RTBFPasser au contenu
Rechercher

"Adopter un animal, ce n'est pas acheter une peluche !"

Ash, un rottweiler de 3 ans retrouve une bénévole du refuge où il a passé près d'un an.
25 mai 2021 à 10:18 - mise à jour 25 mai 2021 à 10:18Temps de lecture4 min
Par Maxime Dumoulin

1800 animaux sont recueillis chaque année à la SPA de La Louvière. Parmi eux, deux tiers de chats, un tiers de chiens. Des animaux de compagnies parfois perdus, souvent abandonnés ou confiés au refuge. Dans leurs enclos, ils attendent la famille qui les adoptera, en espérant tomber sur la bonne. Pour cela, ils peuvent compter sur l’équipe de la SPA, qui trie les candidats sur le volet.

Sarah, son mari Jean-Louis et leurs deux enfants viennent pour la deuxième fois à la SPA de La Louvière. Après mûre réflexion, ils sont décidés à adopter Mac, un croisé border collie et berger écossais de trois ans. "C’est une décision de famille, c’est clair que ce n’est pas comme acheter un jouet. C’est un choix important", souligne Sarah.

"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !"
"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !" © Tous droits réservés

Mac est un peu fougueux, joueur et semble aimer les enfants. Cela dit, cadrer un chien comme lui ne s’improvise pas. Dans le petit jardin grillagé où la famille se familiarise avec Mac, une éducatrice nommée Amandine leur donne quelques conseils : "Gardez toujours la balle en dessous de sa tête, sinon il peut prendre peur !". Pour Amandine, la petite famille s’en sortira très bien : "C’est un chien génial, habitué aux enfants. Après quelques semaines, il se sentira comme un poisson dans l’eau dans sa nouvelle famille, ils en seront très contents".

Mais l’adoption ne se cantonne pas à deux visites et quelques conseils. Vient ensuite l’heure pour les parents de passer aux formulaires. Ils doivent répondre à une pluie de questions. Elles détermineront finalement s’ils peuvent partir avec le chien, ou non : "Combien de fois comptez-vous le sortir ?", demande Amandine, "Que faites-vous si vous partez en vacances ? Aura-t-il une pièce pour dormir ? Avez-vous d’autres animaux ? Avez-vous accès à un jardin ? Combien de temps le chien restera-t-il seul par jour ?", et ce n’est là qu’un échantillon… Une mauvaise réponse peut remettre en cause l’adoption. On le voit, adopter un chien, ce n’est plus comme acheter une peluche.Ces méthodes de sélection, Gaëtan Sgualdino, le président de la SPA, les assume parfaitement, et les explique : "On le voit au travers de notre expérience, il y a encore des cas de maltraitances. Encore aujourd’hui, on vient de récupérer un animal complètement négligé, avec le poil plein de nœuds, plein de merde. Je n’ai pas envie que ça arrive à un animal qui viendrait de sortir de notre refuge".

"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !"
"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !" © Tous droits réservés

Mais cela ne freine-t-il pas le rythme des adoptions ? "Peut-être", répond le président, "mais nous préférons prendre le temps de trouver le bon adoptant, c’est important. Je pense qu’on doit cela aux animaux".

Ces méthodes sont aujourd’hui partagées par une grande majorité des refuges en Belgique. Bien qu’ils soient tous indépendants les uns des autres, ils tentent aujourd’hui d’harmoniser leurs méthodes. Et outre les questionnaires et les rencontres préalables, les refuges partagent une autre pratique : les visites post-adoptions. Sorte d’inspection à domicile, contractuelle, au cours de laquelle un membre du refuge viendra vérifier que les engagements pris par l’adoptant en vue d’un accueil correct de l’animal sont bien respectés.Gaëtan et une bénévole du refuge doivent justement rendre visite à Ash, l’un de leurs anciens résidents. Ash, un rottweiler de trois ans, vient tout juste d’être accueilli par Elene, une Thudinienne de 27 ans. Ash ayant passé près d’un an à la SPA, il reconnaît vite la bénévole, qui s’en est beaucoup occupée.

"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !"
"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !" © Tous droits réservés

Après les retrouvailles, Gaëtan commence l’inspection. Le comportement du chien est un bon premier point. Lui qui craignait les humains ne semble pas inquiété par les inconnus que nous sommes. Tout est ensuite passé en revue : sa pièce de vie, son alimentation et, point crucial, les abords extérieurs. Là, le bât blesse : les clôtures semblent inachevées. C’était pourtant un point sur lequel Elene avait promis d’avancer rapidement. Mais Gaëtan semble satisfait du travail déjà engagé. "Cela ne fait que deux mois que Ash est ici et Elene a déjà avancé sur beaucoup de points. Je sais qu’elle pourra terminer les clôtures du jardin rapidement, nous avons confiance".

"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !"
"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !" © Tous droits réservés

Il faut dire que ce travail est un investissement financier de plusieurs milliers d'euros. "Le matériel est dans le garage, il n’y a plus qu’à finir d’installer", rassure Elene.

Des formulaires, des conseils, des inspections, … C’est aujourd’hui monnaie courante lorsque l’on veut adopter un chien ou un chat. Mais certains refuges vont plus loin. C’est le cas de l’Arche de Noé, à Mons. Là, on organise des pré-inspections. "Quand un candidat à l’adoption vient nous voir", explique Nathalie Storder, "nous lui proposons quelques animaux en fonction du profil. Hors de question qu’il fasse son marché dans le chenil. Ensuite, nous lui expliquons les tenants et aboutissants liés à l’adoption d’un animal. En fonction de la discussion, nous planifions une visite du domicile, où nous vérifierons que le foyer est prêt à accueillir un animal."En fin de soirée, Nathalie a rendez-vous avec une famille de Brugelette. Le couple, très motivé, ne fait entrave à aucune demande de l’inspectrice. "Faites comme chez-vous !", lance le père.

"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !"
"Adopter un animal, ce n'est pas acheter un peluche !" © Tous droits réservés

La visite commence par le jardin où Nathalie ne laisse rien passer : "Cette clôture est trop basse. Ce tas de gravats doit disparaître. Le poulailler peut représenter un problème. Si besoin, il faudra occulter". Etc, etc. "Nous sommes là pour responsabiliser les gens. Adopter, ça engendre certaines responsabilités et déjà un jardin bien clôturé, un bel espace, cela pour éviter des accidents".

Avec une centaine de refuges à travers la Wallonie, les animaux perdus ou abandonnés sont rarement laissés de côté. S’il faut aujourd’hui un peu plus de temps pour qu’ils trouvent le bon propriétaire, ces méthodes permettent une adoption durable.

Sur le même sujet

Le SOS lancé par les refuges: n'offrez pas d'animal de compagnie ce Noël !

On n'est pas des pigeons

Articles recommandés pour vous