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Agressions sur le personnel : L’intercommunale de gestion de déchets "Tibi" applique la tolérance zéro

Le personnel de Tibi avait manifesté après l’accident grave qui a touché un employé en août 2021.

C’est une constante, les 400 travailleurs en charge de la collecte et la gestion des déchets de l’intercommunale "Tibi" sont régulièrement victimes d’agressions et d’incivilités. Pour s’en rendre compte, il suffit de suivre une tournée de ramassage et très vite les premiers exemples sont là : "Voilà, vous venez d’arriver, et voyez déjà ce sac, il est rempli de verres cassés, constate, dépité, Stefan Di Cara, à l’arrière du camion. Ce verre cassé, c’est un danger de coupure constant pour nous, et je ne comprends pas puisqu’une collecte spécifique pour ce verre est organisée. Et puis, il y a aussi les seringues, les produits toxiques, etc… Ce matin, un bidon d’huile qui n’avait rien à faire dans les sacs a explosé dans la benne et on a tous été aspergés."

Ce que demandent Stefan Di Cara et ses 2 collègues de tournée, Anthony Dezée et Rudy Gilbert, c’est un peu plus de civisme : "Faire attention à ce qu’on met dans son sac, c’est notre seule demande ! Penser un petit à nous et au fait qu’on empoigne ces sacs et c’est évidemment impossible pour nous de tous les vérifier."

Autre constat de Rudy Gilbert, au volant du camion : la nervosité des automobilistes : "Je dois en permanence conduire en faisant en sorte de protéger mes collègues qui chargent à l’arrière. Il y a ceux qui s’impatientent, klaxonnent, et insultent parfois et puis il y a les inconscients qui tentent de dépasser, roulent sur les accotements et parfois même sur les trottoirs."

C’est d’ailleurs le comportement insensé d’un automobiliste qui a grièvement blessé en août dernier un de leur collègue. Percuté par une voiture, il a perdu une jambe dans l’accident.

Autre constat, les agressions verbales et parfois même physiques. En cause les sacs non ramassés, les refus d’accès au recyparc et puis il y a aussi le harcèlement. Un phénomène encore plus présent depuis que "Tibi emploie de plus en plus de personnel féminin. "En janvier dernier, j’ai été victime d’attouchements alors que j’étais sur la voirie, explique Maud Demanez, balayeuse au service propreté. Une expérience traumatisante qui s’ajoute à d’autres comportements liés au fait que je suis une femme. Sifflements, demandes de numéro de téléphone, remarques vulgaires. Ce n’est pas acceptable et j’ai donc décidé de porter plainte."

Une réaction encouragée par la direction de Tibi : "Nous demandons à l’ensemble du personnel de nous faire remonter tous les problèmes de ce type, précise Françoise Lardenoey, porte-parole de "Tibi". Dans le cas d’une agression comme celle vécue par notre balayeuse, nous la soutenons dans toute la procédure judiciaire et dans le suivi psychologique nécessaire. Mais nous voulons aller plus loin dans la tolérance zéro et réagir le plus souvent possible. Parce qu’il y a les agressions mais il y a aussi les remarques désobligeantes, vexatoires, vulgaires qui à force de se répéter peuvent avoir un impact psychologique sur notre personnel et ça aussi nous voulons y être particulièrement attentifs."

On signalera encore que "Tibi" mise aussi sur ses campagnes régulières de prévention pour rappeler l’importance du civisme et du respect pour le travail de ses 400 agents qui sont quotidiennement sur le terrain au service des citoyens.

 

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