Monde Europe

Alors que l'Ukraine se "prépare à tous les scénarios possibles", les USA demeurent pessimistes et Boris Johnson appelle à l'unité

Un vétéran de la révolution ukrainienne de 2014 portant un casque militaire et serrant les poings ce 18 février 2022.

© AFP

19 févr. 2022 à 13:53 - mise à jour 19 févr. 2022 à 14:18Temps de lecture3 min
Par Belga

L'Ukraine se "prépare à tous les scénarios possibles", a déclaré samedi son chef de la diplomatie Dmytro Kouleba alors que les Etats-Unis se disent convaincus que la Russie veut envahir l'Ukraine de façon imminente.

"Nous nous préparons à tous les scénarios possibles", a lancé le ministre ukrainien à Munich, à des journalistes qui l'interrogeaient sur les dernières affirmations de Joe Biden qui s'est dit certain d'une invasion imminente de l'Ukraine par la Russie.

Face au risque croissant que cette crise dégénère en conflit armé au coeur de l'Europe, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont convoqué une réunion extraordinaire samedi midi, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a maintenu, malgré l'aggravation des tensions, son déplacement à Munich, où il doit prononcer un discours et avoir des entretiens bilatéraux avec plusieurs dirigeants.

"C'est exactement ce qu'il faut pour attaquer"

Les troupes russes massées à la frontière de l'Ukraine "se déploient" et "s'apprêtent à frapper" ce pays, a déclaré le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin lors d'une visite samedi en Lituanie.

"Ils sont en train de se déployer et s'apprêtent à frapper", a affirmé le responsable américain, ajoutant que les militaires russes "se dirigent vers les positions adéquates pour être en mesure de mener une attaque".

M. Austin a toutefois ajouté que le conflit n'était "pas inévitable" et que le président Vladimir Poutine pouvait choisir "un chemin différent".

"Les Etats-Unis, de concert avec nos alliés et partenaires, lui ont offert une occasion de trouver une solution diplomatique. Nous espérons qu'il la saisira", a-t-il dit.

Le responsable américain a par ailleurs précisé qu'il était d'accord avec le président Joe Biden, qui s'est dit "convaincu" que Vladimir Poutine avait pris "la décision" d'envahir l'Ukraine.

"Il y a des troupes de combat en nombre significatif, ces forces commencent maintenant à se déployer et s'approcher plus près de la frontière", a dit M. Austin.  

"Ayant moi-même fait cela, je peux vous dire que c'est exactement ce qu'il faut pour attaquer", a déclaré l'ancien général qui a pris part à l'invasion de l'Irak en 2003.

La bataille pour l'Ukraine est une bataille pour l'Europe

Le secrétaire à la Défense a également assuré l'Estonie, la Lituanie et la Lettonie que les Etats-Unis sont "aux côtés de (leurs) alliés" et que l'engagement de Washington dans la défense collective de l'Otan est "inébranlable".

Les tensions dans la région ont ébranlé les Etats baltes, qui ont tous trois des frontières avec la Russie.

Le ministre lituanien des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis, qui se trouvait aux côtés de M. Austin, a estimé que la pression russe sur l'Ukraine était "une menace militaire directe envers l'Ukraine" mais aussi "envers la région entière".

"La bataille pour l'Ukraine est une bataille pour l'Europe. Si on ne l'arrête pas là, il (Poutine) ira plus loin", a dit M. Landsbergis.

Les Etats baltes ont demandé à l'Otan de leur envoyer des renforts en plus des troupes qui y sont déjà déployées depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Le Royaume-Uni et l'Allemagne ont promis des renforts militaires pour la région, alors que les Etats-Unis ont envoyé 4.700 soldats en Pologne voisine, qui partage aussi une frontière avec le Bélarus et la Russie.

Les Etats-Unis et l'Ukraine estiment qu'il y a maintenant 150.000 soldats russes déployés aux frontières de l'Ukraine, en Russie et au Bélarus.

Appel à l'unité et menace de sanctions de la part des Britanniques

AFP

Pour sa part, le Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé samedi les alliés à "l'unité" face aux risques d'invasion russe en Ukraine. "Nous devons être unis contre la menace", a déclaré Boris Johnson lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, soulignant le "choc" pour le monde que représenterait une invasion.

"Le risque à présent est que des gens tirent la conclusion qu'agresser paie", a-t-il souligné avant d'ajouter: "nous ne devons pas sous-estimer la gravité du moment".

"C'est précisément par cette unité que nous montrons aujourd'hui que nous avons encore des chances, même maintenant à cette 11e heure, d'éviter le désastre et faire en sorte que le bon sens puisse encore l'emporter", a-t-il fait valoir.

M. Johnson a également souligné que les sanctions britanniques en cas d'invasion russe en Ukraine rendraient "impossible" l'utilisation par Moscou de la place financière britannique.

"Nous ouvrirons" les poupées russes des sociétés détenues par la Russie "jusqu'à ce que nous trouvions les ultimes bénéficiaires", a-t-il averti. "Comme je l'ai dit au président Poutine lors de notre dernière discussion, nous au Royaume-Uni espérons toujours que la diplomatie et le dialogue puissent encore réussir".

En cas d'invasion de l'Ukraine, "nous assisterions à la destruction d'un Etat démocratique", a-t-il déclaré, soulignant qu'il faut s'attendre à une succession de "fausses affirmations" de la part de la Russie au sujet de l'Ukraine.

"Nous ne connaissons pas totalement les intentions du président Poutine, mais les présages sont sombres", a ajouté le dirigeant britannique.

Sur le même sujet:

Sur le même sujet

L'ambassade des Pays-Bas en Ukraine déplace ses activités de Kiev à Lviv

Info

Conflit en Ukraine : l'Ukraine ferme un point de contrôle menant à la région séparatiste du Donbass

Monde Europe

Articles recommandés pour vous