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Agriculture : à cause de la sécheresse, l'implantation du couvert est un échec

Agriculture: à cause de la sécheresse, l'implantation du couvert est un échec

© RTBF - Marc Mélon

02 sept. 2022 à 13:20Temps de lecture2 min
Par Marc Mélon avec Caroline Adam

Même si quelques averses sont attendues dans les prochaines heures, il en faudrait bien plus. Les sols sont très secs. Et certains agriculteurs se retrouvent dans l'illégalité car ils n'arrivent pas à réaliser certaines plantations, pourtant obligatoires d'un point de vue environnemental. Mais des dérogations viennent d'être accordées.

Rien ne pousse car le sol est trop sec

Jules Jehaes est agriculteur à Landenne sur Meuse. En juillet, il a récolté des pois dans un champ. Avant de semer du froment début octobre, la législation wallonne lui impose d'implanter un couvert: c'est une culture intermédiaire qui a pour objectif de piéger les nitrates dans le sol. "Avant le 1er septembre, on doit avoir semé" explique l'agriculteur. "Le premier objectif, c'est d'empêcher la production de nitrates de descendre dans le sol et de polluer les nappes phréatiques. Le deuxième objectif, c'est de capter le CO2 que nous avons dans l'atmosphère."

L'agriculteur a effectué le travail. Mais à cause de la sécheresse, rien ne pousse: "Ou les semences ne sont pas germées parce qu'il n'y a pas d'humidité, ou elles sont germées et elles sont perdues parce qu'elles sont mortes aujourd'hui."

Une dépense de 130 à 140 euros de l'hectare

Ce qui fait bondir Jules Jehaes, c'est la décision de lever la mesure la veille de la date limite, le 1er septembre: "La dépense a été engagée puisqu'on ne fait pas la dépense à la dernière minute, on programme le travail. Pour le travail, on a engagé une somme de 70 euros l'hectare, et les semences coûtent autour des 60 euros l'hectare. Cela fait une dépense de 130 à 140 euros de l'hectare. Multiplié par le nombre d'hectares, ça peut faire des sommes très conséquentes."

Pour effectuer les travaux dans les champs, les agriculteurs doivent tenir compte d'un calendrier. Pour la Fédération Wallonne de l'Agriculture, il faut changer la règle: "On doit avoir beaucoup plus de souplesse et nous permettre de pouvoir nous adapter à la qualité du sol, à la météo, et faire vraiment notre travail en vrais professionnels" souhaite Marianne Streel, Présidente de la Fédération Wallonne de l’Agriculture.

Des dérogations accordées

Le monde agricole demande que les contrôles soient supprimés cette année: "On est contrôlés, comme pour tout le reste, et si on ne respecte pas les règles, il est évident que les agriculteurs ont des sanctions financières dans la PAC ou alors des amendes administratives."

Des dérogations aux dates d'implantation et de destruction des couverts ainsi qu'aux périodes d'épandage des engrais ont été accordées par les ministres Céline Tellier et Willy Borsus.


 

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