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Santé physique

Allergie à la cacahuète : habituer les tout-petits, une piste prometteuse

Allergie à la cacahuète : habituer les tout-petits, une piste prometteuse.
22 janv. 2022 à 08:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

Habituer progressivement et très tôt à la cacahuète les enfants qui y sont allergiques pourrait aider leur système immunitaire à surmonter ce problème potentiellement grave et socialement handicapant, selon une étude.

"Trouver des options thérapeutiques sûres et efficaces est crucial pour améliorer la qualité de vie de ces enfants, dont beaucoup resteront allergiques toute leur vie", a souligné l'un des chercheurs, le Dr Wesley Burks (Université de Caroline du Nord à Chapel Hill).

2% des enfants occidentaux concernés

L'allergie à la cacahuète (ou arachide) concerne 2% des enfants dans les pays occidentaux, selon l'étude. Ces enfants doivent éviter d'en manger et disposer d'adrénaline auto-injectable pour combattre le choc allergique, potentiellement mortel, en cas d'exposition accidentelle.

"A part cela, il n'existe aucun traitement et éviter une exposition accidentelle est donc particulièrement lourd pour les enfants et les parents", a souligné le Dr Burks dans The Lancet, en pointant les risques à l'école ou dans les lieux publics.

Pour les enfants les plus sensibles, même une exposition indirecte peut suffire, par exemple être embrassé par quelqu'un qui a auparavant mangé des cacahuètes.

L'accoutumance précoce par voie orale guérit un enfant sur cinq

Selon cette étude américaine portant sur des enfants de 0 à 3 ans, ce traitement d'accoutumance par voie orale sur une durée de deux ans et demi a permis une rémission de l'allergie chez un bambin sur cinq. Six mois après la fin de ce traitement au long cours, ces enfants étaient capables de tolérer une dose équivalente à 16 cacahuètes.

En outre, pour près de trois quarts des enfants, le traitement a entraîné une désensibilisation, le stade en dessous de la rémission.

Ces enfants ont pu tolérer la dose correspondant à 16 cacahuètes quand elle leur a été administrée juste après la fin du traitement.

"Les enfants qui ont connu une rémission faisaient le plus souvent partie du groupe le plus jeune, avec les meilleurs résultats pour ceux qui avaient moins d'un an" au début de l'étude, a commenté l'une des chercheuses, la Dr Stacie Jones (Université des sciences médicales de l'Arkansas), citée dans The Lancet. "Cela suggère qu'intervenir très tôt pourrait offrir plus de chances de rémission. Toutefois, il n'y avait qu'un faible nombre d'enfants de moins d'un an dans notre étude et ce point nécessite donc d'autres recherches", a-t-elle poursuivi. D'autres études passées avaient pointé dans la même direction mais celle-ci se distingue par sa durée.

Des résultats positifs à prendre avec prudence

L'étude a porté sur 146 enfants de 0 à 3 ans sélectionnés car ils étaient allergiques à la cacahuète. 96 ont reçu le traitement : avaler une dose quotidienne de protéines de cacahuètes en poudre, portée progressivement de 0,1 à 2.000 mg, soit l'équivalent de six cacahuètes. Les 50 autres ont reçu un simple placebo, de la farine d'avoine, pour évaluer l'efficacité du traitement. La dose fixée pour mesurer la rémission et la désensibilisation était de 5.000 mg, soit 16 cacahuètes environ.

La rémission a été observée chez vingt enfants du groupe traitement contre un seul du groupe placebo (et respectivement soixante-huit et un pour la désensibilisation). Et bien qu'ils n'aient pas toléré la dose de 16 cacahuètes fixée pour la rémission, vingt enfants supplémentaires ont pu supporter l'équivalent de 6 à 12 cacahuètes six mois après le traitement. Celui-ci était administré à domicile par les parents ou dans un centre médical lorsque la dose était augmentée.

En plus de réactions bénignes fréquentes (éruptions cutanées, problèmes intestinaux, gêne respiratoire...), des injections d'adrénaline ont dû être faites sur 21 enfants pour combattre un choc allergique plus sérieux.

Les auteurs reconnaissent que leur étude a des limites et que d'autres travaux sont nécessaires. En particulier, ils soulignent que l'étude a été conduite selon un protocole précis sous supervision médicale. Même si elle donne des indications importantes, il est donc possible qu'elle ne reflète pas exactement la manière dont l'organisme des participants réagirait s'ils mangeaient des cacahuètes dans les conditions du réel.

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