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Alain Maron sur le Plan Air Climat Energie bruxellois : "C’est un véritable enjeu de ne laisser personne au bord de la route"

L'invité de Matin Première : Alain Maron

Démontrer l'ambition climatique

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01 juin 2022 à 07:17 - mise à jour 01 juin 2022 à 09:39Temps de lecture4 min
Par Estelle De Houck sur base de l'Invité de Matin Première de Thomas Gadisseux

Le Plan Air Climat Energie va être adopté ce mercredi en région bruxelloise. Le gouvernement y fixe son ambition climatique et relève les objectifs en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Entre obligation de PEB, fin des chaudières mazout ou encore réorientation des subsides et des primes… Qu’est ce qui va changer concrètement ? Et comment accompagner le citoyen dans cette transition ?

La rénovation du bâti est au menu du Plan Air Climat Energie. Techniquement, tous les ménages bruxellois ont accès aux primes de rénovation. Mais l’activent-ils vraiment ?

"Nous avons renforcé fortement le système de prime et de soutien via les primes Rénolution. On couvre jusqu’à 50% des montants des travaux engagés pour les revenus les plus faibles. Il faut avoir des sous, mais on met en place un prêt à taux zéro", se félicite le ministre Alain Maron, qui a été chargé de le mettre en œuvre le Plan Air Climat Energie.

On devra donner aux ménages les moyens d’assurer cette transition énergétique

"On devra donner aux ménages les moyens d’assurer cette transition énergétique."

Le ministre insiste également sur les économies que pourront faire les ménages. "Si vous isolez votre toit, si vous isolez votre maison, votre facture d’énergie va baisser drastiquement. Et pour le moment, elle est trop élevée."

Les énergies fossiles

A côté de la rénovation du bâti, il y a la réduction des énergies fossiles. La sortie progressive du mazout, trop polluant, est au coeur du plan. L’objectif : installer petit à petit des alternatives.

Mais, à nouveau, est-ce accessible pour les Bruxellois ? "Il y a des systèmes de primes et de soutien spécialement dédicacés pour aider les gens à y arriver. Il faut savoir que le privé investit de plus en plus. Par exemple sur les panneaux solaires, vous pouvez décider d’investir vous-même, mais vous pouvez également passer par un tiers investisseur – c’est-à-dire une société qui va les installer à votre place. Vous allez engranger les économies d’énergie tandis que la société va engranger les certificats verts et le soutien régional."

"On met aussi en place des systèmes de communauté d’énergie, c’est-à-dire que les personnes qui installent les panneaux – y compris les personnes morales – pourront revendre leur électricité à d’autres", ajoute-t-il.

C’est un véritable enjeu de ne laisser personne au bord de la route

"C’est un véritable enjeu de ne laisser personne au bord de la route."

La fin du mazout en 2025 ?

En termes de date, le ministre vise 2025 pour la fin du mazout de chauffage. "Mais à Bruxelles le mazout est très résiduaire, on n’est pas dans la même situation qu’en Wallonie et en Flandre", assure Alain Maron.

Par ailleurs, les Bruxellois ne devront pas avoir mis fin à leurs installations pour 2025. "Ils vont être accompagnés pour mettre fin progressivement à leur installation." Et c’est la même chose pour le gaz, qui sera interdit dans des nouveaux logements. "Mais cela concerne les nouveaux logements ou ceux qui font l’objet d’une rénovation extrêmement lourde."

"On ne peut pas admettre qu’encore après 2025 on puisse faire de nouvelles installations au mazout ou au gaz alors qu’on sait que d’ici 2050 on doit en sortir."

Selon le ministre, c’est une opportunité. "Cela veut dire que ces bâtiments seront économes en énergie. Ce qui veut dire que celles et ceux qui habiteront dans ces bâtiments auront une consommation d’énergie moindre."

La mobilité

Outre la question des bâtiments, celle de la mobilité. Les transports représentent 26% des émissions de gaz à effet de serre à Bruxelles. Au total, c’est 16.000 camions et 26.000 camionnettes qui circulent à l’intérieur de la région. Vont-ils être en partie remplacés par des vélos cargo ? "Non seulement c’est envisageable mais c’est déjà le cas", explique le ministre.

"Des grandes entreprises de logistique utilisent des vélos cargo pour alimenter la ville. Et nous sommes en train de mettre en place des systèmes de hub pour faire en sorte que les matériaux arrivent sur place à un endroit et qu’à partir de là ils soient dispatchés dans la ville avec d’autres méthodes de livraison."

L’alimentation

Autre question, celle de l’agriculture et donc de l’alimentation. Le programme Plan Air-climat vise une réduction de 50% de la consommation de viande d’ici 2050.

Pour Alain Maron, l’idée n’est surtout pas de décourager. "Mais pour le moment, si vous regardez dans les cantines, les enfants ou les personnes qui résident dans les hôpitaux sont obligés de manger de la viande. Y compris si elles ne le veulent pas. Et ça arrive systématiquement dans leurs assiettes", illustre-t-il.

On doit pouvoir diminuer les grammages de viande. Pas parce qu’on est anti-viande, mais parce qu’on pense qu’il faut mieux consommer la viande.

"On doit pouvoir diminuer les grammages de viande. Pas parce qu’on est anti-viande, mais parce qu’on pense qu’il faut mieux consommer la viande. Et que la viande n’est pas forcément bonne pour la santé – en tout cas la viande rouge – et elle est mauvaise pour l’environnement."

Crise climatique, sanitaire, géopolitique… Les chocs que nous connaissons actuellement nous poussent-ils à changer les mentalités ? "Ce qui est clair c’est qu’on doit accélérer le mouvement, ça c’est sûr. Si on veut atteindre des objectifs climatiques, environnementaux et faire en sorte que la vie et la ville restent plus belles, agréables, on doit réussir à atteindre les objectifs de l’accord de Paris", conclut le ministre.

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