Sous couverture

Alain Mabanckou sur les traces des croyances qu'on lui a inculquées dans son enfance

L'écrivain Alain Mabanckou entouré de Thierry Bellefroid et Lucile Poulain

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C'est Alain Mabanckou qui inaugure cette première émission d'octobre. Il est venu  présenter à Thierry Bellefroid et Lucile Poulain son dernier roman Le commerce des allongés paru récemment au Seuil. Un livre avec lequel il revient à l'enfance et où il questionne ce qui est au delà de la réalité ! Rendez vous dans Sous Couverture ce dimanche 2 octobre à 23h sur La Trois !

"Le commerce des allongés" d'Alain Mabanckou

Liwa Ekimakingaï vit depuis toujours chez sa grand-mère, Mâ Lembé parce que sa mère est décédée en couches. Il travaille comme cuisinier à l’hôtel Victory Palace de Pointe-Noire. Le 15 août, il décide d'aller fêter l'indépendance de son pays en boîte. Il revêt ses nouveaux habits achetés l'après-midi même et se lance à la recherche de l'âme sœur. Au bord de la piste de danse, la belle Adeline semble inatteignable. Pourtant, elle accepte ses avances, sans toutefois se compromettre. Elle signera sa fin…

Liwa entame une nouvelle vie au cimetière de Frère-Lachaise à Pointe Noire. Comme tous les cadavres il doit rester quatre jours en plein air avec sa famille, les compatissants, les collègues du Grand-Marché autour de lui et surtout les chanteurs-danseuses-pleureuses afin que son voyage vers l'au-delà se fasse dans la danse et dans la joie.

Mais Liwa n'accepte pas les conditions de sa mort et il sort sa tombe pour faire connaissance avec ses voisins. Ceux du Frère-Lachaise, le cimetière des pauvres mais aussi un peu plus loin, ceux du cimetière des riches. Car oui, la distinction sociale se poursuit même dans la mort...

Comme l'écrivain l'a confié à un de nos confrères :

Ce roman peut se lire comme un inventaire de toutes les croyances qu'on m'a inculquées et qui me hantent depuis mon enfance, en ce temps où il n'y avait pas de frontières entre la vie et la mort.

L'écrivain-monde

Deux ans après Rumeurs d'Amérique où il partageait ses impressions sur sa patrie d'adoption depuis vingt ans, Alain Mabanckou revient à ses racines avec cette langue inimitable qui mêle le tragique et la drôlerie, le grotesque et le sublime. Mais ne vous y trompez pas, l'Afrique que l'écrivain dépeint dans ses livres, c'est l'Afrique ouverte au monde :

L’important pour un écrivain, même si on est dans le local, c’est de donner au local une dimension universelle. La littérature, c’est l’art d’installer de l’universalité là où certains croyaient que c’était une motte de terre de son père qu’on avait mise à coté.

A fils unique, destin unique !

Cependant, autant l'auteur portera toujours haut sa voix à travers ses romans, ses récits, ses recueils de poésie, autant il chérit la nuance et ne revendique rien de collectif. Il refuse d'être assimilé à un mouvement. Être un porte voix ? Très peu pour lui.

Peut-être est-ce le fait d'avoir été enfant unique dans les années 60, ce qui est en soi assez exceptionnel en Afrique, qui l'a amené à développer cette voie singulière.

Fils d'une marchande de bananes au marché et d'un père adoptif, réceptionniste dans un grand hôtel, le jeune Alain découvre la lecture à travers les SAS et San Antonio oubliés par les clients que son père ramène de l'hôtel. Après un bac philo, il entame des études de droit à Brazzaville pour faire plaisir à sa mère. A 23 ans, il reçoit une bourse et débarque à Paris pour entamer un DEA en droit des affaires. Dans ses valises, quelques manuscrits et surtout, des poèmes. Il entame sa carrière dans le groupe Suez-Lyonnaise des Eaux mais continue à écrire se tournant de plus en plus vers la fiction.

Il publie Bleu, blanc, rouge, son  premier roman en 1998 mais c'est Verre Cassé en 2005 qui le fait connaitre au grand public. L'année suivante, il remporte le Prix Renaudot avec Mémoire de porc-épic. 

Depuis, l'écrivain ne cesse de séduire de plus en plus de lecteurs. En 2006, l'université de Los Angeles (UCLA) lui confie la chaire de littérature francophone. Il partage désormais sa vie entre Los Angeles et Paris.

 Je suis un arbre dont les racines sont en Afrique, le tronc en Europe et le feuillage aux États-Unis !

En 2015, il devient professeur invité au Collège de France à la Chaire de Création artistique devenant ainsi le premier écrivain à occuper ce poste depuis sa création en 2004. Sollicité un peu partout dans le monde, Alain Mabanckou est également membre de plusieurs jurys littéraire dont celui du Booker Price en 2022.

 

 

Vous voulez en savoir plus ? Rendez-vous à 23h ce dimanche 2 octobre sur La Trois dans Sous Couverture !

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