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Alaska Gold Rush : "L’objectif avec cet album, c’était de faire quelque chose de beau"

Alaska Gold Rush : Renaud Ledru (guitare/voix) et Nicky Collaer (batterie).
08 mai 2022 à 18:10Temps de lecture5 min
Par Renaud Verstraete

Une guitare, une batterie et des histoires touchantes à raconter. Voilà ce qu’ont embarqué Alaska Gold Rush dans leurs valises pour présenter leur nouvel album sur les routes de France. Sur "Human Flare", le duo se réinvente avec une sincérité brute qui fait de ce disque un des albums du printemps. Rencontre avec les deux moitiés d’Alaska Gold Rush, Nicky (batterie) et Renaud (guitare/voix).

Votre nouvel album "Human Flare" est sorti il y a quelques jours. Vous avez eu des premiers retours ?

Renaud : C’était un peu bizarre parce qu’on était sur la route pendant la sortie. Pour les autres sorties, on passe un peu du temps sur internet à essayer de partager le truc à plein de gens. Cette fois-ci, on a un peu regardé tout ça de loin. Et finalement, ce n’est pas plus mal. On n’a pas trop eu la pression comme ça. On est super contents de pouvoir jouer ces nouveaux morceaux en concerts. On a maintenant un set complet avec uniquement des morceaux écrits avec Nicky, qui est là depuis l’album précédent.

Nicky : Les morceaux des deux derniers disques sont assez cohérents. Ça envoie un peu plus la patate que précédemment !

Quel était l’objectif au moment d’écrire ce nouvel album ? Continuer sur la lancée du précédent ?

Renaud : Ce n’est pas du tout pour sonner prétentieux, mais l’objectif avec cet album, c’était de faire quelque chose de beau. On avait envie de quelque chose de joli tout simplement. On a soigné les mélodies et la production. En live, ce n’est pas que ce n’est pas joli (rires), mais on joue plus la carte de l’énergie et du rentre-dedans.

Nicky : On est deux alors on essaie de combler le vide, en frappant fort, en bougeant sur scène et en faisant des petits pas de dance (rires).

Ce disque, "Human Flare", c’est un peu une ode aux bons côtés de l’être humain ?

Renaud : "Human Flare", je ne sais pas comment le traduire, mais c’est un peu genre le rayonnement humain, la chaleur humaine, le côté lumineux des gens quoi. Chaque morceau, c’est une sorte de portrait de quelqu’un qui m’est proche, un dialogue avec un ami, avec un membre de ma famille. Je voulais vraiment mettre en avant le côté humain. C’est parfois la foule d’humains qui fait un peu peur. Mais en fait, dès que tu rencontres les gens individuellement, tu te rends compte qu’on est plus proche les uns des autres qu’on ne le pense.

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C’est un album qui fait du bien avec une petite touche d’insouciance. Vous le ressentez comme ça aussi de votre côté ?

Renaud : On nous dit pas mal que cet album tombe à pique pour les beaux jours et le printemps. Ce n’est pas faux. Il y a beaucoup de trucs mélancoliques mais on s’attarde sur le côté joli de la mélancolie. Le côté entrainant ? C’est la patte de Nicky. Il a amené ce côté assez direct au projet.

Nicky : Je suis assez binaire comme garçon (rires). Je le reconnais, j’aime les structures simples. Renaud, c’est le côté torturé et tordu (rires). Ce qui me plaît, moi, dans Alaska c’est d’avoir su trouver cet équilibre à nous deux !

Cette cohésion, c’est ce qui fait la force de votre duo. Vous voyez ça comme une limitation ? Ou est-ce que cela vous pousse à être plus créatif ?

Renaud : Vu qu’on est que deux, l’objectif c’est d’éviter que ça devienne chiant et prévisible à l’écoute. Si on joue le même couplet de la même manière, t’as compris après deux fois quoi (rires). On joue beaucoup avec les dynamiques, ça permet de créer un petit momentum et des variations. On alterne des passages plus calmes mélodiques avec des moments plus énergiques. Et c’est très gai à faire en concert !

Nicky : Avec Alaska, le principe c’est qu’on n’a pas de bandes. Une  guitare, une batterie et c’est tout !

Renaud : On est fort attaché à cet aspect-là, c’est ce que les gens retiennent quand ils nous voient en concert. Il n’y a pas de truc préenregistré, il n’y pas de fake, tout est authentique. On ne peut donc pas tricher en studio. Peut-être qu’on se prend trop la tête en essayant de rester simple. Il y a des groupes où ils sont 3 et tu entends un orchestre symphonique derrière… C’est ça aussi qui fait notre originalité, je pense. Un jour peut-être qu’on mettra des congas sur un morceau en studio (rires).

Sur ce nouveau disque, la guitare et la batterie se répondent et se complètent. La batterie occupe parfois un aspect presque mélodique. C’est quelque chose auquel vous réfléchissez en composant ?

Nicky : Moi je ne suis pas un gros groover, j’aime bien taper brut et être carré. Quand je fais des fills, je suis souvent les petites notes de Renaud. C’est ça qui donne cette cohésion et c’est assez naturel ! C’est comme si j’étais en classe et que je regardais un peu sur sa feuille pendant une interro. Je le recopie, mais avec ma batterie (rires).

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Au niveau des clips, Renaud, tu es passé derrière la caméra. Il y avait à nouveau une volonté de tout faire en DIY ?

Renaud : On en a un peu marre du monde de la musique actuel où tu es obligé de passer par plein d’intermédiaires. Et c’est con, mais ça coûte beaucoup d’argent pour un truc que l’on fait depuis toujours. On aime bien faire les clips nous-mêmes, écrire les scénarios et raconter une histoire. On trouve ça cool qu’il y ait un truc personnel en plus dans le projet. Depuis quelque temps, je m’intéresse vraiment très fort au cinéma. J’avais des idées de plans de caméra qui me faisaient marrer et que j’avais vraiment envie de réaliser. On aime le côté imparfait et authentique de nos clips. On ne voulait pas un truc avec des drones et des Lamborghini (rires).

Ce sont bien tes neveux qui jouent à la guerre dans la rivière dans le clip d'"Arsonist" ?

Renaud : Exactement ! En fait, ils avaient déjà participé au clip de "Dirty Road" à l’époque. Ils étaient tout petits et ils en étaient trop fiers. Maintenant, ils ont dix ans et ils n’arrêtaient pas de me tanner pour refaire un truc. "Arsonist" évoque mon meilleur pote et les conneries qu’on faisait quand on était petits. C’était une évidence de les reprendre pour ce clip. Et au final ça les a bien fait marrer. On a mis en scène des jeux débiles qu’on faisait avec mon pote. On a fait ça chez mes parents, dans le village où j’ai grandi.

Nicky : C’est un peu à la Goonies quoi ! (rires)

On est super bien entouré, mais on n’est pas nombreux. On est comme une petite famille aimante.

Vous revenez en Belgique le 10/05 à la Rotonde du Botanique. Vous vous réjouissez de présenter l’album au public belge ?

Renaud : On a une espèce de petite histoire d’amour avec la Rotonde, depuis les débuts du projet. On a très vite fait une première partie dans cette salle et on y a joué peut-être 10 fois depuis. Il y a un truc ultra-direct avec les gens à la Rotonde, ils sont juste devant.

Nicky : C’est la plus belle salle de Bruxelles !

Renaud : On se réjouit vraiment d’y retourner. Après, c’est un peu stressant parce que les potes et la famille viennent. C’est moins évident de jouer devant eux que devant des inconnus au fin fond de la France (rires).

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