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Vivre ici - Gens d'ici

Alice de Vleeschouwer, lauréate du prix Laure Nobels, a sorti son premier roman : « Ecchymoses »

La Fondation Laure Nobels rend hommage à cette adolescente de 16 ans assassinée par son petit ami en 2012. Ses parents — Isabelle et Claude — ont alors décidé en 2014 d’aider des jeunes talents littéraires à réaliser le rêve de leur fille Laure : devenir écrivain(e) et publier leur premier roman.

Concrètement, la Fondation finance la publication et la promotion de nouvelles et de romans écrits par de jeunes auteurs belges francophones âgés de 15 à 19 ans (années paires) ou de 20 à 24 ans (années impaires). Chaque année, deux prix sont a priori attribués — tout dépend du nombre et de la qualité des manuscrits reçus : l’un par un jury littéraire, l’autre par des élèves volontaires. Par ces deux prix, la Fondation souhaite ainsi susciter l’écriture et promouvoir la lecture auprès des jeunes publics. En 2021, la Fondation a célébré deux auteures : Clarisse Derruine pour " Décomposition " et Alice de Vleeschouwer pour " Ecchymoses ".

" Ecchymoses " (Ker Editions) parle d’une disparition : Nina ne donne plus de signe de vie. L’un de ses meilleurs amis, Maxence, se rend chez elle et découvre peu à peu son intimité à travers des lettres, des sms, un journal ou des post-it. Petit à petit, il va reconstituer le fil du passé de la jeune femme et de ses relations pour tenter de la retrouver. Mais connait-on vraiment les gens qu’on aime ? Veut-on vraiment tout savoir de l’autre dans ce qu’il a de plus lumineux et de sombre ?

"Ecchymoses" Alice de Vleeschouwer

Chronique de Lucile Poulain

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"Ecrire est vite devenu un besoin"

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Alice de Vleeschouwer commence ce roman à 22 ans pendant ses études de romanes. En 2020, elle soumet son manuscrit. Un an plus tard, elle remporte le prix Brabant wallon – d’où elle est d’ailleurs originaire – et publie son premier roman grâce à la Fondation Laure Nobels. Vivre Ici l’a rencontrée.

Bonjour Alice ! Vous avez remporté le prix Laure Nobels. Comment avez-vous réagi? 

C’était une vraie surprise. Au début, je n’ai même pas compris que j’avais gagné ! Je ne m’y attendais tellement pas que j’ai mal lu le mail de la fondation m’annonçant la bonne nouvelle…Il m’a fallu trois semaines pour que j’en prenne pleinement conscience. Aujourd’hui, même après la publication officielle du roman, je ne réalise toujours pas : c’est drôle d’entendre parler de mon livre à la radio ou de voir dans la main des lecteurs ce roman dans lequel j’ai mis tant d’énergie.

Ce goût pour l’écriture est né quand ?

Depuis que je sais écrire, j’écris. Au départ, c’était surtout un jeu : j'imitais mes lectures. Puis, c’est vite devenu un réflexe, un besoin : passer par l’écriture me permet de mettre au clair mes émotions et tout ce que je ressens. Quand j’étais adolescente, je voulais d’ailleurs devenir écrivaine. Un rêve auquel j’avais un peu renoncé… jusqu’à la fin de mes études universitaires. Aujourd’hui, cette passion, je la partage aussi avec mon métier : je suis professeure de français dans une école bruxelloise.

Dans votre roman, le personnage principal Nina brille par son absence. 

On ne la rencontre qu’indirectement. Jamais par ses pensées. Le lecteur se retrouve ainsi au même niveau que les proches de Nina qui ne savent pas du tout où elle est. L’idée, c’était de montrer qu’en ayant accès à tout ce qu’une personne dit d’elle-même, on ne la connait pas à 100% pour autant. Nina reste une énigme : chacun de ses proches détient une pièce de puzzle qu’il faut reconstituer pour mieux la comprendre… sans toutefois la saisir totalement. Je n’ai pas cherché non plus à la décrire très précisément. Je voulais permettre à chaque lecteur de pouvoir s’identifier.

On parle beaucoup des relations amoureuses, de leur violence et de leur intensité…

Les relations amoureuses et amicales sont centrales dans ma vie. J’aurais eu dû mal à construire un personnage différent sur cet aspect-là. Nina est une " Drama Queen " : elle vit intensément ses relations, est obsessionnelle et hypersensible. Le titre " Ecchymoses " fait aussi référence à toutes les blessures, tous les coups qu’elle reçoit ou s’impose en sabotant ses relations. En amour et en amitié, elle se prend des " bleus " tout le temps. 

C’est quoi les projets pour demain ?

J’ai envie d’écrire d’autres choses, d’élargir mes horizons. Nina et moi, nous avons beaucoup de points communs. Du coup, j'ai l'impression de ne pas être totalement sortie de ma zone de confort. J’ai envie d’écrire quelque chose de plus ambitieux encore. Bon peut-être pas une saga sur un sorcier pour autant…

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