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La Grande Forme

Alcool : quelle différence entre aimer boire un verre et tomber dans l'alcoolisme ?

01 oct. 2021 à 13:00 - mise à jour 06 oct. 2021 à 14:10Temps de lecture4 min
Par Caroline Depuydt et Sophie Businaro

Après 19 mois de fermeture, certaines boîtes de nuit ont rouvert cette nuit, avec Covid safe ticket. L'occasion de danser jusqu'au bout de la nuit, de se changer les idées et de boire un verre.... Avec modération ! Mais quelle la limite entre le fait d'apprécier boire un verre et le fait de tomber dans l'alcoolisme ? On fait le point avec le Dr Caroline, psychiatre dans "La Grande Forme".

Dès ce 1er octobre, les fêtards peuvent retrouver les pistes de danse des boîtes de nuit du pays. Certaines avaient déjà ouvert leur porte dès jeudi 23h59. Après un an et demi de fermeture totale, les discothèques reprennent du service. On va donc en profiter pour monopoliser le dancefloor et boire un verre avec ses amis... avec modération bien entendu.

L'occasion pour le Dr Caroline de faire le point et de nous expliquer la différence entre aimer boire un verre et tomber dans l'alcoolisme. Il faut savoir que l’alcool est attirant parce qu’il nous calme et nous apaise. En fait nous avons un calmant naturel dans notre cerveau, c’est un neurotransmetteur, il s’appelle le GABA (acide gamma-aminobutyrique). Pour rappel un NT est une molécule qui permet la passation d’information d’un neurone à un autre dans le cerveau. On en a beaucoup qui ont des fonctions différentes, par exemple la sérotonine (pour la sérénité) , la dopamine (pour le plaisir ), la noradrénaline (pour l’excitation)  etc.

Le GABA calme la partie du cerveau où il est produit, il diminue toute son activité et a donc une fonction apaisante.
Les calmants, comme les benzodiazépines (Xanax, Temesta) et l’alcool miment le GABA. Mais évidemment, ils agissent sur l’entièreté du cerveau et là où le GABA naturel va agir modérément, l’alcool va agir puissance 1000. C’est pour ça qu’on finit par avoir des troubles de l’équilibre: la partie du cerveau qui gère l’équilibre - le cervelet - est trop anesthésié et ne peut plus remplir son rôle. C’est pour ca qu’on est désinhibé : la partie du cerveau qui gère nos décisions, notre maitrise de nous même et nous réfrène un peu - le cortex préfrontal - est en mode off.

Donc, dans un premier temps, on prend l’alcool comme un remède, il nous calme et nous détend. Les boîtes de nuit rouvrent, c’est la fin de la semaine, on a ce dîner prévu avec des amis et on a vraiment envie de se détendre et d’éteindre un peu l’hyper-contrôle de notre cerveau. Mais ce remède devient vite un poison parce qu’il est beaucoup trop fort et touche l’entièreté du cerveau.

GETTY IMAGES

Les signes qui peuvent vous inquiéter

Des consommations épisodiques même exagérées, ne signifient pas automatiquement un début d’alcoolisme mais quelques signes peuvent vous inquiéter, j’ai l’habitude de dire que les problèmes commencent quand ce n’est plus vous qui contrôlez la consommation d’alcool mais l’alcool qui vous contrôle.

  • Vous buvez tous les jours, ou en tous cas, vous en avez très envie et avez du mal à vous retenir
  • Si vous ne buvez pas, vous ressentez un manque, soit psychique (envie majeure) , soit même physique ( tremblements, transpiration, battements cardiaques accélérés) 
  • Vous vivez des conséquences négatives de la consommation d’alcool, vous ratez des journées au travail parce que vous n’arrivez Pas à vous réveiller, vous avez un accident de voiture sous l’influence de l’alcool, vous avez des conflits familiaux autour de votre consommation

Tous ces signes doivent vous pousser à consulter, vous remarquez que je ne parle pas de quantité de consommation d’alcool parce que cette quantité est variable de personne à personne et différente également en fonction du sexe. Les recommandations OMS sont de ne pas consommer plus de 21 verres standard par semaine pour l’homme et 14 par semaine pour la femme, max 4 verres par jour et ce, pas tous les jours.

Trucs et astuces pour la gueule de bois

Pour finir, le Dr Caroline propose quelques trucs pour bien gérer sa consommation en soirée et éviter la gueule de bois le lendemain: 

  • Prévoyez votre soirée, visualisez-la et décidez à l’avance la quantité que vous allez consommer et quand vous allez vous arrêter (2 verres à l’apéro, 2 verres au dîner puis stop ou 2 cocktails max et pas après une heure du mat’)
  • Prévenez votre conjoint ou vos amis que ce soir vous arrêtez de boire à 23H, cela boostera votre décision parce que vous n’aurez pas envie de perdre la face
  • Apprenez à vous connaître et détectez le verre de trop : celui qui désinhibera votre cortex et fera que vous ne pourrez plus vous contrôler (le verre au-delà duquel toutes vos bonnes résolutions tombent à l’eau… ou dans la bière) 
  • Faites deux soirées sans alcool du tout : la première sera peut-être un peu difficile, mais elle vous montrera que vous pouvez y arriver et dès la deuxième vous pourrez même y trouver du plaisir, et surtout vous serez moins fatigué le lendemain. Après vous pourrez plus facilement choisir des soirées avec et des soirées sans alcool.
  • Plutôt que de voir le côté négatif de ne pas boire ( je ne vais pas m’amuser) : Voyez le côté positif à vous abstenir un soir (vous dormirez mieux, vous serez plus en forme le lendemain, vous respecterez votre corps et sa fatigue naturelle) 
  • L’alcool, paradoxalement, ça déshydrate, on urine plus que la quantité qu’on avale, c’est ce qui participe à la gueule de bois, du coup, alternez alcool et eau et le lendemain au réveil, commencez par boire 1 grand verre d’eau avant toute chose. 
  • Le lendemain d’une gueule de bois, le combo gagnant : jus d’un citron avec un grand verre d’eau (et une aspirine) c’est le truc anti nausées et de réhydratation, + 1 banane pour faire le plein de potassium perdu dans vos urines abondantes

La Grande Forme, c’est du lundi au vendredi de 13h à 14h30 en direct sur VivaCité. Vous avez manqué l'émission? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio.

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