On n'est pas des pigeons

Aide ménagère : un métier en pénurie ?

Selon les régions et même les communes , les aides ménagères manquent

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15 déc. 2021 à 12:25Temps de lecture3 min
Par Françoise Walravens

Il manque des aides ménagères dans certaines régions plus que d'autres. Les coins les plus reculés semblent les plus touchés. Pourquoi ce manque de main d'œuvre ? Pigeons a fait un petit coup de sonde dans différentes villes. 

Dans la région de Liège, difficile d'en trouver

Ingrid Bertho, la directrice  de "Madame est servie" à Huy n'a jamais vu cela depuis 17 ans qu'elle travaille dans le secteur.

On aimerait engager 20 aides ménagères supplémentaires, mais on ne trouve pas

La société emploie déjà 60 aides ménagères, mais depuis 6 mois, elle cherche des collaboratrices. En vain : "On aimerait engager 20 aides ménagères supplémentaires, mais on ne trouve pas."

Pourquoi cette pénurie ? "Beaucoup de familles sont en télétravail et doivent jongler avec les enfants à la maison". Faire le ménage devenant une corvée, il y a donc une forte demande des familles.

Certaines aides ménagères ont aussi peur de se rendre à domicile parce qu’elles ont peur de côtoyer trop de monde

Autre raison invoquée: "De plus, certaines aides ménagères ont aussi peur de se rendre à domicile parce qu’elles ont peur de côtoyer trop de monde. Beaucoup ont changé de métier. Et puis, en région , il faut avoir une voiture pour se déplacer et c'est un gros budget !

C'est la revendication actuelle, notamment des aides ménagères : "Le montant de leurs indemnités de déplacement. Il est  limitée à 13 centimes par kilomètre alors que l’État fixe cette indemnité à 37 centimes."

Au total, les frais peuvent atteindre 10% d’un revenu, qui est en moyenne de 800 euros pour un mi-temps

A Marcinelle, même constat

Je dois encore en engager, mais c'est très difficile. J'ai l'impression que les gens ne veulent plus travailler

A Marcinelle, dans la société "Angélique Titres-services", c'est aussi la pénurie : "J'ai cherché pendant 6 mois une aide ménagère. Je dois encore en engager, mais c'est très difficile. J'ai l'impression que les gens ne veulent plus travailler." Et comme preuve, elle ajoute: "C'est la première fois qu'une dame me dit qu'elle préfère rester au chômage où elle gagne plus !"

Une aide ménagère gagne en moyenne 1500€ pour un temps plein de 38 heures/ semaine. Mais les temps pleins sont rares, vu la pénibilité du travail.

A Bruxelles et dans le Brabant Wallon, moins de soucis

Sans doute est-ce parce que les déplacements en transport en commun sont plus aisés à Bruxelles; mais nous venons d'engager deux équivalents temps-plein.

Chez TS-Bxl où travaillent cent aides ménagères, cela semble plus facile. Fabrice Vandevoorde : "Sans doute est-ce parce que les déplacements en transport en commun sont plus aisés à Bruxelles; mais nous venons d'engager deux équivalents temps-plein." On ne peut pas donc parler de pénurie, mais bien de difficultés de recrutement.

Il raconte: "C'est la première fois que cela nous arrive, nous avons fait un contrat avec une dame et depuis nous n'avons plus aucune nouvelle d'elle !"

Certains clients veulent des aides ménagères vaccinées et certaines ne le sont pas, donc nous devons en tenir compte

Et puis la Covid n'a pas arrangé les choses : "Certains clients veulent des aides ménagères vaccinées et certaines ne le sont pas, donc nous devons en tenir compte, ce qui n'est pas évident et du coup, nous avons pour la première fois une liste d'attente de 20 personnes en demande.

... la pénurie d'aides ménagères dépend vraiment d'une région à l'autre.

Marie Devo, directrice chez "Les P'tites Fées Bleues", qui regroupe 22 agences dans 3 régions : "Nous n'avons pas de pénurie en ce moment juste peut être à Gand. Mais je pense que la pénurie d'aides ménagères dépend vraiment d'une région à l'autre."

Et dans les grosses sociétés ?

La société Daoust - qui emploie 3500 personnes pour 25.000 clients dans toute la Belgique - n'avait pas le temps de nous répondre.

Beaucoup de nos dames polonaises ou roumaines sont reparties vivre dans leur pays.

André de Sauvage de chez Aaxe Titres-Services - qui employait 3000 aides ménagères -  travaille avec 2800 personnes aujourd'hui : "Beaucoup de nos dames polonaises ou roumaines sont reparties vivre dans leur pays."

... c'est un travail physique très dur, et donc nous sommes confrontés à des maladies de longue durée

Il assure qu' "on ne recrute plus aussi facilement qu'il y a 10 ans." Et souligne : "De plus, c'est un travail physique très dur, et donc nous sommes confrontés à des maladies de longue durée."

Une pénurie de main d'oeuvre, oui et non, selon les régions et même les communes. Des travailleuses et travailleurs qui aimeraient que leurs salaires soient revalorisés vu le contexte difficile. 

Cleaner moping the floor of a hall
Cleaner moping the floor of a hall Getty Images

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