Vie pratique

Alerte aux tiques : elles sont aussi dans nos jardins, mais où exactement?

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10 juil. 2022 à 10:39 - mise à jour 10 juil. 2022 à 11:43Temps de lecture3 min
Par Xavier Lambert avec Anne-Catherine Croufer

Avec le retour des beaux jours reviennent aussi les conseils de prudence lors des randonnées dans les bois et forêts face à ces vilaines bêbêtes qui peuvent transmettre la maladie de Lyme. Mais saviez-vous que l'endroit où on été signalées le plus de morsures de tiques en Belgique en 2021, c'est... le jardin? Près de 45% des morsures observées dans le cadre du projet "Tiquesnet" de Sciensano y ont été répertoriées, contre 34,7% au bois, 9,6% dans un milieu naturel autre que les bois, 6,3% dans les champs et 2,1% dans un parc public.

Evidemment, c'est notamment dû au fait qu'on passe plus de temps dans son jardin que dans les bois, mais pas seulement: un comptage des tiques dans les jardins, effectué par l'Université néerlandaise de Wageningen, démontre que la probabilité d'en trouver dans votre espace vert privé est assez grande, même quand l'herbe est tondue. 

Trente équipes de comptage ont attrapé des tiques dans les jardins à travers les Pays-Bas ces dernières semaines. "Les tiques ont été trouvées dans 70 % des jardins sélectionnés et dans un quart des cas, les tiques ont été trouvées sur de l'herbe courte", a déclaré le chercheur Arnold Van Vliet, biologiste à l'Université de Wageningen, à Nature Today . 

 

La densité de tiques variait de 0 à 162 tiques par 100 mètres carrés. La moyenne de tous les jardins est de 16 tiques par 100 mètres carrés. Dans les années 2007 à 2016, la densité de tiques dans la forêt était entre 4 et 10 fois supérieure à ce que l'on trouve aujourd'hui dans le jardin. Mais le jardin est souvent utilisé de manière plus intensive, ce qui augmente le risque de piqûre de tique.

Les tiques sont capturées dans tous les types de végétation.  Des tiques ont même été attrapées sur une terrasse où poussaient de hautes herbes entre les dalles et sur le lierre qui recouvrait le sol. Une tique a même été retrouvée dans un potager

Pourquoi s'en inquiéter?

Les tiques mesurent entre 2 et 5 mm de long et se nourrissent du sang de leurs hôtes. Elles sont à l'origine, notamment, de la maladie de Lyme, une maladie neurologique évolutive très grave. En moyenne, en Belgique, 14% des tiques sont ainsi infectées de la bactérie responsable de la maladie de Lyme. Cette maladie infectieuse qui peut s’avérer très grave si elle n’est pas détectée à temps, touche 12.000 Belges chaque année.

Pas de panique pour autant : ce n'est pas parce que vous avez été mordu par une tique que vous allez développer cette maladie. Il faut, cependant, retirer la bête le plus rapidement possible et, idéalement, à l'aide d'une pince à tiques que l'on trouve en pharmacie.
 

"Si on voit qu'on a été mordu par une tique, explique Isabelle Milis, pharmacienne, on l'enlève. On désinfecte avec un produit transparent, un peu d'alcool par exemple ou tout autre produit adapté. Et on surveille la rougeur. Si la rougeur évolue et se déplace, parfois accompagnée d'un syndrome grippal, à ce moment-là, il faut tout de suite téléphoner à son docteur".

A quoi faut-il faire attention?

Après une sortie "nature", il vaut mieux inspecter méticuleusement tout votre corps pour détecter la présence de tiques, car elles peuvent être minuscules, passer sous vos vêtements et se déplacer sur votre peau. Les tiques peuvent se nicher partout : sur la tête, derrière les oreilles, dans les plis de l’aine ou des aisselles, derrière les genoux, etc.

"Les symptômes principaux sont l'apparition d'un érythème migrant, nous rappelait en mai le Dr Jean-Marc S'enterre, microbiologiste à l’hôpital de la Citadelle, c'est-à-dire d'une éruption rouge de plus de 5 centimètres qui évolue et qui apparait après une quinzaine de jours, de 8 à 15 jours. Et éventuellement, beaucoup plus rare, des maux de tête, parfois mal aux articulations, parfois une fatigue intense, mais qui doit être mis en relation avec la morsure de tique, puisque, bien entendu, cela peut-être autre chose qui donne ce type de symptômes".

Prévenir plutôt que guérir

Le combat préventif contre les tiques passe par l’utilisation de produits répulsifs. Les plus répandus sont fabriqués à base de composés comme le Deet (mis au point par l’armée américaine pour les soldats durant la guerre du Vietnam), l’IR 3535, l’Icaridine ou le Citriodiol. Ces molécules se retrouvent aussi dans les produits contre les moustiques.

On peut également opter pour des mélanges d’huiles essentielles qui ont une action anti-insectes telles que le tea-tree, la lavande ou lavande aspic, le clou de girofle et le lemongrass.

Ces produits répulsifs s’appliquent évidemment sur la peau, mais vous pouvez aussi en asperger vos vêtements. En effet, les tiques peuvent s’y accrocher, puis migrer sur la peau non protégée.

Au-delà des produits répulsifs, la principale mesure de précaution reste de porter des vêtements couvrant bien les jambes et les bras, ainsi que des chaussures fermées pour vos balades en forêt ou vos séances de jardinage. Porter des vêtements clairs aide également à mieux repérer les tiques. De manière générale, il vaut mieux éviter le contact avec des buissons ou des herbes hautes.

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