février, prendre le train coûtera plus cher. Les abonnements scolaires, ou domicile-travail, augmenteront par exemple de 2,14%. Tous les autres produits, hors abonnements, augmenteront de 1,14% en moyenne.

Le prix des trains s’accélère ces dernières années. Si l’on compare le prix d’un aller simple en seconde classe de moins de sept kilomètres entre 2010 et 2022, le prix a augmenté de 58% (de 1,60 € à 2,50€). Sur d’autres distances, les hausses sont moins élevées.

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C’est le conseil d’administration qui détermine les tarifs de la SNCB. 2019 est la seule année depuis 2010 où l’on constatait une baisse des prix des allers simples. "Le prix moyen des billets standard et week-end de la SNCB avait effectivement diminué de 1,89% en 2019, mais le tarif des abonnements domicile-travail et des abonnements scolaires avait augmenté de 1,18%", se souvient Elisa Roux, porte-parole de la SNCB.

Nouvelle année, nouvelles priorités. En 2022, la SNCB veut rendre le train plus attractif pour les personnes qui voyagent pour leurs loisirs. C’est la raison pour laquelle les prix des produits loisirs pour les jeunes et les seniors restent inchangés. "Il s’agit d’une adaptation annuelle qui se base sur l’inflation. À cause de cette inflation, faire rouler des trains coûte plus d’argent", justifie Elisa Roux.

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La Key Card (dix voyages simples dans une zone limitée autour de la gare de départ) coûtait 17 euros en 2010, contre 27 euros en 2022, soit une hausse de près de 60%. Le prix des cartes Standard Multi (anciennement Railpass) est quant à lui passé de 74 à 87 euros. Pendant la même période, le Gopass (le Rail pour les moins de 26 ans) coûte 5 euros de plus qu’il y a douze ans.

STIB : 12 euros par an pour les moins de 25 ans

De son côté, la société bruxelloise STIB n’a augmenté aucun tarif. Elle a par ailleurs annoncé une nouveauté à partir du 1er février : l’abonnement STIB annuel pour les jeunes de 18 à 24 ans domiciliés en Région bruxelloise, étudiants ou non, passe à 12 euros par an.

Auparavant, dès qu’ils entraient dans la vie active, les jeunes de plus de 18 ans passaient au tarif plein pour l’abonnement annuel (499 euros pour rappel). "C’est une étape supplémentaire pour inciter et encourager les jeunes à prendre les transports publics de la STIB pour leurs déplacements", explique Cindy Arents, porte-parole de la STIB.

Entre 2009 et 2022, le prix d’un ticket classique est passé de 1,70 euro à 2,40 euros, soit une augmentation de 41%. Le prix de l’abonnement annuel scolaire a par contre chuté en 13 ans. De 200 euros en 2009, le tarif s’élève à 12€ depuis juillet 2021.

En ce qui concerne les tarifs des abonnements annuels, il est passé de 440 euros en 2009 à 499 euros en 2013. Depuis le prix est resté inchangé. Il faut aussi rappeler que c’est le gouvernement bruxellois qui prend les décisions en matière de tarifs de la STIB.

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TEC : les seniors voyageront bientôt quasi gratuitement

En Wallonie, les tarifs ne changent pas à partir du 1er février. Les TEC vont s’inspirer de leurs collègues bruxellois en instaurant également un tarif pour les 18-24 de 12 euros par an en septembre 2023.

Les seniors pourront quant à eux bénéficier plus rapidement de ce tarif : ils auront droit à la quasi-gratuité (12 € par an) à partir de septembre 2022. Depuis 2013, les plus de 65 ans payent 36 € par an pour leur accès total au réseau. 

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Entre 2013 et 2022, les tarifs des tickets standard (Next) sont restés à 1,90 euro, avant une augmentation de 0,10 euros en 2018 et en 2021 pour arriver à 2,10 euros. "Les chiffres débutent en 2013 : la structure tarifaire étant différente auparavant, ce qui ne permet pas les comparaisons correctes", précise le directeur du marketing, Stéphane Thiery.

De 2022 à 2024, il n’y aura pas non plus d’indexation des tarifs TEC, une décision prise par le gouvernement wallon.

Hausse de l’énergie = hausse des prix ?

La hausse de l’inflation et de l’indice santé sont les critères les plus souvent mis en avant pour justifier la hausse des prix. Pourtant, les prix augmentent fortement ces derniers mois sur le marché de l’énergie. Les sociétés de transport en commun ne souffrent-elles pas de cette flambée des prix ?

D’un côté, ces sociétés ne sont pas épargnées par les hausses de facture d’électricité, de diesel et de gaz mais elles les subissent moins que les citoyens. La raison ? Elles passent des contrats d’approvisionnement étalés sur plusieurs années et se protègent parfois grâce à des assurances.

C’est le cas du TEC, comme l’explique le directeur du marketing, Stéphane Thiery : "On se protège. Pour faire rouler plus de 2600 bus tous les jours, on consomme forcément du diesel et pour éviter d’être à la merci d’augmentations importantes comme on les voit maintenant, on prend des assurances. Cela nous permet de plafonner le prix pour une partie du carburant. Si ça passe au-dessus, on ne le paie pas. Si c’est en dessous, on continue à payer un prix qui est en dessous du plafond mais au-dessus du plancher".

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